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Environnement Une carrière de vingt mètres de haut défigure Baïssour, les habitants manifestent

Les exploitants de carrières illégales sont décidément difficiles à réfréner. Et les conséquences catastrophiques du renouvellement récent des « délais administratifs » par le ministère de l’Intérieur, sans qu’aucune règle de respect de l’environnement ne soit imposée, se vérifient tous les jours. À Baïssour (caza de Aley), une carrière de vingt mètres de haut, qui avait été fermée une première fois il y a trois mois grâce aux protestations populaires, a repris ses activités récemment, défigurant une région de pins et de terres agricoles. Les habitants ont donc repris leurs manifestations, en compagnie de militants écologistes, afin de pousser les responsables à clore une fois pour toutes ce dossier. Les dégâts occasionnés par cette gigantesque carrière de sable ont été exposés, au cours du rassemblement populaire, par Sana’ Dgheili, membre du conseil exécutif de l’association écologique Nature sans frontières (NSF). Le mot des habitants a été prononcé par Nidal Mlaheb, qui a exprimé les craintes d’une catastrophe écologique qui frapperait, dès les premières pluies, les terres agricoles adjacentes à la carrière. « Les terrains agricoles situés au haut de la carrière sont menacés d’érosion et d’effondrement, alors que ceux situés en bas risquent des inondations de boue, a-t-il fait remarquer. Sans compter que le cours du fleuve situé en contrebas pourrait être détourné par les travaux, ce qui menace les agriculteurs riverains d’inondations. Il est difficile de prévoir l’ampleur des dégâts à venir. Nous ne savons pas non plus ce qu’il adviendra des sources d’eau et des arbres sur les hauteurs proches de la carrière. » M. Mlaheb a précisé que les habitants s’étaient plaints auprès du mohafazat du Mont-Liban, mais qu’on leur avait répondu « qu’il est impossible de fermer ces carrières parce qu’elles fonctionnent en vertu de délais administratifs ». Mahmoud Ahmadieh, président de NSF, a dénoncé lui aussi ce problème grandissant des carrières, « qui sévissent à Charoun et ici, à Baïssour ». Pour lui, « les responsables politiques utilisent les délais administratifs comme prétexte pour laisser libre cours à ceux qui défigurent nos vertes contrées ». Il rappelle que « même les délais administratifs sont accompagnés d’un minimum de règles à respecter, mais personne n’est là pour vérifier, ni le ministre de l’Environnement qui est démissionnaire ni le directeur général qui dit que l’affaire est aux mains du ministère de l’Intérieur, comme s’ils nous décourageaient de mener une quelconque action ». M. Ahmadieh a affirmé que la carrière de Baïssour devrait être fermée définitivement pour quatre raisons majeures : d’une part, elle grignote des espaces verts plantés de pins, ce qui est illégal, d’autre part, elle est bien trop proche d’un cours d’eau, ce qui est interdit également, puis elle est située dans une région touristique par excellence, et, enfin, elle a atteint une hauteur monstrueuse de vingt mètres, d’où le danger. L’écologiste a estimé qu’en un mois, un millier de chargements ont été transportés à partir de ce site. « L’erreur politique peut être corrigée, mais l’erreur écologique ne l’est que très difficilement », a-t-il conclu.
Les exploitants de carrières illégales sont décidément difficiles à réfréner. Et les conséquences catastrophiques du renouvellement récent des « délais administratifs » par le ministère de l’Intérieur, sans qu’aucune règle de respect de l’environnement ne soit imposée, se vérifient tous les jours. À Baïssour (caza de Aley), une carrière de vingt mètres de haut, qui avait été fermée une première fois il y a trois mois grâce aux protestations populaires, a repris ses activités récemment, défigurant une région de pins et de terres agricoles. Les habitants ont donc repris leurs manifestations, en compagnie de militants écologistes, afin de pousser les responsables à clore une fois pour toutes ce dossier.
Les dégâts occasionnés par cette gigantesque carrière de sable ont été exposés, au cours...