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Nationalisation La Russie poursuit la reprise en main des secteurs d’économie stratégiques

La Russie poursuit sa reprise en main des secteurs les plus « stratégiques » de son économie, comme la major pétrolière BP semble devoir bientôt l’expérimenter à son tour, les investisseurs étrangers demeurant imperturbables face à l’ascendant croissant de l’État. Le champ gazier géant de Kovykta, près du lac Baïkal en Sibérie, pourrait très rapidement changer de main, dénouant ainsi la crise qui oppose depuis des mois le russo-britannique TNK-BP, dont BP détient la moitié, aux autorités russes. Des négociations sont en cours entre Gazprom, BP et les autorités russes, et tout laisse à penser que le géant gazier public en sera le principal gagnant. L’affaire rappelle à beaucoup d’égards celle du gigantesque projet gazier et pétrolier Sakhaline 2 en Extrême-Orient russe. Ses opérateurs, la major anglo-néerlandaise Royal Dutch Shell et les sociétés japonaises de négoce Mitsui et Mitsubishi, avaient été contraints de céder une part majoritaire à Gazprom après des mois de pression de Moscou sur le thème de l’environnement. Pour l’heure, les investisseurs étrangers ne semblent pourtant pas particulièrement inquiets de la situation dans le pays. Selon la Banque mondiale, ils y ont investi des montants record au premier trimestre : 9,8 milliards de dollars (soit presque trois fois plus qu’au début 2006), dont plus des deux tiers dans l’industrie minière. Quant aux milliers d’hommes d’affaires présents au Forum économique de Saint-Pétersbourg au début du mois, ils paraissaient tous bien disposés à l’égard d’une économie en plein boom, dont les fondamentaux restent remarquablement sains, de l’avis des économistes. Le patron de BP, Tony Hayward, a lui-même indiqué qu’il entendait continuer à investir en Russie. Ci et là, certains critiquent cette reprise en main, comme le Premier ministre britannique sur le départ, Tony Blair, qui s’est attiré les foudres de la Russie en l’appelant à « respecter les valeurs communes », faute de quoi « les gens pourraient être tentés de faire moins d’affaires » avec elle. En Russie même, les voix dissonantes sont rares, mais ne passent pas inaperçues lorsqu’elles émanent d’un magnat de la métallurgie comme Vladimir Potanine : l’oligarque a critiqué la posture des représentants de l’État dans les directoires d’entreprise où ils siègent, leur reprochant « de prendre des décisions conformes aux directives » officielles et non aux intérêts de la société. Pour Iaroslav Lissovolok, chef économiste de la banque Deutsche UFG à Moscou, une affaire comme Kovykta va probablement inciter les investisseurs étrangers « à la prudence », mais certainement pas les prendre par surprise, car « l’idée que le pétrole est un secteur stratégique est de mieux en mieux intégrée ». Cette notion fait toute la différence, explique-t-il. Et le gouvernement russe semble décidé à éclairer la lanterne des investisseurs dans une loi actuellement en cours d’élaboration et qui pourrait être examinée prochainement par la Douma, la Chambre basse du Parlement. Le texte limitera l’accès des investisseurs étrangers aux secteurs dits « stratégiques ». « C’est le plus important des éléments que nous attendons de la Russie : une délimitation claire entre ce qui est stratégique et ce qui ne l’est pas », souligne M. Lissovolok. « Une fois que nous aurons une règle du jeu claire, je suis sûr que cela devrait bénéficier aux investissements », juge-t-il.

La Russie poursuit sa reprise en main des secteurs les plus « stratégiques » de son économie, comme la major pétrolière BP semble devoir bientôt l’expérimenter à son tour, les investisseurs étrangers demeurant imperturbables face à l’ascendant croissant de l’État.
Le champ gazier géant de Kovykta, près du lac Baïkal en Sibérie, pourrait très rapidement changer de main, dénouant ainsi la crise qui oppose depuis des mois le russo-britannique TNK-BP, dont BP détient la moitié, aux autorités russes.
Des négociations sont en cours entre Gazprom, BP et les autorités russes, et tout laisse à penser que le géant gazier public en sera le principal gagnant.
L’affaire rappelle à beaucoup d’égards celle du gigantesque projet gazier et pétrolier Sakhaline 2 en Extrême-Orient russe.
Ses opérateurs, la...