L’Europe, conduite par une nouvelle génération de dirigeants, joue désormais un rôle plus actif sur le front diplomatique alors que l’Administration américaine est accaparée par la guerre en Irak, selon des experts américains.
La Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont toutes de nouveaux dirigeants politiques quatre ans après que les États-Unis ont plongé les relations transatlantiques dans leur pire crise depuis des décennies avec l’invasion en Irak.
« En regardant l’Union européenne désormais, on voit que les trois grands États membres ont tous une vraie influence », estime Karen Donfried, expert au centre de réflexion German Marshall Fund. « C’est une vraie opportunité, en particulier pour un président américain qui est déstabilisé et a des pouvoirs limités », a-t-elle affirmé.
Mais l’Administration Bush dément toute idée selon laquelle les Européens seraient en train de combler le vide diplomatique créé par les difficultés américaines en Irak. « Nous considérons cette nouvelle génération de dirigeants en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne comme une excellente opportunité », a déclaré un responsable du département d’État qui a requis l’anonymat. « Il y a de nombreuses occasions pour s’impliquer. Nous sommes optimistes », a-t-il dit, citant l’Afghanistan comme un exemple de coopération transatlantique.
Le nouveau président français Nicolas Sarkozy, a accentué les efforts de la France pour sortir le Liban de la crise politique à deux mois de l’élection présidentielle, menacée d’échec par le blocage des institutions.
La semaine dernière, il s’est également rendu pour une visite historique en Libye, au lendemain du dénouement de l’affaire des infirmières bulgares. Après cette libération, la secrétaire d’État française chargée des Affaires étrangères, Rama Yade, a déclaré que la France voulait désormais œuvrer en priorité à la libération de la Birmane Aung San Suu Kyi. « La France, berceau des droits de l’homme, a plus que n’importe quel autre pays un devoir en matière de défense des droits fondamentaux », a déclaré Mme Yade, qui s’est dit « heureuse de voir qu’en ce domaine, la France est de retour ».
Le président français prévoit également, tout comme le nouveau Premier ministre britannique Gordon Brown, de se rendre au Darfour. Paris et Londres tentent de relancer les efforts diplomatiques pour obtenir la paix dans cette province de l’ouest du Soudan ravagée par la guerre civile.
Pour les experts, les ambitions diplomatiques des nouveaux dirigeants européens sont les bienvenues après des années de défiance transatlantique générée par l’unilatéralisme de l’Administration Bush.
« Je ne pense pas que cela déconcerte l’Administration Bush », a déclaré Chantal de Jonge Oudraat, professeur de relations internationales à l’Université Johns Hopkins de Washington. « Les États-Unis sont enlisés en Irak et le Congrès ne pense qu’à l’Irak. Donc toutes les nouvelles initiatives européennes sont à mon avis les bienvenues, du moment qu’elle ne vont pas à l’encontre des intérêts américains », a-t-elle ajouté.
En Allemagne, Angela Merkel, qui a succédé à Gerhard Schröder en novembre 2005, ne ménage pas ses efforts pour promouvoir la lutte contre le réchauffement climatique, domaine dans lequel l’Administration Bush est à la traîne.
Pour Walter Russell Mead, expert au Council on Foreign Relations, les dirigeants européens ne se positionnent pas comme un contrepoids de la diplomatie américaine mais comme un « complément ». « L’Europe et l’Amérique sont des partenaires naturels, même si, parfois, ils en ont assez l’un de l’autre », affirme-t-il.
Jitendra JOSHI (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Europe, conduite par une nouvelle génération de dirigeants, joue désormais un rôle plus actif sur le front diplomatique alors que l’Administration américaine est accaparée par la guerre en Irak, selon des experts américains.
La Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont toutes de nouveaux dirigeants politiques quatre ans après que les États-Unis ont plongé les relations transatlantiques dans leur pire crise depuis des décennies avec l’invasion en Irak.
« En regardant l’Union européenne désormais, on voit que les trois grands États membres ont tous une vraie influence », estime Karen Donfried, expert au centre de réflexion German Marshall Fund. « C’est une vraie opportunité, en particulier pour un président américain qui est déstabilisé et a des pouvoirs limités », a-t-elle affirmé.
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