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Aoun dénonce « la négligence et l’incompétence » du pouvoir politique

Le Bloc parlementaire du changement et de la réforme, présidé par le général Michel Aoun, a tenu hier à Rabieh sa réunion hebdomadaire qui a été naturellement axée sur les derniers développements au Liban-Nord à la lumière des affrontements entre l’armée libanaise et les miliciens de Fateh el-Islam. Au début de la réunion, les membres du bloc ont observé une minute de silence en mémoire des martyrs de l’armée libanaise tombés ces dernières quarante-huit heures lors des combats entre la troupe et les miliciens fondamentalistes. À l’issue de la réunion, le général Aoun a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a renouvelé une fois de plus ses violentes attaques contre le gouvernement de Fouad Siniora, affirmant que les derniers événements au Liban-Nord ont mis en évidence « une négligence et une incompétence flagrantes au niveau politique, parallèlement peut-être à des lacunes au plan technique ». « Il semble qu’il n’y ait aucune coopération et aucune coordination entre les services de sécurité, ce qui reflète une compétition déplorable entre l’armée et les forces de sécurité », a affirmé le leader du Courant patriotique libre. Et le général Aoun d’ajouter : « D’où est venue l’organisation Fateh el-Islam ? A-t-elle été parachutée ? Ils (les membres de Fateh el-Islam) sont rentrés au Liban illégalement. Les services de sécurité étaient au courant mais ils n’ont rien fait pour les poursuivre et les arrêter lorsqu’ils ont franchi les frontières. Ils (les miliciens du groupuscule terroriste) ont acquis des habitations, ils se sont armés et de ce fait, ils étaient passibles de poursuites et devaient être appréhendés, mais les services de sécurité sont restés passifs. Quant au pouvoir politique, non seulement il ne s’est pas opposé à ces agissements, mais certains de ses pôles ont été jusqu’à prendre la défense de ces hors-la-loi et à réclamer leur libération. Les éléments de Fateh el-Islam ont poursuivi leur action au Liban, ils ont loué des appartements et ont poursuivi leur expansion dans certaines régions, de même qu’ils ont établi une coopération illégale avec certaines forces locales. Selon certaines informations, les forces de sécurité voulaient endiguer la présence de cette organisation terroriste, mais la décision politique s’est fait attendre. » Après avoir souligné la nécessité d’établir une dissociation entre les institutions sécuritaires et le pouvoir politique, le général Aoun a déclaré : « Nous appuyons sans réserves les services de sécurité qui veillent sur nos vies et notre dignité. Cela est indiscutable, que nous soyons dans l’opposition ou au pouvoir. Mais nous ne pouvons pas nous solidariser avec un pouvoir qui a fait preuve d’incompétence, de négligence et d’insouciance. » La Syrie Évoquant ensuite les développements survenus dans la nuit de samedi dernier et dans la journée de dimanche à Tripoli, le général Aoun a relevé que les forces de sécurité avaient tenté d’appréhender des miliciens qui avaient dévalisé une banque au Liban-Nord, mais elles n’ont pas réussi car elles ont été confrontées à une résistance de la part de Fateh el-Islam. « La riposte s’est traduite par des attaques contre des positions de l’armée et des soldats sont tombés, a poursuivi le général Aoun. L’armée a été surprise par ce qui s’est produit car elle n’était pas au courant de ce que faisaient les forces de sécurité. Il s’agit là d’une grave négligence au niveau de la coordination entre les services de sécurité qui se livrent ainsi à une concurrence inconcevable. Il y aurait dû avoir coordination avec l’armée libanaise, notamment pour un problème aussi grave qui a des retombées politiques et sécuritaires. Les martyrs qui sont tombés au début de la bataille ont été tués soit sur les routes soit dans leur véhicule, et non pas dans des combats. » Le général Aoun a, d’autre part, accusé le gouvernement de ne pas assumer ses responsabilités politiques. « Ce pouvoir présent au Sérail est incapable de prendre une quelconque décision et il fuit ses responsabilités, a ajouté le leader du CPL. L’affaire des extrémistes au Liban est apparue en 2000 lorsque ces éléments ont été impliqués dans les incidents de Denniyé. Ces éléments ont également été à l’origine des événements du 5 février à Achrafieh et aujourd’hui, ils ont participé aux combats de Tripoli. Combien de fois doivent-ils violer la loi avant d’être appréhendés ? » s’est interrogé le général Aoun. Et d’ajouter : « D’aucuns soulignent que ces fondamentalistes sont venus de Syrie. Ils veulent toujours considérer que la Syrie cherche à imposer sa mainmise sur le Liban. À supposer que cela soit vrai, que font-ils, eux ? Ils doivent miser sur leur unité interne et sur les forces armées. Cessez donc de vous lamenter. Ont-ils édifié les services de sécurité et de renseignements adéquats ? » En conclusion, le général Aoun a affirmé que si l’armée est la cible d’une agression, « elle n’a besoin de l’autorisation de personne pour réagir car elle est dans ce cas dans une situation de légitime défense ».
Le Bloc parlementaire du changement et de la réforme, présidé par le général Michel Aoun, a tenu hier à Rabieh sa réunion hebdomadaire qui a été naturellement axée sur les derniers développements au Liban-Nord à la lumière des affrontements entre l’armée libanaise et les miliciens de Fateh el-Islam. Au début de la réunion, les membres du bloc ont observé une minute de silence en mémoire des martyrs de l’armée libanaise tombés ces dernières quarante-huit heures lors des combats entre la troupe et les miliciens fondamentalistes.
À l’issue de la réunion, le général Aoun a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a renouvelé une fois de plus ses violentes attaques contre le gouvernement de Fouad Siniora, affirmant que les derniers événements au Liban-Nord ont mis en évidence « une...