À lui seul, le Kazakh Alexandre Vinokourov remet à la mode les équipes nationales, qui ont disparu depuis une quarantaine d’années dans le Tour de France, à travers la formation Astana dont il est le concepteur et le leader.
Si le passeport et le siège installé à Neuchâtel donnent une immatriculation suisse à l’équipe, Astana incarne le Kazakhstan, cet immense pays, grand comme cinq fois la France, intégré jusqu’au début des années 1990 au bloc soviétique.
Son nom n’est autre que celui de la nouvelle capitale. Son argent vient de plusieurs des plus importantes sociétés kazakhes. Quant à son maillot, il arbore fièrement les couleurs de ce géant (le 9e du monde par sa superficie), frontalier avec la Russie et la Chine mais encore mal connu en Europe de l’Ouest malgré un développement spectaculaire et récent.
« Vino », au grand prestige dans son pays depuis sa médaille d’argent des JO de Sydney 2000, a su convaincre les siens. L’équipe s’est formée autour de lui l’an dernier dans le dessein initial de l’aider à conquérir la victoire dans le Tour de France, une course qu’il s’est convaincu de pouvoir gagner depuis sa troisième place de l’édition du Centenaire en 2003.
La quasi-totalité des coureurs kazakhs du peloton, anciens (Mizourov, Yakovlev) ou jeunes (Bazayev, Iglinskiy, Kolessov, etc.), l’a rejoint. Trop heureux de porter le maillot de couleur bleu turquoise éclairé d’un soleil et d’un aigle d’or.
La venue de coureurs d’expérience, connus pour la plupart par Vino dans son ancienne formation T-Mobile (Kloden, Savoldelli, Kessler, Ivanov, Mazzoleni), a étoffé le groupe.
Pour procéder à l’amalgame et montrer l’originalité de son équipe, Vinokourov a insisté en début d’année pour que tous, Kazakhs et « étrangers », fassent le lointain déplacement jusqu’à Astana (plus de 5 000 km) pour assister à la présentation officielle.
Ce jour-là, dans la froidure (moins 10 degrés) de la mi-janvier, les coureurs ont côtoyé dans une cérémonie à grand spectacle le Premier ministre Karim Massimov, le ministre de la Défense Daniel Akhmatov (et président de la Fédération kazakhe de cyclisme) et de nombreux invités venus supporter, hymne national à l’appui, Vino et son héritier présomptif, Andrey Kashechkin (27 ans).
Avec une équipe derrière lui, même si Kloden, deux fois sur le podium du Tour, affiche lui aussi un profil de vainqueur, Vinokourov se présente pour la première fois au départ en favori. Mains libres et tête haute, affirme-t-il, malgré l’inévitable suspicion qui le guette depuis qu’il travaille – désormais ouvertement – avec le préparateur italien Michele Ferrari.
Dans sa conquête du Tour de France, Vino a au moins un point commun avec le dernier maillot jaune du Tour 2006, l’Américain Floyd Landis. Tous deux utilisent un vélo BMC, la marque suisse haut de gamme créée par Andy Rihs (le fondateur de Phonak).
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À lui seul, le Kazakh Alexandre Vinokourov remet à la mode les équipes nationales, qui ont disparu depuis une quarantaine d’années dans le Tour de France, à travers la formation Astana dont il est le concepteur et le leader.
Si le passeport et le siège installé à Neuchâtel donnent une immatriculation suisse à l’équipe, Astana incarne le Kazakhstan, cet immense pays, grand comme cinq fois la France, intégré jusqu’au début des années 1990 au bloc soviétique.
Son nom n’est autre que celui de la nouvelle capitale. Son argent vient de plusieurs des plus importantes sociétés kazakhes. Quant à son maillot, il arbore fièrement les couleurs de ce géant (le 9e du monde par sa superficie), frontalier avec la Russie et la Chine mais encore mal connu en Europe de l’Ouest malgré un développement spectaculaire et...