Dix ans après la rétrocession de Hong Kong, Shanghai n’a toujours pas détrôné sa rivale du Sud comme première place financière chinoise, mais pour certains analystes son avènement est inévitable.
Depuis 1997, de plus en plus de sociétés ont déménagé leur siège de l’ancienne colonie britannique vers la Chine et ses marchés prometteurs, avec comme tête de pont Shanghai. C’est le chemin qu’a suivi Barco, un groupe belge spécialisé dans les solutions d’affichage et de visualisation.
« La principale raison résidait dans les énormes opportunités de croissance dont il fallait nous occuper. Pour cela, nous avions besoin de construire une équipe plus importante », explique Frank Christiaens, directeur général de Barco Chine, présent à Shanghai depuis 2002.
La décision s’est révélée rentable, car pour la société, dont les compétences vont du secteur de l’imagerie médicale à celui de l’aéronautique en passant par les médias, la Chine représente désormais près de 10 % de ses 750 millions d’euros de revenus annuels.
« Vous ne pouvez pas gérer des affaires en Chine à partir de Hong Kong », juge désormais M. Christiaens. « Quand nous réalisons de gros projets, comme pour les Jeux olympiques de 2008, les clients s’attendent à ce qu’un membre important de l’équipe soit basé sur le continent », ajoute-t-il.
Cependant, les prévisions des Cassandre ne se sont pas réalisées : Hong Kong (7 millions d’habitants) n’a pas perdu son statut de place financière et de services au profit de Shanghai (17 millions). Sous l’impulsion du gouvernement chinois, les deux cités ont plutôt joué de leur complémentarité.
« Les point forts des deux villes sont la Bourse, mais elles affichent leurs différences, Hong Kong attirant les capitaux internationaux, alors que Shanghai reste un marché relativement fermé », note You Anshan, responsable du centre de recherches sur Hong Kong et Macao à l’Académie des sciences sociales de Shanghai.
Le directeur général de Barco souligne aussi que Hong Kong reste indispensable, en raison de sa main-d’œuvre hautement qualifiée, efficace et orientée vers l’international.
« Nous avons encore notre équipe de Hong Kong et nous avons besoin d’eux pour leur savoir-faire », dit-il, ajoutant que trouver en Chine des gens aussi qualifiés est un « défi important ».
Sur le long terme, Hong Kong aura cependant de plus en plus de difficultés à conserver sa place, avertit Friedrich Wu, professeur à l’Université technologique de Nanyang à Singapour.
« Dans dix ans, la fin du rôle économique de Hong Kong comme interface incontestée entre la Chine et le reste du monde au profit de certaines des villes intermédiaires du continent sera aussi inévitable qu’inexorable », affirme-t-il.
Le professeur pointe déjà des signes avant-coureurs du déclin, comme la perte de son premier rang mondial pour le trafic portuaire, Hong Kong étant désormais derrière Singapour et Shanghai.
Au niveau de la Bourse également, Hong Kong a été supplantée par les Bourses de Shanghai et Shenzhen réunies (en termes de volume de transactions).
« Avec le temps, Shanghai va devenir un centre financier de premier plan en raison des surplus de capitaux du continent », estime Andy Xie, économiste indépendant.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dix ans après la rétrocession de Hong Kong, Shanghai n’a toujours pas détrôné sa rivale du Sud comme première place financière chinoise, mais pour certains analystes son avènement est inévitable.
Depuis 1997, de plus en plus de sociétés ont déménagé leur siège de l’ancienne colonie britannique vers la Chine et ses marchés prometteurs, avec comme tête de pont Shanghai. C’est le chemin qu’a suivi Barco, un groupe belge spécialisé dans les solutions d’affichage et de visualisation.
« La principale raison résidait dans les énormes opportunités de croissance dont il fallait nous occuper. Pour cela, nous avions besoin de construire une équipe plus importante », explique Frank Christiaens, directeur général de Barco Chine, présent à Shanghai depuis 2002.
La décision s’est révélée rentable, car...