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Système politique aberrant Joseph CODSI

Nous sommes en train de prendre conscience, lentement et péniblement, du fait que notre système politique est aberrant. Notre voiture nationale tombe régulièrement en panne quelles que soient les personnes qui la conduisent. Cela montre que nous avons un problème qui dépasse les personnes et concerne les institutions. Le 10 juillet, le Centre civil pour l’initiative nationale a inauguré son existence en proclamant la fin du système communautaire. Même si cela ne relève que du vœu pieux, cette initiative, dont Hussein Husseini s’est fait le champion, est assez lucide pour reconnaître que la crise nationale que nous traversons est une crise du système politique. Dans un article paru dans Le Monde du 14 juillet, Charles Rizk invite la France à aider le Liban « à faire évoluer son régime politique ». Le 12 juillet, L’Orient-Le Jour a publié un compte rendu d’une conférence sur le thème « Nouvelles réalités libanaises ». Par-delà les remarques, fort pertinentes, faites par les conférenciers, c’est bien du pacte national qu’il fut question, « pacte non écrit, pour rester souple et malléable », mais qui était trop mou pour servir de colonne vertébrale au projet libanais. Le temps est peut-être venu de passer d’un pacte fantôme et fort mal conçu à un discours constitutionnel qui sera clair et précis, précisément parce qu’il aura été parfaitement conçu. Nous avons trop tendance à nous perdre dans les dédales de la crise actuelle et les changements qui sont en train de se produire sur la scène politique nationale pour voir les choses avec un certain recul. Suffit-il de dire que notre « système politique » est encore « jeune » pour justifier la paralysie de l’État ? Je trouve plus juste de dire que la crise actuelle a ses racines dans la République que nous avons adoptée dans les années 1920. Ni le pacte national de 1943 ni l’accord de Taëf de 1989 n’ont réussi à voir clair dans nos affaires. Ils ont tout simplement reconnu l’existence d’un problème, mais il leur a manqué la compétence nécessaire pour l’analyser convenablement et donc pour le résoudre. Jusqu’ici nous nous sommes adressés à des bouchers pour nous débarrasser d’une tumeur au cerveau. Quand on vit dans un monde tribal primitif, on n’a pas d’autre choix que de se fier aux sorciers du coin. Il faut passer à un autre monde pour trouver des sorciers un peu plus compétents. Le problème de ceux qui en appellent aux sorciers occidentaux est qu’ils pensent qu’ils sont mieux équipés que les nôtres. Il n’en est rien. Le fiasco de La Celle-Saint-Cloud le montre bien. À mon sens, notre problème est que nous sommes tous et toutes des doctrinaires qui refusent d’emblée tout ce qui ne s’accorde pas avec leur conception des choses. Nous refusons donc a priori la seule solution qui s’impose. L’Évangile a reconnu ce problème quand il a parlé de la pierre que les bâtisseurs ont rejetée et qui était pourtant destinée à devenir la pierre angulaire de l’édifice. Il s’agit là d’un problème spirituel, c’est-à-dire de quelque chose qui se joue dans nos esprits et qui nous contrôle sans qu’il nous soit possible de le contrôler. De tels problèmes sont d’autant plus formidables que nous en sommes inconscients. Ils sont la cause de notre aveuglement collectif. C’est cela qui mène à la situation des aveugles qui conduisent des aveugles. Joseph CODSI Universitaire Article paru le Vendredi 27 Juillet 2007
Nous sommes en train de prendre conscience, lentement et péniblement, du fait que notre système politique est aberrant. Notre voiture nationale tombe régulièrement en panne quelles que soient les personnes qui la conduisent. Cela montre que nous avons un problème qui dépasse les personnes et concerne les institutions.
Le 10 juillet, le Centre civil pour l’initiative nationale a inauguré son existence en proclamant la fin du système communautaire. Même si cela ne relève que du vœu pieux, cette initiative, dont Hussein Husseini s’est fait le champion, est assez lucide pour reconnaître que la crise nationale que nous traversons est une crise du système politique.
Dans un article paru dans Le Monde du 14 juillet, Charles Rizk invite la France à aider le Liban « à faire évoluer son régime politique ».
Le 12...