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Actualités - Opinion

On a trouvé un président !

Ne cherchez plus le président idéal, il est tout trouvé ! Le chef d’État rêvé ! La panacée ! Voyez plutôt ! Homme de paix, il n’a jamais ni porté les armes ni incité les siens à la violence. Homme de dialogue, sa parole est entendue partout de par le monde, de Washington à Téhéran en passant par Paris, Damas et Ryad. Se situant au-delà des factions et des partis, il jouit du respect de l’ensemble de la classe politique libanaise, majorité et opposition confondues. Vu son âge avancé, il ne briguera pas un second mandat, nous épargnant ainsi une énième farce constitutionnelle. N’ayant pas de descendance, il ne risque pas de fonder une nouvelle dynastie politique dans un pays qui en compte déjà tant. Célibataire, il n’est pas encombré d’une flopée de beaux-frères avides de faire des affaires. Dépositaire avisé d’un héritage séculaire, il a su préserver le patrimoine foncier qu’on lui a confié, sans jamais rien en céder aux étrangers. Et en sus, croyez-le ou pas, cet homme-là est un maronite ! Non seulement cela, mais il n’est même pas candidat ! Une des rares personnalités maronites qui ne rêve pas d’être président et ne vendrait pas son âme au diable pour cela. De qui s’agit-il ? Il s’agit du premier parmi les maronites. Il s’agit du patriarche. Aux innombrables présidentiables qui, voyant cette candidature leur couper l’herbe sous les pieds, pousseraient des cris d’orfraie à l’idée qu’on puisse élire pour président un membre du clergé, on répondra disant : Nous avons bien vu, messieurs, où nous ont mené l’incurie et l’irresponsabilité des laïcs. Alors, pourquoi ne pas faire appel pour une fois à un clerc dont la moralité même serait une garantie pour tous les Libanais? Quant à ceux qui protesteraient qu’en sa qualité de chef spirituel de la communauté maronite, le patriarche placera évidemment l’intérêt des siens avant ceux du pays, on rappellera que contrairement aux autres clergés libanais, qui ont une présence autant à l’étranger qu’ici, l’Église maronite, elle, n’est vraiment chez elle qu’au Liban. C’est dire qu’il ne faudrait pas craindre qu’une fois élu à la présidence de la République, le patriarche maronite puisse s’aventurer à sacrifier les intérêts de la nation à ceux de sa communauté. Il le ferait, qu’il scierait la branche même sur laquelle son Église se trouve assise. Car, sans le Liban, le clergé maronite perdrait sa spécificité au sein de l’Église catholique et il cesserait du coup d’être indépendant. Alors, vous qui, tout en blackboulant perfidement la candidature du commandant de l’armée, n’en continuez pas moins de jurer avoir à cœur les intérêts du Liban, n’attendez pas, pour l’élire, que le patriarche se soit porté candidat. Faites montre de patriotisme en allant d’ores et déjà vers lui, en le plébiscitant et en l’assurant unanimement de votre appui. Le pauvre homme en aura d’ailleurs bien besoin, car ce n’est pas un cadeau que vous lui ferez en le portant à la présidence, mais un calice empoisonné, que vous lui tendrez. La moindre des choses serait donc que vous l’aidiez à le boire. Percy KEMP
Ne cherchez plus le président idéal, il est tout trouvé ! Le chef d’État rêvé ! La panacée ! Voyez plutôt !
Homme de paix, il n’a jamais ni porté les armes ni incité les siens à la violence. Homme de dialogue, sa parole est entendue partout de par le monde, de Washington à Téhéran en passant par Paris, Damas et Ryad. Se situant au-delà des factions et des partis, il jouit du respect de l’ensemble de la classe politique libanaise, majorité et opposition confondues. Vu son âge avancé, il ne briguera pas un second mandat, nous épargnant ainsi une énième farce constitutionnelle. N’ayant pas de descendance, il ne risque pas de fonder une nouvelle dynastie politique dans un pays qui en compte déjà tant. Célibataire, il n’est pas encombré d’une flopée de beaux-frères avides de faire des affaires....