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Actualités - Opinion

Lahoud en quête d’une couverture opposante pour toute option qu’il retiendrait Émile KHOURY

Le président Lahoud n’a pas encore décidé de ce qu’il ferait en cas d’impasse dans la formation d’un cabinet d’union ou dans la présidentielle. Il poursuit ses concertations à ce propos. Son souci premier étant que les forces de l’opposition devraient assumer, à ses côtés, la responsabilité de toute démarche qu’il adopterait. Dans la mesure même où la crise risquerait d’en être encore aggravée, ce qui n’est pas peu dire. Or, au stade actuel, M. Lahoud doit sans doute s’en rendre compte, l’opposition présente un front par trop désuni. – Ainsi, certains sont résolument contre l’idée d’un second gouvernement. Ils y voient un risque évident de partition. Mais aussi de troubles, de secousses extrêmement graves. Dans le cas, par exemple, où le 8 Mars chercherait à prendre le contrôle de bâtiments publics et se heurterait au 14 Mars. Sans que l’armée, tenante de la neutralité politique, n’intervienne en faveur de l’un ou de l’autre camp. Cependant, si cette éventualité qu’ils redoutent devait prendre corps, ces opposants en imputeraient la responsabilité non à l’agressivité de leurs partenaires, mais à la majorité. En affirmant que c’est son obstination et son goût du pouvoir monopolisé qui auraient précipité le pays dans le gouffre. – Mais d’autres, qui gravitent de très près dans l’orbite déstabilisatrice de Damas, militent pour un second gouvernement et sont même pressés. Il faut en effet agir, soutiennent-ils, avant que les loyalistes n’organisent les législatives partielles au Metn et à Beyrouth. Et avant que ne s’achève le processus de composition du tribunal international, donc avant la désignation des juges libanais. Tout comme avant que Serge Brammertz ne dépose ses conclusions, un rapport d’enquête qui pourrait être déterminant et accablant. Un second gouvernement permettrait, pensent les fidèles de Damas dont le tribunal est la bête noire, de court-circuiter la nomination des juges libanais et même de faire relâcher les quatre généraux. Tout en sabotant les législatives, grâce à l’anarchie qui régnerait alors sur la scène locale. Dans ces conditions, estiment ces radicaux, la majorité pourrait lâcher du lest du côté de la présidentielle en concédant un président qui serait persona grata aux yeux du régime syrien. – Une troisième tendance, tout en mettant en garde contre l’illégalité manifeste d’un recours à un second gouvernement, estime qu’on pourrait le justifier, en cas de persistance de l’impasse politique, par la nécessité pour le chef de l’État de confier les rênes à un cabinet politiquement légitime ou politiquement correct. Ces flottants précisent qu’à cet effet, l’équipe devrait être populairement admise. Donc qu’elle ne devrait constituer un défi pour personne. Et certains jugent qu’elle devrait être formée de militaires, étant donné que l’institution est politiquement neutre. Sa mission étant de meubler le temps en attendant un accord sur la présidentielle. Priorité Cependant, les contacts extérieurs sont désormais axés sur cette conclusion : il est inutile de parler d’un nouveau, ou d’un second, gouvernement au Liban, du moment que la présidentielle est si rapprochée et qu’il ne pourrait qu’expédier les affaires courantes. Il faut dès lors aller à l’essentiel en engageant des négociations pour un accord entre majoritaires et opposants sur un président de consensus. Et la Syrie ? Les observateurs estiment qu’elle n’utilise la potentialité d’un second gouvernement que dans un cadre, traditionnel pour ainsi dire, d’intimidation et de pression. Son but étant de forcer la majorité, via ses alliés du cru, à lui concéder un président qui lui serait favorable. Selon ces sources, au cas où elle se trouvait de nouveau dépitée, la Syrie pourrait bien réagir non seulement par le biais d’un second gouvernement, mais aussi, et surtout, par une nouvelle série de coups violents, voire assassins. Toujours au vu et au su de la communauté internationale et des USA, qu’elle ne craint pas de défier. Car elle sait que, pour d’innombrables raisons, son régime reste à l’abri.
Le président Lahoud n’a pas encore décidé de ce qu’il ferait en cas d’impasse dans la formation d’un cabinet d’union ou dans la présidentielle. Il poursuit ses concertations à ce propos. Son souci premier étant que les forces de l’opposition devraient assumer, à ses côtés, la responsabilité de toute démarche qu’il adopterait. Dans la mesure même où la crise risquerait d’en être encore aggravée, ce qui n’est pas peu dire. Or, au stade actuel, M. Lahoud doit sans doute s’en rendre compte, l’opposition présente un front par trop désuni.
– Ainsi, certains sont résolument contre l’idée d’un second gouvernement. Ils y voient un risque évident de partition. Mais aussi de troubles, de secousses extrêmement graves. Dans le cas, par exemple, où le 8 Mars chercherait à prendre le contrôle de...