Au Sénat US, la résistance républicaine
brise l’élan antiguerre des démocrates
le 22 septembre 2007 à 00h00
Loin de s’écrouler, le soutien des sénateurs républicains à la politique du président George W. Bush en Irak a permis d’infliger cette semaine une nouvelle défaite aux démocrates, brisant probablement définitivement leur ambition de mettre fin à la guerre avant 2009.
Pour les élus démocrates, le scénario semblait pourtant écrit d’avance : après avoir subi de multiples fissures pendant l’été, la digue républicaine devait céder en septembre, forçant le président à entamer un retrait réel et massif des troupes américaines en Irak. Mais cette semaine, plusieurs votes ont montré que la digue était solide, démoralisant la majorité démocrate élue en novembre pour mettre fin à la guerre, mais qui semble désormais incapable d’obtenir la moindre avancée avant l’été 2008, au plus tôt.
Hier, les démocrates n’ont réuni que 47 voix sur 100 pour un projet de loi qui aurait forcé le retrait de la plupart des troupes de combat dans les trois mois, et concentré la mission des soldats restant sur place à la formation des troupes irakiennes et à la lutte contre le terrorisme. Cet échec marque même un recul pour la majorité parlementaire : en juillet, un vote sur une mesure similaire avait recueilli 52 voix. « La question, c’est qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » s’est interrogé le sénateur Carl Levin, président démocrate de la commission sur les Forces armées.
Ces dernières semaines, la rébellion républicaine que les démocrates croyaient voir grandir a en effet été jugulée par une stratégie très habile de la Maison-Blanche, s’appuyant sur le témoignage du général David Petraeus il y a dix jours devant les parlementaires. John Warner, Arlen Specter ou Richard Lugar, des sénateurs républicains qui avaient exprimé leurs doutes sur la stratégie du président en Irak, se sont finalement rangés derrière lui mercredi lors du vote le plus important de la semaine, un projet de loi qui aurait augmenté le temps de repos des soldats entre deux missions, limitant de fait leur disponibilité sur le terrain. Il a manqué 4 voix pour franchir la barre des 60 nécessaires pour mettre fin au débat et procéder au vote, ce qui a permis aux républicains partisans de la guerre de claironner que la fronde de leurs collègues modérés était terminée. Et les démocrates sont encore loin de la barre des 67 voix indispensables pour dépasser un probable veto présidentiel.
Aucune confrontation importante ne devrait plus intervenir avant la prochaine visite du général Petraeus au Congrès, annoncée pour mars, date à laquelle le président devrait avoir entamé le retrait limité annoncé la semaine dernière, pour ramener le nombre de soldats américains en Irak à son niveau d’avant l’envoi des renforts, soit environ 130 000. Et compte tenu de l’échec des démocrates à imposer leurs vues, il est vraisemblable que ce nombre dépassera encore largement les 100 000 soldats lors de l’élection présidentielle en novembre 2008. Aucun changement fondamental ne devrait donc intervenir avant la prise de fonctions du nouveau président en janvier 2009. « Je ne pense pas qu’il y aura le moindre changement dans les votes avant l’année prochaine », a ainsi estimé le sénateur républicain Chuck Hagel, l’un des rares critiques de la guerre.
Loin de s’écrouler, le soutien des sénateurs républicains à la politique du président George W. Bush en Irak a permis d’infliger cette semaine une nouvelle défaite aux démocrates, brisant probablement définitivement leur ambition de mettre fin à la guerre avant 2009.
Pour les élus démocrates, le scénario semblait pourtant écrit d’avance : après avoir subi de multiples fissures pendant l’été, la digue républicaine devait céder en septembre, forçant le président à entamer un retrait réel et massif des troupes américaines en Irak. Mais cette semaine, plusieurs votes ont montré que la digue était solide, démoralisant la majorité démocrate élue en novembre pour mettre fin à la guerre, mais qui semble désormais incapable d’obtenir la moindre avancée avant l’été 2008, au plus tôt.
Hier, les...
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