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CIMAISES L’artiste berlinois Dieter Appelt expose ses « Ramifications » à Arles

L’artiste berlinois Dieter Appelt, chanteur d’opéra, sculpteur et photographe, aime le tourbillon : c’est au bord des remous tourbillonnants du Rhône, au musée Réattu d’Arles, qu’il expose jusqu’au 28 octobre 2007 une vingtaine de ses créations sous le titre « Ramifications ». « Nous avons toujours privilégié au musée Réattu des rencontres avec des artistes qui dialoguent avec les lieux puisque notre musée vit en tête à tête avec le fleuve », souligne la directrice du lieu et commissaire de l’exposition, Michèle Moutashar. Posé au bord d’un des méandres du Rhône, dans un ancien grand prieuré des chevaliers de l’Ordre de Malte, le musée a été le premier en France à ouvrir un département photographique, il y a 42 ans, en 1965. Il construit sa collection, riche entre autres d’une importante donation de dessins de Picasso, sur le croisement des disciplines – sculpture, peinture, photos et sons. Dieter Appelt s’est imposé comme un invité naturel. Âgé de 72 ans, cet ancien chanteur d’opéra qui se définit comme sculpteur utilise la photographie, le dessin, le cinéma et la musique pour construire des images étonnantes « qui questionnent sur le mystère de la vie », relève Mme Moutashar. Dans Le champ (Das Feld), dix-sept tirages photographiques au charbon d’une qualité époustouflante, accrochés les uns à côté des autres, montrent les remous d’une rivière. La juxtaposition donne l’impression de voir s’écouler ce flux aquatique même si le visiteur ne se trouve en fait que devant des images arrêtées. Revisitée spécialement pour l’exposition, cette œuvre évoque une des préoccupations centrales de Dieter Appelt, le passage du temps et les traces que ce passage laisse dans l’espace. Dans une autre série, Space tableaux, l’artiste a posé des objets divers sur un dispositif équivalent au tour d’un potier et les a photographiés en diverses expositions, en les laissant tourner lentement. Les tirages aux sels d’argent donnent l’impression de sentir les matériaux, le grain des pierres. Dieter Appelt, déjà exposé au Guggenheim de New York ou à l’Art Institut de Chicago, aime à travailler par stratification, en superposant les expositions pour montrer « l’épaisseur du temps ». Dans sa série Monte Isola Herbification, on voit des mains comme momifiées, sur lesquelles se sont collées des herbes, des fleurs. La série évoque les ramifications entre le monde des vivants et des morts. « Il a appelé cette exposition “Ramifications” car il aime tisser des liens entre ses œuvres, les lieux, les éléments. Il s’interroge sur la place de l’être dans le monde », affirme Mme Moutashar. L’exposition présente également une sculpture miroir, Perte de vue, et la série La tache que laisse le souffle sur le miroir où l’artiste, alors âgé de 40 ans, laisse un souffle de buée, plus ou moins grand selon les clichés, sur un miroir réfléchissant son visage. Isabelle WESSELINGH (AFP)
L’artiste berlinois Dieter Appelt, chanteur d’opéra, sculpteur et photographe, aime le tourbillon : c’est au bord des remous tourbillonnants du Rhône, au musée Réattu d’Arles, qu’il expose jusqu’au 28 octobre 2007 une vingtaine de ses créations sous le titre « Ramifications ».
« Nous avons toujours privilégié au musée Réattu des rencontres avec des artistes qui dialoguent avec les lieux puisque notre musée vit en tête à tête avec le fleuve », souligne la directrice du lieu et commissaire de l’exposition, Michèle Moutashar.
Posé au bord d’un des méandres du Rhône, dans un ancien grand prieuré des chevaliers de l’Ordre de Malte, le musée a été le premier en France à ouvrir un département photographique, il y a 42 ans, en 1965. Il construit sa collection, riche entre autres d’une...