Le marché du travail a donné des signes de lassitude en juillet aux États-Unis, avec 92 000 créations d’emplois seulement et un chômage de 4,6 %, au plus haut depuis six mois, confirmant le ralentissement de l’économie dans un contexte de crise de l’immobilier.
Ce rapport a déçu les analystes qui tablaient sur 135 000 embauches et un chômage à 4,5 %.
De plus, les chiffres des mois précédents ont été révisés à la baisse et l’économie américaine n’affiche plus qu’une moyenne de 136 000 créations d’emplois par mois depuis le début de l’année, soit beaucoup moins qu’en 2006 (189 000).
« Et avec une croissance de 2 à 2,5 % attendue au second semestre, toujours plombée par le déclin de l’immobilier, il va sans doute se refroidir encore plus d’ici à la fin de l’année », a-t-il ajouté.
Certes, il est trop tôt pour dire que c’est « le début de la fin » pour le marché du travail américain, affirme John Lonski de Moody’s Investors Service.
L’économiste souligne que le gros des licenciements provient de la fonction publique (-28 000) et du bâtiment (-12 000), mais que pour le reste, le secteur privé affiche une performance honnête.
Toutefois, « le rapport contredit l’idée que l’économie américaine est vigoureuse », indique M. Lonski, ajoutant: « La croissance est faible, et l’économie plutôt tiède. »
Tant que le marché de l’emploi restait vigoureux, il soutenait les revenus des ménages et les profits des entreprises. Mais s’il venait à trébucher, alors la consommation, premier moteur de la croissance, pourrait sévèrement ralentir.
Après une hausse de 0,6 % du PIB au premier trimestre et de 3,4 % au deuxième, les analystes se sont faits à l’idée d’un ralentissement durable de la croissance, du fait d’un tassement de la consommation lié aux incertitudes sur l’immobilier.
La publication, hier, d’un mauvais indice sur l’activité dans le secteur des services est venu conforter ce scénario : l’indice ISM est passé à 55,8 points en juillet, là où Wall Street attendait 59.
Craignant une contagion au reste de l’économie, notamment par le biais d’une crise du crédit, les marchés financiers sont devenus très nerveux depuis quelques semaines.
Cet état de fait devrait être souligné par la Banque centrale (Fed) qui réunit mardi prochain son comité de politique monétaire, estiment les analystes. Mais tous ne s’accordent pas sur les enseignements qu’elle en tirera.
« Pour le moment, nous ne voyons pas dans la situation de l’emploi des détails qui inciteraient la Fed à agir en faveur d’une baisse des taux », estime M. Gault, qui parie sur une poursuite de la hausse des revenus.
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