Sebastian Deisler fut l’espoir du football allemand avant de mettre prématurément un terme à sa carrière, lassé de ses maux physiques et psychiques. Pour la première fois depuis l’annonce de sa retraite, l’ex-international évoque ses errances intérieures. Une confession rare dans un monde de compétition et de culte de la performance.
« Je me suis battu contre moi-même pendant si longtemps, j’ai mené une guerre contre moi-même jusqu’à ce que je n’en puisse plus. C’est pour cette raison que j’ai tiré un trait » sur ma carrière. C’est par ces terribles mots que l’ancien milieu offensif du Bayern Munich est sorti d’un silence long de huit mois pour expliquer son départ le 16 janvier dernier.
Ce jour-là, le monde du football fait grise mine. Après cinq opérations au genou droit et deux séjours en clinique psychiatrique, Sebastian Deisler, présenté par certains comme « l’un des meilleurs joueurs que l’Allemagne ait connus », annonce qu’il raccroche ses crampons. À seulement 27 ans.
« J’avais espéré jusqu’à aujourd’hui que tout ceci ne soit qu’un cauchemar, mais nous avons perdu la bataille pour Sebastian », reconnaît alors Uli Hoeness, le manageur du Bayern Munich, le club où il évolue depuis 2002.
Ce même jour, la légende du football qu’est Franck Beckenbauer ne tarit pas d’éloges sur ce joueur qui a réalisé avec le club bavarois trois doublés championnat-Coupe d’Allemagne (2003, 2005, 2006).
« Sebastian est l’un de ces joueurs rares qui vous incitent à aller voir des matches de football », assure le « kaiser ».
Mais dans la tête de l’ancien jeune prodige, c’est un cauchemar qui se joue. « À la fin, j’étais vide, j’étais vieux, j’étais épuisé. J’ai couru aussi loin que mes jambes pouvaient me porter, je n’ai pas pu aller plus loin », souligne-t-il dans un long entretien-confession accordé cette semaine au quotidien berlinois Tagesspiegel.
Désespérément malheureux
Depuis le début de sa carrière, Sebastian Deisler a enchaîné les blessures au genou droit au point de subir cinq interventions chirurgicales qui l’ont tenu éloigné du terrain de longs mois durant. Mais ce qui dérange dans ce monde de virilité affirmée où le talent s’achète en millions d’euros, ce sont ses maux à l’âme qui le poussent par deux fois, en 2003-2004 puis en 2006, à séjourner dans une clinique psychiatrique, victime d’une dépression.
« Je portais un masque, mais à l’intérieur, je me suis rebellé », explique le joueur qui a raté les Coupes du monde de 2002 et de 2006 en raison de ses blessures.
Dans le football comme dans de nombreux autres sports, il est encore difficile d’évoquer ce genre de problèmes alors que la pression sur les joueurs, en particulier les jeunes, ne cesse de croître.
Elle fut d’autant plus forte pour Deisler qu’il parvint au sommet au moment où le football allemand était dans le creux de la vague. Les commentateurs sportifs, en mal de stars, ne cessaient donc de le présenter comme le joueur le plus talentueux de sa génération.
Sebastian Deisler raconte aujourd’hui sobrement ses succès, ses gloires, ses fortunes d’euros. Et ses défaites intérieures. Un jour, « je me suis assis dans mon appartement, j’étais connu dans toute l’Allemagne, j’étais arrivé au sommet et une Mercedes était garée devant ma porte. Mais tout cela ne me rendait pas heureux. Je me suis demandé : “Qu’est ce que c’est tout ça ?” J’étais désespérément malheureux. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Sebastian Deisler fut l’espoir du football allemand avant de mettre prématurément un terme à sa carrière, lassé de ses maux physiques et psychiques. Pour la première fois depuis l’annonce de sa retraite, l’ex-international évoque ses errances intérieures. Une confession rare dans un monde de compétition et de culte de la performance.
« Je me suis battu contre moi-même pendant si longtemps, j’ai mené une guerre contre moi-même jusqu’à ce que je n’en puisse plus. C’est pour cette raison que j’ai tiré un trait » sur ma carrière. C’est par ces terribles mots que l’ancien milieu offensif du Bayern Munich est sorti d’un silence long de huit mois pour expliquer son départ le 16 janvier dernier.
Ce jour-là, le monde du football fait grise mine. Après cinq opérations au genou droit et deux séjours en...