Il s'en est finalement pris au Hezbollah qui, selon lui, applique, dans les télécoms comme dans tout le domaine étatique, la théorie du « ce qui est à moi est à moi, et ce qui est à vous est à vous et à moi ».
M. Hamadé a indiqué avoir évoqué avec le Premier ministre les développements survenus ces jours derniers et notamment « les polémiques et les discours au ton trop élevé sur des sujets qui ne méritent peut-être pas que la trêve établie depuis l'accord de Doha soit rompue ».
Et d'ajouter : « J'ai uniquement deux observations à faire : la première s'adresse en tout respect au général Michel Aoun. Ne suffit-il pas au journal an-Nahar d'avoir vu son directeur et l'un de ses principaux rédacteurs assassinés et d'avoir enduré toutes les tentatives d'attentat, de ligotage et d'autres vexations encore durant l'époque de la tutelle syrienne ? »
« Je m'excuse, peut-être bien que le mot "tutelle" va-t-il l'entraîner à réclamer des poursuites. Je ne savais pas qu'il était devenu huissier auprès des tribunaux syriens. D'ailleurs, je lui rappelle que Walid Joumblatt et d'autres personnalités nationales libanaises font déjà l'objet de mandats d'amener de la part de la justice syrienne », a poursuivi M. Hamadé.
« J'aurais souhaité que le général Aoun ne fasse pas partie, lui aussi, de ceux qui transmettent ces mandats. Faut-il lui rappeler encore que son bloc s'était associé à la Chambre à ceux qui s'étaient opposés aux tentatives de la justice syrienne d'engager des poursuites contre des députés libanais ? Il est vrai que cela remonte à une époque qu'il semble avoir oubliée », a-t-il noté.
« En ma qualité de membre de l'ordre des journalistes et du Conseil supérieur de la presse, je souhaite que les organisations professionnelles de la presse prennent position à l'égard de ces attaques verbales qui avaient, il y a quelque temps, pris aussi pour cible L'Orient-Le Jour et auparavant al-Moustaqbal. On dirait qu'il y a un feu nourri sur tous ceux qui rendent compte de propos, même lorsqu'ils sont rapportés d'autrui », a encore dit l'ancien ministre.
« Je vous prie de bien noter : nous ne sommes pas de ceux dont la langue peut être coupée et le bras brisé aussi facilement. Je souhaite pour lui qu'il ne se laisse pas convaincre qu'il est en mesure de se comporter avec tout le peuple libanais comme il s'est comporté, par exemple, avec les bons fidèles venus l'accueillir à l'aéroport de Beyrouth lorsqu'il est rentré d'exil. Vraiment, calmez votre colère, et revenez à un peu plus de raison et de cœur, a-t-il lancé.
Gebran Bassil
M. Hamadé a ensuite évoqué les déclarations faites par M. Bassil lundi au sujet des écoutes. « La seconde observation est relative à un chiffre qui a été avancé au sujet des demandes adressées par les services de sécurité et les autorités judiciaires au ministère des Télécoms au cours de l'année 2007 et une partie de l'année 2008 », a-t-il précisé.
« Je veux simplement rappeler que cette période-là est celle qui a vu l'attentat de Aïn Alaq puis l'assassinat de Walid Eido, les incidents de Tripoli, la guerre de Nahr el-Bared, et les meurtres d'Antoine Ghanem, de François Hajj et de Wissam Eid », a-t-il dit.
« Tous ces crimes ne suffisent-ils pas pour que les services de sécurité remplissent leur devoir élémentaire et réclament des données ? Il n'y a pas d'écoutes au ministère des Télécoms. Cela, le ministre Gebran Bassil le reconnaît. Il affirme qu'il n'y a pas une salle d'écoutes. Cela est vrai et jamais je n'aurais accepté que mon nom soit lié à l'établissement d'une salle d'écoutes », a dit l'ancien titulaire du portefeuille.
« La question est simplement que les services de sécurité cherchent à savoir quel numéro a contacté quel autre, comme le font toutes les polices du monde au sujet des incidents les plus mineurs, comme le vol d'une voiture ou même des menaces au téléphone », a-t-il souligné, avant d'ajouter : « Tous les incidents survenus ne sont-ils pas assez pour qu'il y ait 22 000 demandes ? À mon avis, il aurait fallu 220 000 demandes. »
« Voilà les deux observations tranquilles que j'ai voulu faire. D'abord, calmez-vous, mon général, et ensuite, un peu plus de précision au sujet des demandes des services de sécurité, de la justice et de l'administration », a-t-il lancé.
« Que l'on me permette un dernier mot : il a été dit "Cherchez la réponse dans les élections, mon cher ami", et moi je vous dis : "Cherchez la réponse dans le tribunal, mes chers amis" », a conclu M. Hamadé.
Interrogé sur le réseau de télécommunications du Hezbollah, il a répondu : « Parlons-en sans tabou. C'est ici que s'applique la théorie selon laquelle ce qui est à moi est à moi, et ce qui est vous est à vous et à moi. Cette théorie s'applique déjà sur l'ensemble de l'État libanais. Les Télécoms en sont une petite portion, mais ils ont mis en place leur réseau et ils ont déclenché une guerre pour empêcher l'application de la loi qui interdit cela. La guerre du 7 juin a été menée pour mettre la main sur le réseau légal de l'État. Et comme dans tout ministère et toute administration, ce qui est à nous est à nous, et ce qui est à vous est à vous et à nous. »


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