L’intervention de l’ICU en faveur de la population du Liban-Sud remonte à une dizaine d’années. Déjà, en 2001, l’ONG italienne, implantée au Liban depuis 1994, avait initié un projet de soutien à la réhabilitation de l’agriculture dans la région, ayant profité à des centaines d’agriculteurs et d’apiculteurs des cazas de Marjeyoun, Hasbaya et Bint-Jbeil, qui n’avaient pas alors bénéficié d’une quelconque aide un an après le retrait israélien du Liban-Sud.
Près de cinq ans plus tard, l’ONG italienne ICU se voit dans l’obligation d’intervenir dans cette même région du pays, mais cette fois-ci pour voler au secours des éleveurs et agriculteurs durement lésés par la guerre de juillet-août 2006. Dix-huit villages sinistrés des cazas de Bint Jbeil, Nabatiyeh, Tyr et Marjeyoun, profitent ainsi de ce projet de réhabilitation, d’un coût global s’élevant à quelque 580 000 euros.
« Le projet a été initié suite à la guerre, se rappelle Tanguy Smoes, ingénieur agricole et responsable du projet. L’ICU se souciait principalement de restaurer le plus rapidement possible les activités agricoles. Nous avons ainsi sélectionné trois catégories de public cibles : les éleveurs, une vache étant donnée à chaque bénéficiaire ; les apiculteurs, chacun d’eux ayant reçu cinq ruches d’abeille avec les équipements de base ; et les agriculteurs. Ces derniers qui cultivaient essentiellement du tabac ont perdu toute leur récolte au cours de la guerre de l’été dernier. Ne pouvant pas remplacer les champs par du tabac, nous avons alors proposé un dounom (1 000 m2) de thym par agriculteur, avec des installations pour l’irrigation. L’avantage du thym demeure son coût de production qui est bas. De même, il nécessite peu d’eau. Il requiert toutefois une attention particulière les premiers mois. »
Le projet a démarré le 1er novembre dernier et a été exécuté en deux phases. « La première est d’une durée de six mois, au cours de laquelle nous avons distribué 33 vaches. Près de 90 personnes ont bénéficié des ruches d’abeille et 90 autres du projet de plantation de thym, explique M. Smoes. Le projet ayant réussi, nous avons entamé une seconde phase de cinq mois dans le cadre de laquelle ont été distribués dix chevaux parce que certains agriculteurs continuent de labourer la terre avec des animaux. Nous avons également distribué 40 nouvelles vaches et 90 ruches. Au cours de cette seconde phase, nous avons procédé à l’insémination artificielle pour assurer la fécondation des vaches laitières. »
Ouverture sur le marché
des huiles essentielles
Les bénéficiaires du projet de réhabilitation agricole au Liban-Sud ont été sélectionnés selon des critères établis par l’ICU. « Nous avons travaillé en partenariat avec les municipalités, et nous nous sommes assuré des conditions économiques et familiales des bénéficiaires », insiste M. Smoes, qui précise que le projet commence à porter ses fruits. Les vaches offertes au cours de la première phase ont déjà mis bas et les éleveurs ont déjà commencé à produire les dérivés laitiers. Les apiculteurs auront leur première récolte de miel dans les prochains jours. « Les agriculteurs toutefois ne bénéficieront du projet qu’à partir de l’année prochaine, remarque-t-il. Nous avons mis 3 000 plantes de thym par dounom. Et l’année prochaine, chaque agriculteur pourra récolter 300 à 400 kilos de thym par parcelle, le kilo pouvant être vendu à 8 000 LL. »
« Le projet est excellent pour ces régions pauvres en eau, ajoute M. Smoes. L’intérêt du thym, par rapport à une autre plante, c’est qu’il ne nécessite pas une grande production pour le transformer et le mettre sur le marché. C’est le thym utilisé pour les manakich. De plus, il permet une ouverture sur le marché des huiles essentielles. »
Quel sera le rôle de l’ICU après la fin du projet ? « De ces trois volets, c’est la culture du thym que l’ICU pensera appuyer par la suite, répond M. Smoes. C’est un domaine vaste et nous pensons à un projet plus technique qui relève du développement plus que de l’humanitaire et dans le cadre duquel nous essaierons d’identifier des sous-variétés de ce thym pour la production des huiles essentielles, à titre d’exemple, etc. Les 90 agriculteurs qui ont déjà bénéficié du projet vont être suivis au niveau des données pour mieux préciser la manière avec laquelle nous allons travailler sur la filière de manière générale. En ce qui concerne le miel, l’ICU a déjà travaillé sur le secteur, mais je ne peux rien promettre pour l’avenir. Actuellement, l’ICU n’a pas de volonté de travailler sur l’élevage de vaches. Il se lancera plutôt dans les plantes fourragères parce que l’agriculture a toujours plus de voies et permet de petites productions alternatives. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’intervention de l’ICU en faveur de la population du Liban-Sud remonte à une dizaine d’années. Déjà, en 2001, l’ONG italienne, implantée au Liban depuis 1994, avait initié un projet de soutien à la réhabilitation de l’agriculture dans la région, ayant profité à des centaines d’agriculteurs et d’apiculteurs des cazas de Marjeyoun, Hasbaya et Bint-Jbeil, qui n’avaient pas alors bénéficié d’une quelconque aide un an après le retrait israélien du Liban-Sud.
Près de cinq ans plus tard, l’ONG italienne ICU se voit dans l’obligation d’intervenir dans cette même région du pays, mais cette fois-ci pour voler au secours des éleveurs et agriculteurs durement lésés par la guerre de juillet-août 2006. Dix-huit villages sinistrés des cazas de Bint Jbeil, Nabatiyeh, Tyr et Marjeyoun, profitent ainsi de...