Après une décennie d’embargo, les relations économiques entre la Libye et les investisseurs occidentaux se développent à grande vitesse comme le montre le rachat de la compagnie pétrolière Tamoil par un fonds américain.
Le gouvernement libyen va céder le contrôle de Tamoil, à Colony Capital pour 4 milliards d’euros, a annoncé hier le fonds.
Les compagnies occidentales avaient quitté la Libye après les sanctions décidées par l’ONU et par les États-Unis en réaction à l’attentat contre le Boeing 747 de la PanAm, qui avait fait 270 morts en 1988 à Lockerbie en Écosse.
Les relations diplomatiques avec la communauté internationale ont repris progressivement à partir de 2003. La même année, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a tourné la page du socialisme avec un plan de privatisation concernant 375 sociétés publiques, en premier lieu dans l’énergie et la banque.
La Jamahiriya (république des masses) est le deuxième producteur de pétrole en Afrique et possède d’importantes réserves de gaz naturel et de brut.
Les compagnies pétrolières du monde entier ont répondu en masse aux appels d’offres des dernières années, à l’instar de l’américaine Exxonmobil, de l’anglo-britannique Royal Dutch Shell, ou de la britannique BP. Cette dernière, qui avait quitté le pays en 1974, vient de signer un accord de 900 millions de dollars dans l’exploration de gaz.
« On a eu une ruée américaine, européenne, russe, mais les Chinois, les Indiens sont là aussi », commenté Francis Perrin, rédacteur en chef de la revue Pétrole et gaz arabes.
« Les compagnies qui étaient parties reviennent et celles qui étaient restées pendant les sanctions veulent plus de champs à exploiter », ajoute-t-il.
Les compagnies d’exploration et de production de brut européennes étaient en effet passées à travers des sanctions, à l’instar de Total ou de l’espagnol Repsol, qui n’ont jamais quitté le pays.
« En Libye, les négociations sont longues et difficiles, l’administration problématique, mais les contrats sont respectés », contrairement à la Russie, au Venezuela ou la Bolivie où les pressions sur les compagnies conduisent souvent à une rénégociation forcée à la baisse des contrats préexistants, poursuit M. Perrin.
« C’est donc un contexte fort attractif pour compagnies pétrolières », précise-t-il.
Outre le secteur énergétique, de nombreux autres secteurs qui n’étaient pas ouverts aux investisseurs étrangers avant l’établissement des sanctions sont aujourd’hui concernés par les privatisations : l’agriculture, la chimie, la métallurgie, et aussi la téléphonie et la banque, où devaient avoir lieu les prochaines ouvertures de capital.
Six banques étrangères, dont BNP Paribas, Société générale et HSBC ont été présélectionnées pour la privatisation partielle de la quatrième banque publique du pays, la Sahara, sous l’égide de la banque Rothschild.
Le colonel Kadhafi cherche aujourd’hui à faire entrer son pays dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avec laquelle il a engagé des pourparlers.
La normalisation des relations de la Libye avec la communauté internationale, officialisée dans le cas des États-Unis en mai 2006, a débuté avec la remise de deux suspects à la justice britannique en 1999 puis, en 2003, la promesse du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi de ne pas développer la bombe atomique et les armes de destruction massive. Mais l’absence de règlement de l’affaire du personnel médical bulgare et palestinien emprisonné à Benghazi reste un obstacle à un complet retour à la normale, notamment avec l’Union européenne.
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Le gouvernement libyen va céder le contrôle de Tamoil, à Colony Capital pour 4 milliards d’euros, a annoncé hier le fonds.
Les compagnies occidentales avaient quitté la Libye après les sanctions décidées par l’ONU et par les États-Unis en réaction à l’attentat contre le Boeing 747 de la PanAm, qui avait fait 270 morts en 1988 à Lockerbie en Écosse.
Les relations diplomatiques avec la communauté internationale ont repris progressivement à partir de 2003. La même année, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a tourné la page du socialisme avec un plan de privatisation concernant 375...