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Changes La flambée de l’euro au cœur du désordre monétaire mondial

La flambée de l’euro face au dollar et au yen illustre le grand désordre planétaire sur le marché des changes, qui trouve sa source dans des déséquilibres économiques persistants mais aussi dans la volonté tacite de certains pays de voir leur monnaie s’affaiblir. L’euro a enregistré hier un nouveau sommet historique face au billet vert, à 1,3787 dollar, et inscrit record sur record face au yen. La livre sterling suit également une ascension spectaculaire et vient d’atteindre un sommet depuis 26 ans à 2,0352 dollars. Si le billet vert est miné depuis quatre ans par le déficit des comptes courants et du budget américains, l’euro est à l’inverse soutenu par le relèvement des taux d’intérêt engagé par la BCE, qui rend les placements en zone euro plus attractifs, et par le relatif dynamisme économique du continent. Le yen est, quant à lui, plombé par la reprise incertaine de l’économie japonaise, assortie d’une inflation atone et des taux d’intérêt directeurs les plus bas des pays riches (0,50 %). Le jeu des marchés financiers exacerbe ces déséquilibres, à travers des opérations massives de « carry trade » : les investisseurs empruntent en monnaies à bas taux comme le yen ou le franc suisse, pour les placer en monnaies à taux d’intérêt élevés, comme l’euro, le dollar ou la livre. Mais les phénomènes macroéconomiques n’expliquent pas tout. Ainsi, au grand dam des États-Unis et des Européens, les autorités chinoises maintiennent le yuan à un niveau artificiellement bas pour stimuler leurs exportations. La Chine a encore enregistré un excédent record en juin et est en passe d’avoir un surplus gigantesque sur l’année 2007. Pourtant, les États-Unis mènent aussi une politique de dévaluation tacite de leur monnaie, en laissant leurs déficits filer. Elle donne un peu d’air aux exportateurs américains, d’autant plus que les réformes pour combler les déficits nationaux seraient politiquement et socialement douloureuses. Les autorités monétaires nippones sont également accusées de surjouer la fragilité de leur économie pour retarder la normalisation de leurs taux d’intérêt et stimuler leurs exportations. L’euro et la livre sterling se retrouvent donc à jouer le rôle de variables d’ajustement à la hausse du marché des changes, pratiquement sans faire de remous, sauf en France. En Grande-Bretagne, la croissance est forte à environ 3 % en rythme annuel, tirée par des services financiers, malgré des taux d’intérêt à près de 6 %. Et dans la zone euro, les situations économiques différentes créent des intérêts nationaux divergents. Les économies espagnole et irlandaise surchauffées doivent plutôt chercher un atterrissage en douceur, l’Allemagne, qui a mené ces dernières années de difficiles réformes structurelles, jouit aujourd’hui d’une croissance et d’exportations dynamiques malgré l’euro fort. Aussi, coupe-t-elle court systématiquement aux attaques du président français Nicolas Sarkozy contre le niveau de l’euro et la politique de la Banque centrale européenne. Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui préside l’Eurogroupe, la réunion mensuelle des ministres des Finances de la zone euro, minimise lui aussi l’impact des nouveaux records de la monnaie unique. Il a jugé hier qu’ils ne mettaient « pas en danger la croissance ». Des industriels français comme Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH, ou Louis Gallois, coprésident du groupe d’aéronautique et de défense européen EADS, montent cependant au front. « Chaque fois que l’euro prend 10 cents, notre compte d’exploitation se dégrade d’un milliard d’euros », a indiqué M. Gallois.

La flambée de l’euro face au dollar et au yen illustre le grand désordre planétaire sur le marché des changes, qui trouve sa source dans des déséquilibres économiques persistants mais aussi dans la volonté tacite de certains pays de voir leur monnaie s’affaiblir.
L’euro a enregistré hier un nouveau sommet historique face au billet vert, à 1,3787 dollar, et inscrit record sur record face au yen. La livre sterling suit également une ascension spectaculaire et vient d’atteindre un sommet depuis 26 ans à 2,0352 dollars.
Si le billet vert est miné depuis quatre ans par le déficit des comptes courants et du budget américains, l’euro est à l’inverse soutenu par le relèvement des taux d’intérêt engagé par la BCE, qui rend les placements en zone euro plus attractifs, et par le relatif dynamisme économique du...