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Éclairage Six scénarios pour l’échéance présidentielle, selon des sources de l’opposition Scarlett HADDAD

Les élections législatives partielles ont beau occuper en grande partie la scène médiatique, c’est surtout l’échéance présidentielle qui reste le rendez-vous crucial de la rentrée. Celui qui déterminera en fait le sort du Liban, au moins pour l’année à venir. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si la partielle du Metn, circonscription chrétienne par excellence, est devenue, en raison de la tension qui règne dans le pays, un enjeu de taille pour l’élection présidentielle. Comme si l’identité du vainqueur pour le siège maronite devenu vacant depuis l’assassinat de Pierre Gemayel devait déterminer le camp dont devrait être issu le futur président de la République. C’est en tout cas ce qui ressort des propos – et de la détermination – de l’opposition représentée par le CPL et de la majorité unie autour du président Amine Gemayel, au sujet de cette bataille électorale. La partielle du Metn serait ainsi une avant-première de la présidentielle et serait de nature à montrer qui est le camp qui représente le mieux les chrétiens du Liban. C’est en tout cas ainsi que la perçoivent les protagonistes. Mais la grande échéance reste la présidentielle. Selon des sources proches de l’opposition, divers scénarios sont possibles à partir de la fin septembre. Le premier, celui qui paraît le plus satisfaisant pour l’opposition, consiste dans la formation d’un gouvernement d’union ou de transition, qui aurait pour mission de paver la voie à une élection présidentielle sur base d’un candidat d’entente. La formation d’un tel gouvernement fait d’ailleurs partie des revendications de l’opposition et du président de la République. Ce dernier continue devant ses visiteurs à estimer qu’il existe une chance réelle pour la formation d’un tel gouvernement. Pourtant, dans des déclarations rapportées hier dans la presse, le Premier ministre Fouad Siniora a semblé exclure cette formule, tout comme il a estimé que l’élargissement de l’actuel gouvernement (l’une des variantes de la formation d’un gouvernement d’union) serait de nature à retarder une entente sur un candidat présidentiel unique, précisant que c’est justement cela qui est important aujourd’hui, non une solution à la crise gouvernementale. Le second scénario serait donc, selon les sources proches de l’opposition, l’entente de toutes les parties sur un candidat consensuel pour la présidence. Mais ce scénario a aussi peu de chances que le précédent de se réaliser, vu que pour l’opposition, le règlement de la question gouvernementale doit précéder celui de la présidence. Mais il reste quand même des possibilités pour que les médiations étrangères, notamment les efforts français et arabes, poussent les parties à s’entendre sur un même candidat. Le troisième scénario, estiment les sources proches de l’opposition, consisterait à s’entendre sur un président de compromis pour une période de deux ans. L’idée serait de faire passer l’échéance présidentielle avec un minimum de problèmes au Liban, en attendant les développements régionaux et internationaux, et en particulier la fin du mandat du président américain George Bush et l’issue du bras de fer avec l’Iran et la Syrie. Mais ce scénario semble désormais écarté, depuis que le patriarche maronite y a fermement opposé son veto, arguant du fait qu’il est inacceptable de réduire un mandat présidentiel à une période de deux ans, même pour une fois seulement, car cela ajouterait encore à la marginalisation des chrétiens, et en particulier celle des maronites. Le quatrième scénario serait l’entente de toutes les parties sur la formation d’un gouvernement de transition, présidé par le commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleimane, en attendant la suite des développements régionaux et internationaux. Mais ce scénario nécessiterait un accord de toutes les parties, car le général Michel Sleimane a déclaré à plusieurs reprises qu’il refusait de prendre parti en faveur de l’un ou l’autre des deux camps. Le cinquième scénario consisterait dans la formation d’un second gouvernement inspiré par l’opposition. Il serait destiné à éviter de laisser la scène libre devant l’actuel gouvernement, en cas d’impossibilité d’élire un nouveau président de la République. Mais l’actuel chef de l’État, qui avait fixé le 15 juillet comme date butoir pour ses concertations avec les différentes parties, refuse désormais de mener des consultations pour la formation d’un tel gouvernement. Si ce dernier devait être formé, ce serait aux pôles de l’opposition de le demander publiquement et d’en choisir les membres. L’idée semble en tout cas ne plus être d’actualité, tant elle a été critiquée par des instances locales et internationales, au même titre d’ailleurs que celle de l’élection unilatérale par les forces du 14 Mars d’un président à la majorité absolue des voix des députés. Le sixième scénario est celui justement que garde Lahoud secret et qui, selon lui, serait destiné à éviter la guerre civile, même si, selon les sources proches de Baabda, il peut déplaire aux deux camps. Ce scénario, Lahoud tient à le garder secret pour éviter qu’il soit la cible de critiques avant terme. Les sources proches de Baabda affirment qu’il est soigneusement étudié pour être conforme aux prérogatives accordées par la Constitution au président. Mais en l’absence de détails sur la nature de ce scénario, ce sont les autres qui sont le plus évoqués dans les cercles politiques. Dans l’espoir que l’entente puisse être le principal objectif de toutes les parties concernées.
Les élections législatives partielles ont beau occuper en grande partie la scène médiatique, c’est surtout l’échéance présidentielle qui reste le rendez-vous crucial de la rentrée. Celui qui déterminera en fait le sort du Liban, au moins pour l’année à venir. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si la partielle du Metn, circonscription chrétienne par excellence, est devenue, en raison de la tension qui règne dans le pays, un enjeu de taille pour l’élection présidentielle. Comme si l’identité du vainqueur pour le siège maronite devenu vacant depuis l’assassinat de Pierre Gemayel devait déterminer le camp dont devrait être issu le futur président de la République. C’est en tout cas ce qui ressort des propos – et de la détermination – de l’opposition représentée par le CPL et de la majorité...