À l’heure où la fièvre fait des bulles dans le Metn, agitant les boutiquiers politiques d’une épicerie pas toujours fine et où le mensonge se fait gros comme un mouton gavé, un homme seul phosphore à plein régime : Michel Murr. Ses intimes les plus proches, évalués à une trentaine de milliers de personnes seulement, l’appellent aussi Pater municipalis, mais il était davantage connu au temps de sa splendeur sous le doux patronyme de Bteghrinator, quand il exerçait ses talents au ministère de l’Intérieur dont il avait fait sa chasse gardée.
La chaudière électorale a toujours été sa spécialité, Papa Murr. Deux longues années de jachère politique après le départ des frérots puis sa planque auprès de Michel Aoun l’ont complètement requinqué. Cette réinsertion inespérée lui a d’abord permis de jouer les utilités auprès de Amr Moussa dont la mission avait tourné à la guignolade, puis de se poser en rond-point incontournable de la béchamel au cyanure qui se prépare au Metn.
Mais ce Michel-là, au moins, a de la suite dans les idées : un fiston dans le gouvernement, lui-même dans les nuées orange de Mongénéral et fifille à La Celle-Saint-Cloud pour le dialogue et le glamour. Avec trois fers au feu, c’est bien le diable s’il ne parvient pas à tirer quelques marrons intacts en guise d’assurance-vie politique.
Voilà donc un baron de landernau de la trempe de ceux qu’on ne fait plus. En vieux briscard de la politique politicienne, il pactise sans états d’âme dans le Metn avec ceux-là mêmes qu’il a fait cogner par ses larbins pendant 15 ans, tout en évitant de trop se mouiller avec leurs alliés agités de la barbe et de la victoire divine, agglutinés quelques centaines de mètres plus bas à vol d’oiseau.
Mais le 5 août approche, et le plat de résistance aussi. Les cobayes qui iront voter ce jour-là devront choisir entre Amine Gemayel, qui pédale sur ses propres terres, et Camille Khoury, candidat cache-sexe du Tsunamichel. Le vieux Bteghrinator, lui, reste impassible. Il a toujours affectionné les batailles électorales à double sens.
Seulement, cette fois, il devra bien s’assurer que celle qui se prépare a d’abord un sens.
Gaby NASR
À l’heure où la fièvre fait des bulles dans le Metn, agitant les boutiquiers politiques d’une épicerie pas toujours fine et où le mensonge se fait gros comme un mouton gavé, un homme seul phosphore à plein régime : Michel Murr. Ses intimes les plus proches, évalués à une trentaine de milliers de personnes seulement, l’appellent aussi Pater municipalis, mais il était davantage connu au temps de sa splendeur sous le doux patronyme de Bteghrinator, quand il exerçait ses talents au ministère de l’Intérieur dont il avait fait sa chasse gardée.
La chaudière électorale a toujours été sa spécialité, Papa Murr. Deux longues années de jachère politique après le départ des frérots puis sa planque auprès de Michel Aoun l’ont complètement requinqué. Cette réinsertion inespérée lui a d’abord permis de...
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