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Mondrian en Zélande : une expo retrace son virage vers le plasticisme

Le Gemeentemuseum de La Haye, le musée le plus riche en Mondrian, consacre une exposition au virage artistique pris par le peintre à Domburg, village côtier de Zélande, connu pour la pureté de la lumière, qui l’a mené de la peinture figurative vers l’abstraction et le plasticisme. Situé à l’embouchure du delta néerlandais, Domburg (sud-ouest des Pays-Bas) a abrité Piet Mondrian (1872-1944) à de nombreuses reprises entre 1909 et 1915. Il y entame une période charnière de sa carrière, en peintre figuratif à la palette élégante mais académique, pour n’en ressortir qu’après avoir remis en question tout son art. Se baladant dans les dunes, se frottant à la colonie d’artistes néerlandais qui affectionne l’endroit pour la beauté de la lumière, influencé par la pensée théosophiste, il se simplifie. Le luminisme d’abord, le cubisme qu’il a découvert à Paris ensuite, introduisent des touches légères, lumineuses dans sa peinture. Il ne cherche plus à reproduire la réalité, n’hésite plus à lui donner la couleur qu’il resent. Le sable des Dunes près de Domburg (1910) s’habille d’un bleu pastel, le Phare de Westkapelle (1910) se lit en nuances roses, et les arbres, thème récurrent dans l’œuvre de Mondrian, rougissent quand tombe le jour (Soirée, arbre rouge 1910). Il s’agit de rendre tangible les sensations de lumière. Ensuite, rien ne sera plus comme avant. L’artiste fragmente sa toile et entame la période « des plus et des moins », cherchant à réduire les formes à l’essentiel – il finit par ne plus peindre que des traits verticaux et horizontaux. C’est l’abstraction qu’il a découverte lors de passages à Paris. Il « spiritualise » la réalité, estimant que le regard subjectif porté sur elle la fausse. Il peint Brise-lames et océan (1914), une succession de traits contenus dans un ovale, une des dernières peintures à porter un titre renvoyant à ce qui est représenté, passe ensuite par des toiles purement géométriques dont il réduit les titres à des noms descriptifs tels que Composition en noir et blanc (1915). La palette de ses couleurs se réduit également, les gris et les rouges sont très présents, puis font la place aux couleurs primaires rouge, jaune et bleu, accompagnés de « non-couleurs », blanc, gris et noir. Avant d’en arriver au plasticisme et aux compositions qui ont établi sa réputation, la route sera encore longue, mais en quittant Domburg en 1915, Mondrian a trouvé sa voie. Paris, Londres et New York lui permettront de poursuivre sa recherche des formes essentielles, puis de rythme et d’équilibre dans ses toiles. L’aboutissement sera Victory Boogie-Woogie (1944), pourtant inachevé, Mondrian étant emporté par une pneumonie. L’exposition que le Gemeentemuseum consacre à l’artiste fait la part belle à la transformation de son œuvre dans la lumière de la Zélande, mais elle permet de voir qui était Mondrian avant la période de Domburg et après celle-ci, et de suivre son évolution jusqu’à Victory Boogie-Woogie qui trône dans la dernière salle d’exposition. Gerald de HEMPTINNE (AFP)
Le Gemeentemuseum de La Haye, le musée le plus riche en Mondrian, consacre une exposition au virage artistique pris par le peintre à Domburg, village côtier de Zélande, connu pour la pureté de la lumière, qui l’a mené de la peinture figurative vers l’abstraction et le plasticisme.
Situé à l’embouchure du delta néerlandais, Domburg (sud-ouest des Pays-Bas) a abrité Piet Mondrian (1872-1944) à de nombreuses reprises entre 1909 et 1915.
Il y entame une période charnière de sa carrière, en peintre figuratif à la palette élégante mais académique, pour n’en ressortir qu’après avoir remis en question tout son art.
Se baladant dans les dunes, se frottant à la colonie d’artistes néerlandais qui affectionne l’endroit pour la beauté de la lumière, influencé par la pensée théosophiste, il se simplifie.
Le...