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Actualités - Chronologie

Vinokourov : l’orgueil jusqu’à la tricherie

Alexandre Vinokourov est orgueilleux. Au point de surmonter la souffrance dans les pires moments, au point de se glorifier son propre panache, au point aussi de céder à la tentation de la tricherie plutôt que de s’avouer vaincu. À Londres, au départ du Tour, le Kazakh avait dû affronter une presse hostile, qui lui reprochait d’avoir pris comme entraîneur personnel l’Italien Michele Ferrari, dont le nom a souvent été associé aux affaires de dopage. « Michele Ferrari n’est pas mon médecin (...) Il me fait des plans d’entraînements que je trouve excellents, qui me rappellent la façon de travailler qui m’a permis de progresser dans ma jeunesse, en URSS », s’était justifié le leader de l’équipe Astana, qui venait sur le Tour avec l’ambition affichée de le gagner pour la première fois, à 33 ans. Avec dédain, il avait même écarté les questions portant sur les propos du président de l’UCI (Union cycliste internationale) Pat McQuaid, qui avait déclaré : « Si Vinokourov gagne le Tour, sa victoire sera moins crédible. » « Vino », comme l’appellent ses proches, était cette année sur le Tour le seul coureur à être aussi le patron de sa propre équipe. Né au Kazakhstan soviétique en 1973, Vinokourov est devenu une idole dans son pays devenu indépendant. Arrivé en France chez Casino en 1997, sous la houlette de Vincent Lavenu, le Kazakh est passé par la Telekom (en 2000), qui devient T-Mobile en 2004, pour y être le second de l’Allemand Jan Ullrich. Mais c’est en 2003 que Vino se révèle au plus haut niveau. Personne n’a oublié ce Tour de France où, troisième du général, Vino a attaqué sur les Champs-Élysées pour aller gagner en baroudeur la plus prestigieuse des étapes, au nez et à la barbe des sprinteurs. Cette année-là fut aussi marquée par le décès accidentel de son compatriote Andreï Kivilev pendant Paris-Nice. « Je le sais toujours à mes côtés, sa force est toujours là pour me secourir », a-t-il longtemps répété. Puissants intérêts kazakhs En 2006, cet homme venu de l’Est, arrivé à sa maturité sportive, s’était donné les moyens de réaliser enfin son rêve : gagner le Tour de France. En montant autour de lui une formation entièrement dévouée à sa cause, Astana, soutenue par de puissants intérêts financiers et politiques kazakhs. « Je ne suis pas étranger à l’implication d’un groupement pétrolier de mon pays pour financer cette équipe, parce que je suis très connu au Kazakhstan », disait-il. Avec Astana, il a remporté en septembre dernier la Vuelta, son premier grand tour. Sur les routes du Tour 2007, l’homme jouissait d’une grande popularité. Son courage, après sa chute dans la cinquième étape du Tour, lui avait valu le respect et l’admiration des foules, ce dont il était fier. Sa résurrection, lors du contre-la-montre d’Albi, puis dans les Pyrénées lundi, Vino la mettait sur le compte de son caractère indomptable : « Je pense qu’aucun coureur européen n’aurait fait ce que j’ai fait », disait-il avec orgueil. « Il nous disait qu’il était courageux, que les Français l’aimaient bien, qu’il était plus fort que la douleur, il nous disait que nous Français on ne savait pas faire, qu’on était des fainéants », éructait Éric Boyer, le manager de l’équipe Cofidis, qui ne cachait pas son profond mépris pour un homme qui, visiblement, n’a pas supporté de jouer les seconds rôles sur un Tour qu’il croyait à sa portée.
Alexandre Vinokourov est orgueilleux. Au point de surmonter la souffrance dans les pires moments, au point de se glorifier son propre panache, au point aussi de céder à la tentation de la tricherie plutôt que de s’avouer vaincu.
À Londres, au départ du Tour, le Kazakh avait dû affronter une presse hostile, qui lui reprochait d’avoir pris comme entraîneur personnel l’Italien Michele Ferrari, dont le nom a souvent été associé aux affaires de dopage.
« Michele Ferrari n’est pas mon médecin (...) Il me fait des plans d’entraînements que je trouve excellents, qui me rappellent la façon de travailler qui m’a permis de progresser dans ma jeunesse, en URSS », s’était justifié le leader de l’équipe Astana, qui venait sur le Tour avec l’ambition affichée de le gagner pour la première fois, à 33 ans.
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