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Cyclisme - Tour de France Pour oublier le dopage

Le Tour de France part aujourd’hui de Londres, écrin somptueux au prologue de sa 94e édition, dans une ambiance alourdie par le sujet récurrent du dopage qui a même éclaboussé préventivement son favori, le Kazakh Alexandre Vinokourov. « De la fraîcheur ! » s’est exclamé Christian Prudhomme pour définir son espérance au départ de ce premier Tour placé sous sa seule responsabilité. Un an après une course passionnante terminée en queue de poisson, la grande boucle cherche en effet à retrouver une crédibilité sportive entamée par les déboires de son sport, une sérénité oubliée depuis le développement des affaires. Multiplication des contrôles inopinés, engagements divers ont animé la chronique des dernières semaines en même temps que les aveux des dérives du passé et des cas plus récents. Du coup, nombre de visages habituels (Riis, Stanga pour les directeurs sportifs, Basso, Petacchi, Kessler pour les coureurs) ont disparu du paysage du Tour qui souhaite faire place nette à la course, le cœur d’une épreuve centenaire devenue un monument du patrimoine français, une fête autant qu’un événement sportif. Vinokourov est-il le seul vrai favori du Tour ? La logique désigne le coureur kazakh qui ne fait pas mystère de ses ambitions. L’équipe Astana, l’une des plus puissantes du peloton, a été construite pour lui. À 33 ans, il abat peut-être de son propre aveu sa dernière carte pour gagner le Tour dans lequel il n’a pu défendre ses chances l’année passée. Le contexte joue pour l’instant en sa défaveur. Depuis qu’il a reconnu sa collaboration avec le préparateur italien Michele Ferrari, « Vino » est directement exposé à la suspicion sur l’authenticité de ses performances à venir. Sera-t-il usé, voire déstabilisé, par les réactions engendrées par ces déclarations, par le climat pesant qui s’est développé autour de lui ? L’ancien champion Laurent Fignon place sur le même plan son coéquipier, l’Allemand Andreas Klöden, au registre complet lui aussi (et même légèrement supérieur en contre-la-montre) bien que d’un tempérament attentiste. Mais, au sein de l’équipe Astana, la hiérarchie est claire. « Quand Klöden a signé, c’était pour aider Vinokourov à gagner le Tour », rappelle Marc Biver, le responsable de l’équipe. Qui est appelé à briller ? Dans le peloton des 189 coureurs (21 équipes), ils sont nombreux à se bousculer au portillon qui donne accès au podium des Champs-Élysées, avec Vinokourov et Klöden. En provenance d’Espagne (Valverde, Sastre), des États-Unis (Leipheimer), de Russie (Menchov), d’Australie (Evans), voire du Luxembourg (F. Schleck) et même de France, puisque Christophe Moreau s’est découvert, à l’âge de 36 ans, des ambitions nouvelles. Pour eux, tout est possible dans un Tour dont le favori, Vinokourov, est plus réputé pour attaquer que pour cadenasser la course. À moins que la jeune génération (T. Dekker, Kashechkin, Contador) saute sur l’opportunité de bousculer le calendrier. Le Tour, vitrine incomparable exposée à la vue du monde entier, offre aussi toute leur place aux sprinteurs (Boonen, McEwen, Bennati, Hushovd, Freire, Zabel, Cavendish) et aux spécialistes du contre-la-montre (Cancellara, Zabriskie, Millar, Wiggins, etc). Ainsi, bien sûr, qu’aux grimpeurs, lesquels sont le plus souvent placés au classement général. Le parcours avantage-t-il les grimpeurs ou les rouleurs ? Sans surprise-choc, hormis l’arrivée au sommet de l’Aubisque (une première depuis 22 ans), le parcours garde son dosage habituel des difficultés, du prologue de Londres au défilé parisien le 29 juillet. Deux longs contre-la-montre, trois arrivées au sommet, sont autant de temps forts prévisibles. Les organisateurs espèrent que le dessin général, une étape sélective à travers le Morvan (Autun) pendant la première semaine et la situation du premier grand contre-la-montre entre les deux massifs montagneux (Alpes puis Pyrénées), facilitera une course ouverte, offensive, généreuse. Pour que les mots d’audace, de panache, de prise de risques, reprennent tout leur sens. Le public, qui vient toujours en foule sur les routes du Tour malgré les troubles de ces dernières années, le mérite.
Le Tour de France part aujourd’hui de Londres, écrin somptueux au prologue de sa 94e édition, dans une ambiance alourdie par le sujet récurrent du dopage qui a même éclaboussé préventivement son favori, le Kazakh Alexandre Vinokourov.
« De la fraîcheur ! » s’est exclamé Christian Prudhomme pour définir son espérance au départ de ce premier Tour placé sous sa seule responsabilité. Un an après une course passionnante terminée en queue de poisson, la grande boucle cherche en effet à retrouver une crédibilité sportive entamée par les déboires de son sport, une sérénité oubliée depuis le développement des affaires.
Multiplication des contrôles inopinés, engagements divers ont animé la chronique des dernières semaines en même temps que les aveux des dérives du passé et des cas plus récents. Du coup,...