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Actualités - Opinion

Aoun aurait dû bouder l’échéance, estime un prélat

Le camp chrétien de nouveau déchiré. Comme s’il n’avait rien appris des différentes guerres intestines qui l’ont réduit en lambeaux. Il subsiste certes une lueur d’espoir, à travers les efforts des conciliateurs, d’éviter la bataille. Selon un dignitaire religieux, le problème ne se serait pas posé si le général Aoun, suivant la logique opposante de déni des actes du gouvernement, donc de la convocation aux partielles, avait décidé de bouder le scrutin. En répétant qu’on ne peut passer outre à la signature du président de la République ni ignorer les prérogatives constitutionnelles de la première magistrature. L’unité des chrétiens, déjà si mal en point, n’aurait pas été encore plus compromise. Et le climat de non-belligérance, pour ainsi dire, aurait du même coup facilité un processus de négociations en vue d’un président de consensus. Ce qui, du même coup, aurait désamorcé le risque de torpillage de l’élection, via le défaut de quorum et de vide institutionnel. Le prélat souhaite donc que le leader du CPL révise finalement ses positions en mettant de côté, pour des circonstances moins tendues ou tragiques, son souci de valoriser le jeu dit démocratique par la compétition. Le moment, estime cette personnalité, est bien mal choisi, car le Liban se trouve menacé, en réalité, dans son entité même. Il a besoin, pour se défendre, de l’unité minimale de ses fils et a fortiori des chrétiens sans lesquels, reconnaissait le président Saëb Salam lui-même, ce pays ne serait « qu’une partie de la Syrie ». Le religieux estime pour le moins excessif que l’on prétende dénoncer « un commerce du sang des martyrs » aux seules fins de décrocher un siège parlementaire pour une moitié de mandat de législature. Il souligne que, sur un plan humain, il est tout aussi normal que traditionnel qu’un siège vacant à la suite d’un décès soit confié au père, au fils, au frère ou à un proche. À plus forte raison quand il y a eu assassinat. Cette coutume, ajoute le prélat, il est encore plus répréhensible de la violer par pure vindicte ou rivalité politique étriquée. De fait, un coup d’œil rétrospectif sur le tableau des partielles permet de constater que dans 70 % des cas, les familles ont hérité des sièges laissés vacants par suite de décès. Dans de telles circonstances, les différends politiques ou personnels sont laissés de côté. Une convention tacite à caractère essentiellement humain, que loyalistes et opposants ont toujours eu à cœur de respecter. La compétition reprenant ses droits lors des législatives générales. En outre, et surtout, les assassinats de Pierre Gemayel et de Walid Eido, comme d’ailleurs de Rafic Hariri, Bassel Fleyhane, Samir Kassir ou Georges Haoui, sont politiques. Non seulement il est normal que les successeurs soient de la même ligne, sinon de la même lignée, mais il serait profondément inique, préjudiciable en termes d’esprit national, que les sièges aillent au camp adverse. D’autant qu’en l’occurrence, l’enjeu est vital puisqu’il se rapporte à la souveraineté, à la liberté et à l’indépendance. Le principe de coexistence s’en trouverait durement frappé. Sans compter que cela constituerait une prime, une récompense pour les criminels, pour les commanditaires qui atteindraient de la sorte leur objectif. Des noms Ce qui n’a pas été le cas pour Rafic Hariri, remplacé par son fils Saad, ni pour Gebran Tuéni dont le flambeau a été repris par son père Ghassan. Ni, antérieurement, et au niveau de la représentation parlementaire, pour René Moawad auquel son épouse, Nayla, a succédé. Ou encore, dans les cas de mort naturelle, pour Saëb Salam dont son fils Tammam a pris la suite. Comme Maged Hamadé après son père Sabri, Ghassan Moukheiber après son oncle, le Dr Albert Moukheiber (et sur décision du Conseil constitutionnel !), Nagib Khoury après son frère le Dr Chahid Khoury, Michel Murr après son oncle Gabriel, Georges Hraoui également après son oncle Youssef, lui-même suivi par ses frères Joseph puis Élias. Ou encore, pour Élias Skaff, après son père Joseph et son grand-père Élias. Sans compter Élie Ferzli après son oncle Adib ou l’émir Talal après son père l’émir Magid Arslane, Marwan Aboufadel après Mounir. Autres noms sur la liste : Rachid et Omar Karamé après Abdel Hamid, Joseph Moghabghab après Naïm, Sayed Akl après Camille. Sleimane Frangié junior après Hamid, Sleimane et Tony, Maurice Zouein après Georges, Kamel el-Assaad après Ahmad, Ali Osseirane après Adel, Oussama Saad après Maarouf et Moustapha, Rachad Azar après son frère Ibrahim, Amine Gemayel après Maurice, son oncle. Enfin, Walid Joumblatt après Kamal. Il reste à savoir si, avec le concours des conciliateurs dont Mgr Boulos Matar, M. Michel Murr et le Tachnag, le Metn va se voir épargner la bataille. Au stade actuel, l’on estime que, sur le plan politique pur, une éventuelle victoire du candidat aouniste ne rapporterait pas des points aux alliés que sont le Tachnag et Murr. D’autant que les partisans du général soutiennent qu’ils peuvent l’emporter avec ou sans les voix du Tachnag et de Murr. Émile KHOURY

Le camp chrétien de nouveau déchiré. Comme s’il n’avait rien appris des différentes guerres intestines qui l’ont réduit en lambeaux. Il subsiste certes une lueur d’espoir, à travers les efforts des conciliateurs, d’éviter la bataille. Selon un dignitaire religieux, le problème ne se serait pas posé si le général Aoun, suivant la logique opposante de déni des actes du gouvernement, donc de la convocation aux partielles, avait décidé de bouder le scrutin. En répétant qu’on ne peut passer outre à la signature du président de la République ni ignorer les prérogatives constitutionnelles de la première magistrature. L’unité des chrétiens, déjà si mal en point, n’aurait pas été encore plus compromise. Et le climat de non-belligérance, pour ainsi dire, aurait du même coup facilité un processus de...