L’économie américaine a toutes les chances de connaître un atterrissage en douceur, mais on ne peut exclure le risque de la voir caler, a averti hier le Fonds monétaire international (FMI) en évoquant les précédentes récessions.
« Nous partageons le point de vue des autorités américaines comme quoi un atterrissage en douceur est le scénario le plus probable, avec une reprise de la croissance et une baisse de l’inflation », a estimé le FMI dans son rapport annuel sur l’état de l’économie.
L’activité devrait s’accélérer avec la dissipation de la crise immobilière, la reprise de l’investissement d’entreprises et la croissance dans le reste du monde. Cela laisse prévoir un scénario de croissance de 2 % en 2007 en moyenne, a estimé le Fonds qui a révisé à la baisse sa précédente estimation (+2,2 %). La croissance devrait atteindre 2,75 % en 2008.
Mais il y a des risques dans ce scénario, a averti le Fonds.
« La croissance est dangereusement proche de la vitesse de décrochage de 2 % associée aux récessions que nous avons connues dans le passé, même s’il n’est pas évident que d’autres facteurs (hausse du chômage et des taux d’intérêt) soient présents », selon le rapport.
L’économie américaine a affiché une croissance de 0,6 % seulement (en rythme annuel) au premier trimestre, et les économistes tablent dans leur majorité sur un net rebond au deuxième.
Cependant, le spectre de la récession a refait surface à plusieurs reprises ces derniers mois, notamment lorsque l’ancien président de la Réserve fédérale (Fed) Alan Greenspan avait jugé possible que ce scénario se produise d’ici à la fin de l’année.
Le FMI a mis en garde contre deux dangers majeurs : un affaiblissement de la consommation, « compte tenu du ralentissement actuel de l’immobilier résidentiel », et un durcissement des conditions d’emprunt.
La consommation est le pilier central de la croissance américaine. Les économistes redoutent que la crise de l’immobilier ne l’affecte par le biais d’une perte de confiance des ménages et d’une baisse de leur pouvoir d’achat.
Le Fonds a par ailleurs prédit que l’inflation de base, mesurée hors alimentation et énergie, allait revenir « sous 2 % en 2007 et 2008 ».
Mais là aussi, il y a un bémol : la faiblesse du chômage et la hausse du coût des matières premières « pourraient se répercuter sur les prix ».
Dans ce contexte, le niveau actuel des taux directeurs de la Banque centrale, fixé à 5,25 % depuis un an, « semble cohérent avec un atterrissage en douceur ».
Abordant le sujet des marchés financiers, le Fonds a souligné les « nouveaux défis » qui se posent en matière de réglementation.
« Les conditions favorables sur les marchés ont encouragé la prise de risques, ce qui peut abaisser les standards de prêt, comme cela s’est passé pour les prêts immobiliers à risque », souligne le rapport.
« Nous nous inquiétons de voir la même chose se produire sur d’autres segments du marché », avertit le Fonds.
Le FMI a de nouveau souligné l’ampleur du déficit des comptes courants. « Une résolution brutale des déséquilibres mondiaux reste un risque peu probable mais très coûteux », avertit le rapport.
Si les investisseurs se désintéressaient brusquement du dollar, « cela risquerait de perturber les marchés financiers américains », et d’affecter la demande domestique et étrangère, selon le Fonds.
Enfin, le FMI a une nouvelle fois appelé les États-Unis à réformer leur système d’assurance vieillesse et santé.
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