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Actualités - Analyse

ÉCLAIRAGE En Russie, le gouvernement tourne au conseil de famille

Maris et femmes, pères et fils, gendres et beaux-pères : en Russie, la politique tourne de plus en plus au conseil de famille. Le nouveau gouvernement, présenté lundi soir, offre une illustration éclatante de ces liens de famille déjà nombreux et peu médiatisés entre ministres, membres de l’administration présidentielle et dirigeants de grands groupes étatiques. Le tout nouveau Premier ministre Viktor Zoubkov, un homme de l’ombre nommé à la surprise générale le 14 septembre, n’est autre que le père de l’épouse de son ministre de la Défense, Anatoli Serdioukov. Au nom de ces liens de parenté, ce dernier, au gouvernement depuis février, a demandé très officiellement à être démis de ces fonctions. Demande refusée par le président Vladimir Poutine, qui l’a reconduit à la tête de la Défense. Depuis une semaine, les politologues se perdaient en conjectures sur la nécessité ou non pour Anatoli Serdioukov de démissionner. Le ministre de la Défense ne rend-il pas des comptes avant tout au chef de l’État et non au Premier ministre ? Et sa démission ne risquait-elle pas de faire jurisprudence à tous les étages ? De quoi faire trembler quelques familles. Dans une enquête publiée lundi, l’hebdomadaire Vlast a recensé pas moins de 35 liens de parenté au sommet de l’État, des régions ou des banques et géants énergétiques nationaux. Lundi soir, un 36e cas apparaissait en la personne de la nouvelle ministre de la Santé, Tatiana Golikova, une spécialiste respectée des questions budgétaires mais qui n’est autre que l’épouse du ministre de l’Énergie Viktor Khristenko. Dans la rubrique « carnet mondain », Dmitri Oustinov, le fils du ministre de la Justice, se distingue aussi. Il est marié à la fille du numéro deux de l’administration présidentielle, Igor Setchine, présenté comme le chef de file des « siloviki » (armée, forces de l’ordre et services spéciaux). Au palmarès des promotions familiales, le patron du FSB (ex-KGB) Andreï Patrouchev bat sans doute des records : l’un de ses fils, Dmitri, est vice-président de la Vnechtorgbank (VTB) – qui a acquis 5 % du groupe européen EADS – et l’autre, Andreï, conseiller du président du conseil d’administration de Rosneft, premier groupe pétrolier russe. Dans le concert ambiant de commentaires approbateurs, presse et responsables politiques haussant rarement le ton contre le pouvoir, les rares voix qui se font entendre rappellent qu’une loi fédérale limite strictement les liens de parenté entre « serviteurs de l’État ». « Les intérêts économiques s’appuient sur des intérêts familiaux. Tout le gouvernement devient une affaire de “famille” (...) Le but de Poutine est de contrôler l’élite. Il contrôle une personne et celle-ci contrôle les siens », estime Alexeï Sidorenko, analyste politique au Centre Carnegie à Moscou. « Le danger, c’est qu’ils servent d’abord leur famille et leur clan et non le public. Au bout du compte, il y a moins de frictions dans le processus de décision mais aussi un regard moins critique », ajoute-t-il. Valérie LEROUX (AFP)
Maris et femmes, pères et fils, gendres et beaux-pères : en Russie, la politique tourne de plus en plus au conseil de famille.
Le nouveau gouvernement, présenté lundi soir, offre une illustration éclatante de ces liens de famille déjà nombreux et peu médiatisés entre ministres, membres de l’administration présidentielle et dirigeants de grands groupes étatiques.
Le tout nouveau Premier ministre Viktor Zoubkov, un homme de l’ombre nommé à la surprise générale le 14 septembre, n’est autre que le père de l’épouse de son ministre de la Défense, Anatoli Serdioukov. Au nom de ces liens de parenté, ce dernier, au gouvernement depuis février, a demandé très officiellement à être démis de ces fonctions. Demande refusée par le président Vladimir Poutine, qui l’a reconduit à la tête de la Défense.
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