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En critiquant la Birmanie, l’Asean rompt avec des décennies de tradition

En s’indignant publiquement de la violence de la répression de la junte birmane contre des manifestants pacifiques, les pays de l’Asean semblent avoir rompu avec le carcan rigide des décisions par consensus qui a guidé le bloc asiatique depuis des décennies. « C’est sans aucun doute le communiqué écrit le plus fort de l’Asean (l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est) de ces 30 dernières années, pas seulement en ce qui concerne la Birmanie », a expliqué un haut responsable de l’organisation à l’AFP. Les ministres de l’Asean, réunis jeudi au siège de l’ONU en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, ont autorisé leur président à publier un communiqué. Le tout en présence d’un représentant de la Birmanie, qui palliait l’absence du ministre Nyan Win. Depuis que la Birmanie a accédé à l’Asean en 1997, le groupe (Birmanie, Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam) a toujours observé beaucoup de retenue vis-à-vis d’elle, conformément à sa philosophie générale de non-ingérence dans les affaires intérieures des États. Mais une majorité de pays souhaite que la Birmanie se réforme et ils ont profité de l’occasion pour bousculer les traditions. « Il s’agit d’un renoncement à ce qui était connu comme la voie de l’Asean, un processus de décision rigide basé sur le consensus », a souligné un responsable du groupe. Un diplomate occidental a néanmoins noté que cette évolution avait eu lieu en dehors de la région. « Le vrai test pour les ministres de l’Asean sera de voir s’ils maintiennent cette attitude positive chez eux, sous l’œil de leurs citoyens », a-t-il souligné, tout en reconnaissant que cette évolution « ouvrait la voie à ce que l’Asean règle elle-même les problèmes internes ». Toutefois, cette évolution pourrait aussi avoir des conséquences plus funestes pour le groupe, en encourageant la Birmanie à le quitter et à se rapprocher encore plus de la Chine. La Chine, qui a besoin des richesses naturelles de la Birmanie et qui est le premier investisseur dans le pays, a refusé de condamner les violences et a bloqué en janvier dernier une résolution du Conseil de sécurité critiquant son voisin.
En s’indignant publiquement de la violence de la répression de la junte birmane contre des manifestants pacifiques, les pays de l’Asean semblent avoir rompu avec le carcan rigide des décisions par consensus qui a guidé le bloc asiatique depuis des décennies. « C’est sans aucun doute le communiqué écrit le plus fort de l’Asean (l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est) de ces 30 dernières années, pas seulement en ce qui concerne la Birmanie », a expliqué un haut responsable de l’organisation à l’AFP. Les ministres de l’Asean, réunis jeudi au siège de l’ONU en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, ont autorisé leur président à publier un communiqué. Le tout en présence d’un représentant de la Birmanie, qui palliait l’absence du ministre Nyan Win. Depuis que la Birmanie a...