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Éclairage Entre l’idée du président d’entente et l’escalade, la course continue Scarlett HADDAD

À près d’une semaine du début du délai officiel pour l’élection d’un nouveau président de la République, c’est toujours la course entre un compromis éventuel et ce qu’on appelle désormais les scénarios du pire. Le ministre français des AE, Bernard Kouchner, ainsi que l’ambassadeur d’Arabie saoudite ont certes fait état d’éléments positifs qui favorisent l’aboutissement à un compromis, mais les pronostics pessimistes ont aussi leurs probabilités. Au point qu’au stade actuel, nul n’est en mesure de privilégier un scénario plutôt que l’autre et toutes les possibilités restent ouvertes, même si les appels au dialogue se font de plus en plus nombreux. Selon une source de l’opposition, c’est celle-ci qui avait commencé par tendre la main à la majorité, d’abord pour discuter de la formation d’un gouvernement d’union nationale et ensuite pour choisir un président d’entente, selon les termes de l’initiative du président de la Chambre Nabih Berry, c’est-à-dire dans le cadre du respect du quorum des deux tiers des députés à la séance électorale. Cet appel, poursuit la source de l’opposition, a d’abord été accueilli par un silence total de la part de la majorité, puis par les réserves que l’on sait de la part du chef du PSP, Walid Joumblatt, et du chef des FL, Samir Geagea. Le communiqué des forces du 14 Mars a ensuite répondu favorablement à l’appel au dialogue et le chef du Courant du futur, Saad Hariri, a ouvertement tendu la main à l’opposition. La même source estime qu’il y a donc probablement une intention véritable de donner une chance à une éventuelle entente, d’autant, estime la source de l’opposition, que la majorité n’est plus très sûre de pouvoir encore élire un président unilatéralement à la majorité plus une des voix des députés, « les pointages, selon la même source de l’opposition, donnant seulement 64 voix à la majorité ». D’où « la thèse désormais défendue d’élire un président à n’importe quelle majorité, l’essentiel étant d’éviter la vacance à la tête de la République ». La source proche de l’opposition ajoute à cet égard que même s’il ne fait pas de doute que la communauté internationale reconnaîtrait un président élu à une faible majorité, cette même communauté préfère malgré tout que les Libanais parviennent à s’entendre et à éviter un nouveau casse-tête à leurs citoyens, à leurs institutions et à la communauté internationale. L’équation présentée par Berry serait donc acceptée tacitement, les deux parties étant par la force des choses quasiment contraintes à renoncer à leurs revendications précédentes : le temps ferait défaut pour former un gouvernement d’union avant l’échéance présidentielle et la majorité plus une des voix des députés ne serait plus une certitude. Avec une grande habileté, Nabih Berry a donc offert aux deux parties une issue honorable. Reste à savoir si elles vont la saisir. Déjà, des divergences surgissent sur le mécanisme de mise en œuvre de cette équation, la majorité souhaitant un dialogue dans l’enceinte même du Parlement et avec un label quasi officiel, alors que l’opposition préfère la formation d’un comité regroupant les deux parties, lequel comité discuterait de façon moins formelle. Le président de la Chambre se verrait, lui, en meneur de ce dialogue, qu’il se fasse autour d’une même table ou par le biais de rencontres bilatérales, ce qui lui permettrait de conserver un rôle de premier plan. La source de l’opposition affirme toutefois que même si le président de la Chambre a voulu de façon louable permettre aux parties libanaises de parvenir à une entente interne sur la personne de leur futur président, les interférences étrangères demeurent déterminantes. Si le rôle de la France est vu positivement par l’opposition, cette dernière continue de considérer que les États-Unis bloquent toute possibilité de solution au Liban, refusant, selon elle, de « céder la carte libanaise avant d’avoir décidé du sort de leurs troupes en Irak et du comportement à adopter face à l’Irak ». Selon la source de l’opposition, « non seulement les États-Unis encourageraient la majorité à prendre des initiatives unilatérales, mais ils seraient aussi derrière la soudaine recrudescence des propos sur un afflux d’armes au Hezbollah et à certaines formations de l’opposition ». Le but serait de faire monter la tension, mais aussi de soulever une nouvelle fois la question de la perméabilité de la frontière libano-syrienne à quelques jours de l’ouverture de la session annuelle de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Une carte de plus de pression donc sur la Syrie, mais en attendant, au Liban, les accusations vont bon train. Le CPL dément le fait qu’il soit en train d’armer ses hommes, mais nombreux sont ceux qui sont convaincus que toutes les parties disposent désormais d’un arsenal considérable. Si Walid Joumblatt a affirmé qu’il ne cherche qu’à « défendre sa maison », excluant ainsi toute volonté de lancer des attaques, et si en raison des efforts saoudo-iraniens visant à empêcher une discorde entre sunnites et chiites, le Hezbollah et le Courant du futur ne semblent pas sur le point d’en venir aux armes, ce seraient donc les chrétiens, toutes composantes confondues, qui auraient le plus à craindre – et à perdre – dans cette course à l’armement, si elle devait se vérifier. Déclarations d’intimidation réciproques ou danger réel ? Pour l’instant, tout le monde préfère miser sur la sagesse d’un compromis de dernière minute.
À près d’une semaine du début du délai officiel pour l’élection d’un nouveau président de la République, c’est toujours la course entre un compromis éventuel et ce qu’on appelle désormais les scénarios du pire. Le ministre français des AE, Bernard Kouchner, ainsi que l’ambassadeur d’Arabie saoudite ont certes fait état d’éléments positifs qui favorisent l’aboutissement à un compromis, mais les pronostics pessimistes ont aussi leurs probabilités. Au point qu’au stade actuel, nul n’est en mesure de privilégier un scénario plutôt que l’autre et toutes les possibilités restent ouvertes, même si les appels au dialogue se font de plus en plus nombreux.
Selon une source de l’opposition, c’est celle-ci qui avait commencé par tendre la main à la majorité, d’abord pour discuter de la...