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Actualités - Opinion

Discrètes tractations en vue d’un cabinet de technocrates Philippe ABI-AKL

Certains pôles s’activent, loin des feux de la rampe par souci d’efficacité, pour substituer à l’initiative avortée de Moussa une médiation interne. Sur recommandations, d’ailleurs, du secrétaire général de la Ligue qui a pressé les protagonistes locaux à prendre conscience de la gravité de l’heure pour se retrouver et négocier d’une façon ou d’une autre. On aura noté avec intérêt qu’à l’issue de son entretien avec le président Berry, Michel Murr a assuré que 50 % des problèmes ont déjà été résolus et qu’il s’efforce de régler l’autre moitié. Selon des sources informées, on discuterait principalement de la mise en place d’un cabinet de technocrates, vu l’échec patent des tentatives de former un gouvernement d’union avec ou sans tiers de blocage. Bien entendu, cette équipe serait sinon neutre (qui donc peut l’être vraiment ?), du moins parfaitement indépendante du 8 ou du 14 Mars. Il s’agirait d’universitaires ou d’hommes d’affaires, et de pôles des professions libérales. La tendance est soutenue, il convient de le souligner, par le président Lahoud. Dont les visiteurs rapportent qu’il s’en est ouvert au patriarche Sfeir. Selon ces sources, le chef de l’État n’est pas encore entré dans les détails, se contentant d’exposer le principe d’une sélection ministérielle à caractère apolitique en attendant que les fractions concernées se prononcent sur le principe. Il estime qu’il pourrait y avoir là un début de sortie de crise, avec levée du sit-in des tentes et préparation de la présidentielle. Réticences Cependant, toujours selon les mêmes témoins, le président Lahoud relève pour l’heure que les deux camps antagonistes semblent pareillement hostiles à l’instauration d’un cabinet de technocrates. Cela bien que le climat ne se prête manifestement pas à une solution de cabinet politique d’union. En tout cas, ajoutent les visiteurs de Baabda, M. Lahoud a prié l’opposition de se fixer avant la mi-juillet. Pour qu’il puisse ensuite proclamer ce qu’il compte faire, avant les partielles. Car il campe toujours sur ses positions : il n’est pas question pour lui de laisser les rênes au gouvernement Siniora. Il lui faudra donc trouver autre chose qu’une passation ordinaire des pouvoirs au cas où la situation reste en l’état. Son initiative, quelle qu’elle soit, resterait strictement inscrite dans les limites de la Constitution, promet-il. Idée rejetée En pratique, souligne un ministre, l’intéressé n’a qu’une marge de manœuvre constitutionnelle insignifiante. Les minces prérogatives que Taëf lui a laissées ne lui permettent ni de dissoudre la Chambre, pour se débarrasser de la majorité, ni de nommer un gouvernement de son propre chef. Sans compter que le patriarche Sfeir l’a mis en garde contre une initiative partitionniste de la sorte. Et sans compter aussi que les aounistes et même certains cadres hezbollahis se disent réservés par rapport à un tel aventurisme. De leur côté, les pôles sunnites font savoir, à l’unisson, que M. Lahoud ne devrait pas trop se mêler de la désignation d’un clone du Premier ministre en place. Ils rappellent que lorsque certains pôles musulmans avaient songé à le dégommer lui-même, ils avaient fini par s’en abstenir pour ne pas empiéter sur les plates-bandes de Bkerké. Enfin, à l’extérieur, notamment du côté de la Ligue, on s’alarme et l’on met en garde contre la partition qu’entraînerait la mise en place d’un second gouvernement au Liban. Les législatives Au Metn, comme à Beyrouth, les clés électorales s’activent en vue des partielles. Les fractions concernées s’efforcent, dans les deux circonscriptions, de s’entendre sur une personnalité déterminée. Dans la capitale, l’on évoque le plus souvent le nom de l’ancien député Tammam Salam. Pour ce qui est du Metn, l’on entend fredonner une chansonnette de consensus à caractère fortement symbolique et exemplaire. Dans ce sens qu’il s’agirait d’un accord entre forces politiques antagonistes, qui servirait de modèle pour des arrangements à l’échelon national. Mais évidemment, ces bons sentiments peuvent se volatiliser à tout moment, du fait de Damas et de ses inconditionnels. Opposés, à l’instar de M. Lahoud lui-même, aux partielles, sous prétexte que le décret de convocation émane d’un gouvernement inexistant. Dans cette obstruction, comme dans la menace de mise en place d’un gouvernement bis, les loyalistes ne voient que la sempiternelle propension syrienne à l’intimidation. Le but étant, entre autres, de mieux torpiller la saison d’été, tout en faisant (encore plus) peur aux Libanais.
Certains pôles s’activent, loin des feux de la rampe par souci d’efficacité, pour substituer à l’initiative avortée de Moussa une médiation interne. Sur recommandations, d’ailleurs, du secrétaire général de la Ligue qui a pressé les protagonistes locaux à prendre conscience de la gravité de l’heure pour se retrouver et négocier d’une façon ou d’une autre. On aura noté avec intérêt qu’à l’issue de son entretien avec le président Berry, Michel Murr a assuré que 50 % des problèmes ont déjà été résolus et qu’il s’efforce de régler l’autre moitié. Selon des sources informées, on discuterait principalement de la mise en place d’un cabinet de technocrates, vu l’échec patent des tentatives de former un gouvernement d’union avec ou sans tiers de blocage. Bien entendu, cette équipe...