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Sfeir déterminé à fustiger quiconque entraverait la présidentielle

Un dignitaire religieux rapporte que Bkerké est absolument intraitable pour ce qui est de la présidentielle. Nécessité vitale en termes de protection du pays contre l’anarchie, contre les déséquilibres institutionnels. Et contre une atteinte au principe premier de la coexistence, comme au pacte national bien compris. Dès lors, le patriarche Sfeir adopterait une attitude extrêmement ferme, et sévère, à l’encontre de quiconque tenterait d’entraver, ou de torpiller, cette échéance. En tant que chef spirituel d’une composante du pays, il accorde une attention appuyée au problème des équilibres communautaires au sein des institutions. Les chiites disposent de la présidence de la Chambre, les sunnites de la présidence du Conseil. Il est inadmissible que la présidence de la République, dévolue aux maronites, voie par défaut d’élection ses prérogatives confiées au gouvernement. Surtout s’il devait s’agir d’un cabinet dit d’union nationale. Appellation tronquée et trompeuse, du moment que toute communauté ou confession serait en mesure, via le tiers de blocage, de tout paralyser. Ou de faire éclater l’Exécutif en faisant démissionner ses ministres. Pour considérer ensuite, comme c’est le cas actuellement, que le pouvoir est illégal et illégitime. À ce propos, justement, Bkerké se demande comment on pourrait qualifier l’institution de la présidence de la République de « pactuelle » si elle se retrouvait aux mains non pas d’un maronite, mais d’un gouvernement composite, actant par procuration. Critiques acerbes Le dignitaire religieux cité s’en étonne, s’en indigne : comment certains, qui se plaignent de la marginalisation des chrétiens et soutiennent lutter pour les prérogatives de la première présidence, peuvent-ils participer aux manigances visant à torpiller le quorum ? Alors que pour commencer à mettre un terme à la marginalisation des chrétiens, il faut de toute évidence, et à tout prix, qu’un maronite occupe la présidence de la République. Effectivement, cette fois, c’est-à-dire en se trouvant en mesure d’exercer vraiment ses prérogatives, sans être désavoué ou, justement, marginalisé. Et sans, non plus et inversement, de vindicte paralysante de sa part. M. Émile Lahoud affirme que le gouvernement est illégitime du moment qu’il contrevient, par l’absence de représentants chiites, à l’alinéa J du prologue constitutionnel qui sacralise la coexistence. Il ajoute qu’il ne remettra les clés de Baabda qu’à un président faisant l’unanimité des Libanais, loin de toute dictée étrangère. Sans lui dire que, dans les deux cas, cela n’est pas son affaire, qu’il n’a pas à en juger, le religieux lui rappelle que depuis l’indépendance, le président est fabriqué à l’étranger autant qu’à l’intérieur. À une exception près sans doute : l’élection de Frangié en 70. Tous les autres, depuis cheikh Béchara el-Khoury jusqu’à M. Lahoud lui-même, sont essentiellement redevables à une intervention extérieure. À des degrés variables, dans des conditions différentes et suivant des montages, ou des accords distincts. Quant à l’alinéa J sur la participation, il serait bien plus nettement violé en cas de non-élection d’un maronite à la présidence de la République qu’à travers un gouvernement dont les chiites n’ont pas été du tout exclus. Ils en ont divorcé eux-mêmes, et d’ailleurs d’une manière équivoque, leurs ministres démissionnaires faisant acte de présence, d’autorité, quand bon leur semble. Quoi qu’il en soit, les conciliateurs insistent sur la priorité de la présidentielle. Il en va de même pour le mouvement Amal. Mais le Hezbollah, tout en appelant au consensus à ce sujet, continue d’exiger qu’un cabinet d’union avec tiers de blocage passe avant. En menaçant de torpiller le quorum s’il n’obtient pas satisfaction. Émile KHOURY

Un dignitaire religieux rapporte que Bkerké est absolument intraitable pour ce qui est de la présidentielle. Nécessité vitale en termes de protection du pays contre l’anarchie, contre les déséquilibres institutionnels. Et contre une atteinte au principe premier de la coexistence, comme au pacte national bien compris.
Dès lors, le patriarche Sfeir adopterait une attitude extrêmement ferme, et sévère, à l’encontre de quiconque tenterait d’entraver, ou de torpiller, cette échéance.
En tant que chef spirituel d’une composante du pays, il accorde une attention appuyée au problème des équilibres communautaires au sein des institutions. Les chiites disposent de la présidence de la Chambre, les sunnites de la présidence du Conseil. Il est inadmissible que la présidence de la République, dévolue aux maronites,...