La ministre des Affaires sociales, Nayla Moawad, a estimé hier que l’adoption du tribunal international était une « victoire » pour le Liban. Lors d’une conférence de presse, elle a réfuté les critiques contre ce tribunal et appelé à un « compromis historique » entre Libanais.
« Finalement, après 836 jours de résistance et trente ans d’oppression, d’injustice et de liquidations, le tribunal international a été adopté. Enfin, nous allons pouvoir tourner une page noire de l’histoire du Liban. Enfin, le temps des assassinats légitimes, de l’impunité, est clos. Comme celui de l’hégémonie imposée au Liban par le sang et le terrorisme », a déclaré Mme Moawad.
« Pour la première fois, nous saluons la mémoire de nos martyrs tout en étant tranquilles sur le fait que les criminels n’échapperont pas à la sanction », a-t-elle dit.
« Le tribunal est une victoire pour le Liban, et non pas pour une catégorie de Libanais. C’est une protection, une immunité pour tous les Libanais, non pas pour une partie d’entre eux. Si la justice avait pu dire son mot le jour où Kamal Joumblatt fut assassiné, les criminels n’auraient pas récidivé », a-t-elle ajouté.
« Le tribunal est le fondement de l’éclosion de l’État libanais démocratique, d’un Liban libre, souverain et indépendant », a poursuivi la ministre. « À ceux qui prétendent que le tribunal est une atteinte à la souveraineté et un remplacement d’une tutelle par une autre, dites-leur de cesser de répéter les slogans de l’ancien tuteur. La légalité internationale ne peut pas être un pouvoir de tutelle sur le Liban. Elle est une protection pour le Liban, cible d’axes régionaux qui veulent l’utiliser comme théâtre de conflits ou comme carte de pression dans le jeu de leurs intérêts, cible aussi d’un ennemi au sud qui viole notre terre et notre souveraineté et commet des crimes contre notre peuple et cible enfin, à l’est, d’un régime totalitaire qui ne reconnaît pas notre entité et notre droit d’exister en tant que nation et qu’État souverain, libre et indépendant », a-t-elle dit.
« À ceux qui affirment que le tribunal est un instrument politique aux mains des États-Unis, dites-leur de cesser de prendre les gens pour des imbéciles. Le Conseil sécurité n’est pas les États-Unis, il est formé de (15 membres) qui ont tous leur entité, leur crédibilité, leurs décisions et leurs intérêts particuliers. On ne saurait réduire le Conseil de sécurité à l’Amérique, sauf si l’on veut susciter des prétextes pour protéger les criminels à tout prix, aux dépens du sang des Libanais », a-t-elle lancé.
« À ceux qui vous demandent de choisir entre justice et sécurité, dites-leur que la justice est le fondement de la sécurité dans les systèmes démocratiques. Il n’y a pas de sécurité sans justice, sauf dans les régimes totalitaires et dictatoriaux, les régimes des 97,2 % (allusion au résultat du dernier scrutin présidentiel en Syrie). Et cela, ce n’est pas le Liban », a-t-elle encore dit.
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