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Actualités - Opinion

Si, les passifs sont fautifs Charles NAJJAR

Surpris par la réponse de Pamela Khoury (voir L’Orient-Le Jour du vendredi 13 juillet 2007) à l’excellent article de Nicolas Sbeih (mercredi 11 juillet 2007), je me permets de rappeler à la première la célèbre phrase d’Edmund Burke : « Pour que le mal triomphe, il suffit que les gens bien ne fassent rien. » Comment peut-on ne pas choisir son camp dans une situation aussi dramatique que celle que vit le Liban actuellement ? Parlant de « tares indélébiles », Pamela Khoury condamne l’action actuelle de certaines personnalités politiques dont les positions héroïques surprennent plus d’un, en raison de leurs actes passés, certes condamnables, mais révolus et entrepris dans des conditions bien particulières (en période de guerre ou d’hégémonie syrienne). Si l’on suit le raisonnement de Pamela Khoury, il n’y aurait plus de place en société pour la prise de conscience et le rachat des fautes passées. Nicolas Sbeih ne dénigre pas le mérite et la qualité de personnalités telles que MM. Mitri et Tuéni. Bien au contraire. Il souligne toutefois le fait que pour gouverner ce pays multiconfessionnel, il est nécessaire de tenir compte des leaders de chaque communauté soutenus par leur assise populaire. Peut-on vraiment gouverner le pays sans les Hariri, Joumblatt, Geagea, Berry, Nasrallah… ? Croire le contraire, c’est manquer de réalisme. Oui, il faut choisir. Et je simplifierai encore plus les questions auxquelles M. Sbeih nous demande de répondre en les réduisant à une seule : Êtes-vous pour ou contre la mainmise syro-iranienne sur le Liban ? Toute autre considération découle directement de celle-ci. À travers le tribunal international, ce sont toutes les exactions de la Syrie envers le Liban qui sont visées, ce sont tous les attentats contre nos leaders politiques qui sont punis. Non, il n’y a rien de ridicule à « remuer ciel et terre » pour obtenir justice. La justice doit être obtenue à tout prix. Oui, il n’y a pas de martyrs plus importants que d’autres, mais ce tribunal-là est justement celui de tous les martyrs, quoiqu’en disent ses détracteurs. Il est faux de dire que « choisir son camp, c’est contribuer au climat de guerre civile qui règne aujourd’hui au Liban ». Avec un tel argument, il n’y aurait plus de résistance qui vaille. Le climat de guerre civile est tout simplement entretenu par ceux qui cherchent à aider la Syrie à retrouver son influence au Liban. Faut-il céder à ce chantage, qui s’apparente à une prise en otages du pays et de son économie (comme le montre bien le scandale des tentes du centre-ville) ou continuer à résister ? À chacun de choisir son camp. « Les esprits libres ne sont jamais inutiles », écrit Mme Khoury. Oui, mais justement un esprit libre est celui qui fait un choix. C’est bien de cette liberté de choisir dont parle M. Sbeih. Au contraire, ce sont ceux qui ne choisissent pas qui sont prisonniers. Prisonniers de leurs incertitudes et de leur lâcheté. Le drame de ce pays est que ses citoyens suivent des hommes plutôt que des idées, et c’est bien cela que dénonçait M. Sbeih. Article paru le Vendredi 20 Juillet 2007
Surpris par la réponse de Pamela Khoury (voir L’Orient-Le Jour du vendredi 13 juillet 2007) à l’excellent article de Nicolas Sbeih (mercredi 11 juillet 2007), je me permets de rappeler à la première la célèbre phrase d’Edmund Burke : « Pour que le mal triomphe, il suffit que les gens bien ne fassent rien. »
Comment peut-on ne pas choisir son camp dans une situation aussi dramatique que celle que vit le Liban actuellement ?
Parlant de « tares indélébiles », Pamela Khoury condamne l’action actuelle de certaines personnalités politiques dont les positions héroïques surprennent plus d’un, en raison de leurs actes passés, certes condamnables, mais révolus et entrepris dans des conditions bien particulières (en période de guerre ou d’hégémonie syrienne). Si l’on suit le raisonnement de Pamela Khoury, il...