Il y a dans le monde de nombreux « territoires non gouvernés », zones de non-droit échappant au contrôle des États et des gouvernements, dans lesquels les terroristes peuvent se réfugier et agir, selon une étude de la Rand Corporation.
Participant à Herzliya, près de Tel-Aviv, à la 7e conférence sur « L’impact global du terrorisme » de l’Institut international de contre-terrorisme (ICT), le directeur de cette étude, Angel Rabasa, a assuré à l’AFP que « le monde est plein de sanctuaires pour les terroristes potentiels ». Dans ce rapport, « Ungoverned territories », financé par l’US Air Force, il a, avec ses sept coauteurs, étudié en détail huit de ces territoires, choisis pour leur exemplarité sur quatre continents. « Il n’est pas possible d’en faire la liste exhaustive : elle serait trop longue », précise-t-il. Les chercheurs de la Rand se sont donc rendus dans la zone frontalière pakistano-afghane, dans la péninsule arabique (près des frontières entre l’Arabie saoudite et le Yémen), dans l’arc Sulawesi-Mindanao, en Asie du Sud-Est, dans « le corridor d’Afrique de l’Est », qui va de la Somalie au Mozambique en passant par le Kenya, le Soudan et le Zimbabwe. Ils ont également été en Afrique de l’Ouest (entre le Sahara, le Sahel et le golfe de Guinée), le Caucase du Nord, la frontière entre la Colombie et le Venezuela et la frontière entre le Guatemala et le Mexique.
Pour chacun de ces territoires, ils ont établi un « indicateur d’ingouvernabilité » basé sur ces critères : manque de pénétration de l’État, pas de monopole de l’État dans l’utilisation de la force, incapacité à contrôler les frontières, interférences extérieures par d’autres États ou mouvements armés. Cette approche rationnelle, la première du genre selon M. Rabasa, vise à aider l’Administration américaine à « priver les terroristes de sanctuaires dans les territoires non gouvernés, dans le cadre de la campagne globale contre le terrorisme ». Selon lui, « la zone frontalière pakistano-afghane est le prototype de territoire non gouverné abritant des groupes terroristes : presque tous les facteurs y sont réunis, et en particulier la norme sociale, le Pachtounwali, code traditionnel des tribus pachtounes, qui enjoint d’offrir hospitalité et assistance à ceux qui s’y réfugient ».
La présence sur place de bandes organisées et armées (rebelles autochtones, trafiquants, contrebandiers ou malfaiteurs), parce qu’ils peuvent se mettre moyennant finances au service de groupes terroristes, est également un facteur important. Il cite ainsi, à la frontière entre le Guatemala et la région du Chiapas au Mexique, les bandes (ou « maras ») qui « intimident tellement la police, notamment en décapitant publiquement des fonctionnaires, qu’elles parviennent par endroits à prendre leur place ». « Nous ne les avons pas étudiés de près, mais je suis sûr que des espaces urbains vont aussi devenir les champs de bataille du futur », poursuit-il. « Il y a des quartiers de mégalopoles comme Lahore ou Karachi, au Pakistan, qui échappent complètement au contrôle du gouvernement. Ou au Brésil, ces favelas où la police ne pénètre que rarement, à bord de blindés. »
Michel MOUTOT (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il y a dans le monde de nombreux « territoires non gouvernés », zones de non-droit échappant au contrôle des États et des gouvernements, dans lesquels les terroristes peuvent se réfugier et agir, selon une étude de la Rand Corporation.
Participant à Herzliya, près de Tel-Aviv, à la 7e conférence sur « L’impact global du terrorisme » de l’Institut international de contre-terrorisme (ICT), le directeur de cette étude, Angel Rabasa, a assuré à l’AFP que « le monde est plein de sanctuaires pour les terroristes potentiels ». Dans ce rapport, « Ungoverned territories », financé par l’US Air Force, il a, avec ses sept coauteurs, étudié en détail huit de ces territoires, choisis pour leur exemplarité sur quatre continents. « Il n’est pas possible d’en faire la liste exhaustive : elle serait trop...