Commençons par dissiper tout malentendu : contrairement à ce que pourrait suggérer le titre de l’exposition, l’érotisme est totalement absent des tableaux présentés sous l’appellation Tantra Art au Art Lounge (corniche du Fleuve, près du pont de La Quarantaine).
Portée par une scénographie qui semble inspirée des temples d’Extrême-Orient, avec statuettes de divinités bouddhistes et hindoues cernées de cierges, l’atmosphère dégagée est nettement plus propice à la méditation, à la contemplation et à la spiritualité, qu’à un quelconque affolement des sens.
C’est d’ailleurs le but de cet accrochage entrepris par le galeriste Nino Azzi en collaboration avec l’ambassade d’Inde, dans un esprit de diffusion de la culture de paix que véhicule la tradition des arts sacrés bouddhistes et hindous.
À travers les peintures religieuses bouddhistes, les thankas (qui représentent les principales divinités tantriques) et les mandalas (cercles d’énergies sacrées) accrochées aux cimaises de la galerie, c’est une sorte d’immersion dans l’ésotérisme des temples de l’Inde et du Tibet que donne à « expérimenter » cette exposition plus didactique que commerciale.
Mandalas transmetteurs d’énergies
Le plus souvent peintes sur toile de coton, les formes, figures et couleurs symboliques de cette iconographie religieuse – mystérieuse, simple et puissante – se déclinent soit sur des trames rigides pour les mandalas, soit sur des panneaux de brocart dans le cas des thankas. Lesquelles sont également recouverts du même tissu chatoyant, « afin de préserver les énergies qui s’en dégagent », indique le galeriste.
Car tout ici est affaire d’énergies, les toiles peintes n’étant, traditionnellement, que des supports visuels à la pratique de la méditation.
Art sacré qui remonte aux origines, les formes saintes des thankas et des mandalas ont été transcrites de génération en génération par des moines qui devaient s’initier plusieurs années avant d’atteindre la perfection nécessaire à l’élaboration de chaque tableau.
Une perfection obligatoire dans ces représentations, symboliques, des déités censées mener le « méditant » sur le chemin de l’éveil, par la substitution de l’énergie positive empreinte de sagesse qui émane de ces peintures aux émotions négatives dégagées par l’ego de l’être humain.
Une sorte de transmutation spirituelle qui s’appuie sur les dogmes et les enseignements du tantra. Lequel ne se limite pas à un ensemble de pratiques sexuelles, mais établit une philosophie construite sur l’énergie cosmique et l’existence d’une polarité masculine et féminine à l’intérieur de chaque être.
C’est cette philosophie qui se révèle dans les œuvres contemporaines des artistes anonymes présentées au cours de cette exposition qui offre aux visiteurs une initiation aux archétypes de l’art sacré bouddhiste, en l’entraînant dans le jardin des dieux Bouddha, Shiva, Vishnu et Lakshmi, la non moins importante déesse de la beauté, de la fécondité, de la chance. Une promenade nocturne, la galerie Art Lounge n’ouvrant ses portes que le soir à partir de 19h. Jusqu’au 10 juin.
Zéna ZALZAL
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Commençons par dissiper tout malentendu : contrairement à ce que pourrait suggérer le titre de l’exposition, l’érotisme est totalement absent des tableaux présentés sous l’appellation Tantra Art au Art Lounge (corniche du Fleuve, près du pont de La Quarantaine).
Portée par une scénographie qui semble inspirée des temples d’Extrême-Orient, avec statuettes de divinités bouddhistes et hindoues cernées de cierges, l’atmosphère dégagée est nettement plus propice à la méditation, à la contemplation et à la spiritualité, qu’à un quelconque affolement des sens.
C’est d’ailleurs le but de cet accrochage entrepris par le galeriste Nino Azzi en collaboration avec l’ambassade d’Inde, dans un esprit de diffusion de la culture de paix que véhicule la tradition des arts sacrés bouddhistes et hindous....