Des sources politiques informées confirment que dès l’assassinat de Pierre Gemayel, la Syrie a enjoint à ses alliés locaux de faire en sorte que le siège parlementaire reste vacant. Au moins jusqu’à la mise en place d’un cabinet dit d’union avec tiers de blocage. Et de l’élection d’un président qui lui convienne. Ces consignes ont été fidèlement suivies. M. Émile Lahoud a ainsi fait savoir qu’il ne contresignerait pas un décret convoquant les électeurs émanant d’un gouvernement qu’il ne reconnaît pas.
Au départ, et à dire vrai, la majorité n’était pas plus favorable à une partielle rapprochée que la minorité. Quant au général Michel Aoun, dans le climat de colère et de douleur provoqué par l’assassinat du jeune ministre martyr, il ne manifestait aucune velléité de livrer bataille. Du reste, étant donné qu’il avait tout lieu de croire que la partielle ne serait pas organisée, il n’avait pas besoin de prendre position. De fait, le délai de deux mois prévu dans la Constitution s’est écoulé sans que le gouvernement ne convoquât le corps électoral.
Mais la donne a changé, ou plutôt s’est trouvée complétée, avec l’assassinat du député haririen de Beyrouth Walid Eido. Il devenait clair que le cycle visait la réduction, le gommage numérique de la majorité, tant au niveau des ministres que des députés, et qu’il allait donc continuer. À la fois pour imposer la démission du gouvernement et pour torpiller la présidentielle. Une seule parade possible : remplacer les martyrs par voie de consultation populaire.
Prenant acte de la détermination du gouvernement à organiser le scrutin en passant outre à l’obstruction, Damas, réaliste, s’est ravisé, assurent les mêmes sources informées. Du moment que les sièges des deux parlementaires assassinés n’allaient plus rester vacants, le régime syrien a enjoint à ses alliés de les disputer à la majorité. En mettant l’accent sur le Metn, où il pourrait y avoir effectivement compétition, du moment qu’à Beyrouth cela semblait hors de portée. L’opposition s’est donc lancée dans la bataille. En précisant que le seul moyen d’éviter la confrontation serait un report du scrutin assorti de la sempiternelle exigence d’un cabinet dit d’union avec tiers de blocage.
Toujours selon les mêmes sources, Damas a considéré qu’il sortirait gagnant du schéma établi quel que soit le résultat de l’élection. Dans ce sens qu’en cas de victoire du président Amine Gemayel, la composante politique chrétienne du Liban, ce terreau hostile à la domination, se retrouverait plus éclaté que jamais. Définitivement affaibli. Et si le candidat du général Michel Aoun devait l’emporter, ce serait un siège de plus pour l’opposition au Parlement. D’où renforcement des chances de mise en place d’un cabinet dit d’union avec tiers de blocage, avec accroissement du risque de torpillage de la présidentielle. Donc d’un vide institutionnel et d’une anarchie, minant gravement l’État libanais souverain.
Émile KHOURY
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Des sources politiques informées confirment que dès l’assassinat de Pierre Gemayel, la Syrie a enjoint à ses alliés locaux de faire en sorte que le siège parlementaire reste vacant. Au moins jusqu’à la mise en place d’un cabinet dit d’union avec tiers de blocage. Et de l’élection d’un président qui lui convienne. Ces consignes ont été fidèlement suivies. M. Émile Lahoud a ainsi fait savoir qu’il ne contresignerait pas un décret convoquant les électeurs émanant d’un gouvernement qu’il ne reconnaît pas.
Au départ, et à dire vrai, la majorité n’était pas plus favorable à une partielle rapprochée que la minorité. Quant au général Michel Aoun, dans le climat de colère et de douleur provoqué par l’assassinat du jeune ministre martyr, il ne manifestait aucune velléité de livrer bataille. Du...