« S’ils veulent une solution pour le Liban, le général Michel Aoun est au centre de la présidentielle. Mais s’ils veulent le chaos, le général Aoun sera alors en dehors de la présidentielle. » C’est ce qu’a déclaré samedi le chef du Bloc parlementaire de la réforme et du changement, Michel Aoun, dans une interview accordée samedi à la chaîne al-Jazira.
Signalant que certains politiciens libanais sont « impliqués dans des politiques régionales », le général Aoun affirme qu’on essaie de « faire main basse sur les droits des chrétiens et des chiites », ce que « le gouvernement américain soutient ».
« Le Liban est une victime et les étrangers doivent mettre fin à la provocation », a poursuivi le général, affirmant que sa maison est ouverte à tous, notamment au député Saad Hariri, dont l’initiative a été chaleureusement accueillie. « Mais nous avons compris qu’il misait sur notre échec (au Metn) », a souligné le général Aoun, qui note par ailleurs que M. Walid Joumblatt devrait, en prélude au dialogue, « adopter un discours sérieux et clair ».
Le général Aoun a, en outre, réitéré que son accord avec le Hezbollah « a tranquillisé les chiites et les chrétiens ». « En tant que chrétien, le général Aoun a un choix politique, et j’invite les Libanais et les chrétiens à appuyer ma position politique, a-t-il déclaré dans ce cadre. Les frontières des chrétiens au Liban ne sont pas entre Dora et Douar. Les frontières des chrétiens et des maronites sont celles du Liban. Je suis le premier leader chrétien et non le seul. »
Et le général Aoun d’ajouter : « La relation entre le CPL et les Forces libanaises est régie par une logique non démocratique, d’autant que la minorité veut s’approprier les droits de la majorité qui doit, elle, jouer le rôle de la minorité. »
« Nous aimons l’État américain et nous ne voulons pas le combattre, mais il ne nous laisse pas le choix, parce qu’il s’agit désormais de préserver notre présence, a remarqué le général Aoun. Nous avons l’impression que la politique américaine menace notre présence en tant que peuple libanais (…). Si nous avions suivi sa politique concernant le Liban, une guerre civile aurait éclaté (…). Les USA appuient inconditionnellement le gouvernement Siniora et non le gouvernement libanais. »
Expliquant que Hassan Nasrallah « a présenté une solution libanaise indépendamment de la situation régionale », le général Aoun s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles cette initiative a été rejetée. « Pourquoi l’accuser d’appartenir à l’axe syro-iranien ? » a-t-il insisté.
Et de conclure que si le président Amine Gemayel veut recourir aux moyens démocratiques, il doit, « à l’instar de (Lionel) Jospin, se retirer de la scène politique, parce qu’il a perdu dans sa région ».
Par ailleurs, le général Aoun a reçu le coordinateur du mouvement réformateur du Parti socialiste progressiste, Raëd el-Sayegh, qui a expliqué que le mouvement qu’il représente est indépendant du PSP et « lutte contre les mafias au sein des partis ».
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Signalant que certains politiciens libanais sont « impliqués dans des politiques régionales », le général Aoun affirme qu’on essaie de « faire main basse sur les droits des chrétiens et des chiites », ce que « le gouvernement américain soutient ».
« Le Liban est une victime et les étrangers doivent mettre fin à la provocation », a poursuivi le général, affirmant que sa maison est ouverte à tous, notamment au député Saad Hariri, dont...