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Actualités - Opinion

La menace d’un deuxième gouvernement s’estompe fortement Émile KHOURY

Comme pour la désobéissance civile naguère, c’est simplement en tant qu’épée de Damoclès, suspendue au-dessus de la tête de la majorité, que l’opposition maintient la menace de former un deuxième gouvernement. On sait en effet que le président Lahoud assure désormais qu’il n’a pas l’intention de mettre en place un deuxième cabinet. Une retenue dont il a fait l’engagement devant le patriarche Sfeir, qui s’inquiétait fortement des velléités prêtées un moment au chef de l’État. De son côté, le président Berry, connu pour son attachement à l’unité du Liban, terre, peuple ou institutions, rejette la perspective d’un deuxième gouvernement. En dépit des pressions qu’il peut subir à ce propos… Le général Michel Aoun partage le même avis. Il indique cependant qu’au cas où un deuxième gouvernement prendrait corps, la responsabilité en incomberait à une majorité qui s’obstinerait dans son refus d’un cabinet d’union. Le président Hoss, qui sait de quoi il parle, met en garde contre la présence simultanée de deux gouvernements pouvant provoquer une explosion menaçant le Liban-patrie. Reste le Hezbollah : il agite encore la carte d’intimidation, mais en filigrane pour ainsi dire et sans se prononcer nettement sur la question. En fait, ce parti donne le ton à l’opposition dans son ensemble. En effet, dès le départ, les pôles contestataires, qui trouvaient qu’un deuxième gouvernement ce serait une bien mauvaise idée, avaient été priés de ne pas le chanter sur les toits. D’une part, pour ne pas révéler au grand jour les divisions intestines du 8 Mars. D’autre part, pour que la menace, la pression visant à forcer la majorité à accepter un cabinet d’union avec tiers de blocage fassent leur effet. La même requête d’occultation a été adressée au président Lahoud quand on eut compris, après l’admonestation de Bkerké, qu’il renonçait au projet d’un deuxième gouvernement. Le quorum En pratique, le forcing opposant se concentre désormais sur le torpillage éventuel de la séance d’élection d’un nouveau chef de l’État. Cette menace, régulièrement brandie par le numéro deux du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, vise certes en premier lieu à amener la majorité à souscrire à un cabinet d’union. Mais elle va encore plus loin. Car l’opposition, les prosyriens surtout, fait savoir qu’elle saboterait l’élection s’il n’y a pas entente sur le successeur, ou sur une sélection de candidats plausibles. En d’autres termes, si le prochain président ne devait pas être persona grata à ses yeux. Et aux yeux de Damas. Cependant, certains pôles de la majorité pensent que tout cela, c’est du vent. À leur avis, à l’heure de vérité, nombre de députés opposants, notamment chrétiens, feront acte de présence place de l’Étoile quelles que soient les consignes qui leur auraient été données. Parce qu’ils ne voudraient pas se voir accuser d’être complices d’un forfait menant à un vide institutionnel au niveau de la première magistrature. Vide portant gravement atteinte aux droits et aux acquis de la composante chrétienne du pays. De plus, ces députés ne voudraient pas se voir reprocher non plus de réclamer une chose et de faire son contraire. C’est-à-dire d’exiger un quorum des deux tiers, alors qu’eux-mêmes le torpilleraient, s’ils s’absentaient. Autre évidence enfin, ils ne souhaitent pas fâcher Bkerké. Et, en l’occurrence, c’est d’ailleurs pareil pour nombre de pôles musulmans qui déclarent que, dans une telle affaire, il faut tout simplement suivre le siège patriarcal, qui s’y trouve intéressé au premier chef. C’est le cas, par exemple et on le sait, pour M. Nabih Berry. Dès lors, et toujours selon les mêmes cadres majoritaires, il serait des plus étonnants que son bloc parlementaire se fasse inscrire aux abonnés absents, lors de la séance électorale fixée en principe au 25 septembre. Plus globalement, des idées pour une sortie de crise circulent partout. L’ancien ministre Joseph Hachem, entre autres, a soumis des suggestions déterminées aux présidents Berry et Siniora. Parmi les suggestions en cours, il en est une qui présente un caractère assez insolite. En effet, elle commande, en premier lieu, que le gouvernement actuel présente sa démission. Pour que les ministres déjà démissionnaires puissent y retourner ! Après quoi, le gouvernement ne ferait plus qu’expédier les affaires courantes, jusqu’à la présidentielle. Mais le président Lahoud pourrait surprendre tout le monde, en acceptant la démission du cabinet, pour engager de suite des consultations parlementaires en vue de la formation d’un nouveau gouvernement.
Comme pour la désobéissance civile naguère, c’est simplement en tant qu’épée de Damoclès, suspendue au-dessus de la tête de la majorité, que l’opposition maintient la menace de former un deuxième gouvernement.
On sait en effet que le président Lahoud assure désormais qu’il n’a pas l’intention de mettre en place un deuxième cabinet. Une retenue dont il a fait l’engagement devant le patriarche Sfeir, qui s’inquiétait fortement des velléités prêtées un moment au chef de l’État.
De son côté, le président Berry, connu pour son attachement à l’unité du Liban, terre, peuple ou institutions, rejette la perspective d’un deuxième gouvernement. En dépit des pressions qu’il peut subir à ce propos…
Le général Michel Aoun partage le même avis. Il indique cependant qu’au cas où un deuxième...