Face aux « campagnes d’exploitation politique » qui ont fusé après la publication du dernier communiqué de Bkerké, le gouvernement a choisi de contenir les critiques du patriarcat maronite tout en clarifiant et corrigeant les points invoqués par le texte des prélats.
Concernant l’acquisition des terres par les étrangers, les ministres ont indiqué que le gouvernement n’a, à aucun moment, violé la loi : « Le gouvernement n’a absolument pas outrepassé la loi », a ainsi indiqué le ministre de l’Information, Ghazi Aridi, à l’issue du Conseil des ministres, qui a souligné que « la totalité des acquisitions de terres par les non-Libanais est de 0,1 % et se situe très loin du seuil fixé par la loi », qui s’élève à 3 %.
Le ministre de l’Information a en outre fait savoir que le pourcentage de chrétiens ayant intégré les FSI avait sensiblement augmenté durant le mandat de l’actuel cabinet, puisque les chrétiens forment 33,04 % du total des FSI, contre 28,85 % sous les précédents gouvernements.
S’attardant d’autre part sur le projet de loi portant adhésion du Liban à la Charte des droits de l’enfant musulman, les ministres ont indiqué qu’ils étaient « prêts à prendre en considération les critiques et les réserves » émises mardi dernier dans le communiqué des prélats maronites. Le gouvernement a néanmoins fait savoir qu’il avait émis une réserve importante stipulant que l’adhésion ne doit pas « avoir d’impact sur les droits des enfants non musulmans, notamment pour tout ce qui touche à l’état civil ». Les ministres ont également rappelé qu’ils avaient enregistré quatre réserves qui ont rapport avec « la liberté de croyance et le respect de la Constitution et des lois », mais que de toute évidence « certaines instances spirituelles n’ont pas estimé être suffisantes ».
Le Conseil des ministres a également décidé de revenir sur sa décision d’annuler le congé du vendredi saint. Des sources autorisées ont de plus indiqué que les ministres avaient consacré une partie non négligeable de la session ministérielle à analyser « la vague de diffamations », sous prétexte « d’islamisation du pays ». Les discussions ont aussi été axées sur la composition du gouvernement, qui, depuis la démission des ministres chiites, est formé de 17 ministres dont 10 sont chrétiens. Un élément qui, pour le gouvernement, « rejette définitivement les campagnes d’accusations » émanant de l’opposition depuis la publication du communiqué des évêques. Une opposition qui cherche à exploiter « la position de Bkerké » et à pousser le patriarcat « à prendre part au bazar politique ». Le Conseil des ministres a parallèlement réaffirmé son engagement à préserver le partenariat islamo-chrétien de manière permanente, lequel constitue le fondement de l’existence du Liban et sur la base duquel sont effectués les choix nationaux essentiels pour préserver l’indépendance, la stabilité et le mode de vie unique du pays.
Sur le dossier du tribunal international, le Conseil des ministres a examiné les noms des 12 juges – qui avaient auparavant été soumis au Conseil supérieur de la magistrature (CSM) – pour les faire parvenir au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, afin que ce dernier choisisse les quatre magistrats libanais qui siégeront au sein du tribunal spécial pour le Liban.
Au niveau sécuritaire, et malgré une volonté affichée de ne pas devancer le cours de l’enquête concernant les membres interpellés de Fateh el-Islam, des sources ministérielles ont assuré que ce groupuscule était impliqué dans l’assassinat du ministre de l’Industrie et député Pierre Gemayel. Ces mêmes sources ont aussi déclaré qu’il était désormais prouvé que Fateh el-Islam avait des liens certains avec une force régionale connue.
S’attardant sur la réunion qui aura lieu du 14 au 16 juillet à La Celle-Saint-Cloud, le Premier ministre Fouad Siniora a indiqué que cette conférence constituait « une occasion de briser la glace et de permettre aux Libanais de se retrouver, ce qui en soi est important ».
Dans une conversation avec les journalistes à l’issue du Conseil des ministres, Ghazi Aridi est revenu sur le tollé qui a entouré le projet de signature de la Charte des droits de l’enfant musulman. Il a précisé que le gouvernement « n’a pas commis de faute, ni quelque chose d’effrayant, nous n’avons pas pris la fuite ».
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Concernant l’acquisition des terres par les étrangers, les ministres ont indiqué que le gouvernement n’a, à aucun moment, violé la loi : « Le gouvernement n’a absolument pas outrepassé la loi », a ainsi indiqué le ministre de l’Information, Ghazi Aridi, à l’issue du Conseil des ministres, qui a souligné que « la totalité des acquisitions de terres par les non-Libanais est de 0,1 % et se situe très loin du seuil fixé par la loi », qui s’élève à 3 %.
Le ministre de l’Information a en outre fait savoir que le pourcentage de...