Étudiants, travailleurs sociaux et activistes peuvent désormais acquérir un master technique en psychologie sociale les habilitant à mieux gérer les milieux des déplacés et les problèmes sociaux issus des sociétés en crise.
Lancée conjointement par l’Université libanaise et l’Organisation mondiale pour les migrations (OIM) – à l’occasion de la commémoration de la guerre de juillet qui a fait des centaines de milliers de déplacés, notamment au Liban-Sud –, la formation a pour objectif d’aider tous les travailleurs sociaux actuels et futurs qui traitent avec les déplacés à acquérir les outils d’enseignement nécessaires pour mieux répondre aux demandes sur le terrain.
Le programme académique, qui s’étend du mois de septembre au mois de février au rythme de quatre week-ends par mois, est ouvert à tous les étudiants ayant terminé leur licence en psychologie, sociologie, anthropologie, art, théâtre, communication et diplôme d’assistant social.
Il s’adresse également aux professionnels qui ont au moins deux ans d’expérience dans le domaine de l’aide sociohumanitaire.
Supervisé par l’organisation intergouvernementale OIM, le programme sera prodigué en langue arabe et exceptionnellement en anglais, notamment lors du passage des experts de l’OIM qui viendront partager leurs expériences et expertises avec les participants libanais. Venant d’horizons divers – thérapeutes, psychologues, historiens, anthropologues, etc. –, les intervenants étrangers et formateurs libanais entendent doter leurs étudiants du savoir et du savoir-faire nécessaires pour les habiliter à traiter avec les déplacés selon une approche plus rationnelle basée sur la capacité de gestion des séquelles de la guerre et ce, dans l’esprit d’une culture d’intégration adaptée aux spécificités du pays.
« Tout conflit aboutit indiscutablement à des situations anormales. Le danger réside dans le fait de vouloir traiter les victimes des guerres comme des personnes ayant des pathologies », explique Guglielmo Schininà, directeur du programme. Évoquant les expériences de l’OIM dans des pays tels que l’Irak, la Palestine, la Serbie, le Kosovo et les Balkans en général, il précise que l’idée est de travailler sur le renforcement et le développement des capacités des divers acteurs sociaux.
Selon lui, une des règles de base de l’approche envisagée dans la situation des déplacés de la guerre est d’aborder les problèmes posés « sous l’angle individuel et collectif en même temps, les deux niveaux ne pouvant être séparés, de même que le soutien psychologique ne peut être séparé de l’appui social », explique M. Schininà.
Cela signifie que les problèmes doivent être identifiés et examinés sous l’angle de la culture collective d’un groupe social donné, le soutien accordé devant prendre en compte le renforcement du tissu social dans son ensemble.
C’est ce qu’explique d’ailleurs la conseillère scientifique pour ce programme, Anissé el-Amine, docteur en psychologie et psychanalyste, qui souligne l’importance , pour un pays comme le Liban, d’œuvrer à renforcer les capacités au sein du groupe dans le sens d’une intégration au sein de la société dans son ensemble prise sous toutes ses couleurs communautaires et confessionnelles. « Il s’agit notamment de parvenir à ôter les stigmates qui frappent un déplacé en répondant non seulement à ses besoins immédiats, mais également ses besoins à long terme dans une optique d’intégration globale et de rapprochement entre les différentes communautés », explique l’intervenante. Par conséquent, dit-elle, la voie vers la réadaptation devrait se faire en tenant compte des approches historique, socioreligieuse, voire artistique (par le biais du théâtre social), qui sont d’autant plus importantes qu’elles devraient permettre de « guérir les blessures » immédiates et perceptibles, et celles qui sont de l’ordre des clivages sociohistoriques.
C’est la raison pour laquelle la formation a été conçue selon une vision multidisciplinaire, interactive et dynamique, et non exclusivement théorique.
Et M. Schininà de conclure en soulignant l’importance d’une équipe d’experts pour traiter désormais du problème des déplacés et de la migration interne, car, dit-il, il faut bien avoir à l’esprit que les victimes des conflits sont appelées à devenir les acteurs de la paix à venir, sinon les protagonistes de la prochaine guerre.
Les étudiants ou professionnels intéressés par cette formation devraient envoyer leur CV, une lettre de motivation et une lettre de l’employeur (pour ceux qui travaillent) à l’adresse électronique suivante : lmikdashi@iom.int ou au numéro de fax suivant : 00961 1 752108.
Je. J.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats