Après les fonds spéculatifs accusés de menacer la stabilité des marchés financiers, ce sont les « fonds vautours » qui suscitent aujourd’hui les inquiétudes en raison de leur comportement vis-à-vis des pays les plus pauvres de la planète qui ne peuvent plus payer leurs dettes.
« Les agissements de ces fonds vautours se font au détriment des habitants des pays les plus endettés, parmi les plus pauvres du monde, mais aussi des contribuables dans des pays comme les États-Unis qui financent le coût de l’annulation de la dette » de ces pays pauvres, s’indigne l’organisation non gouvernementale (ONG) Jubilee.
Elle souhaite que le sujet soit abordé lors de la réunion des ministres des Finances du G8 aujourd’hui à Potsdam (Allemagne), mais des pays comme les États-Unis abordent le sujet avec prudence.
Ces « fonds vautours » rachètent à bas prix des titres de dette de pays ou d’entreprises en quasi-faillite que leurs porteurs cherchent à liquider. Aidés d’experts légaux et financiers, ils vont ensuite devant les tribunaux pour obtenir un jugement ordonnant au débiteur de payer.
Le sous-secrétaire d’État américain pour les Affaires internationales, Clay Lowery, a reconnu mercredi que certains s’interrogeaient sur le point de savoir « s’il était juste que ces créditeurs tirent profit du fait que des pays bénéficient de mesures d’annulation de dette », assimilant ce comportement à celui de « passagers gratuits ».
Il a toutefois estimé qu’il y avait « de bonnes raisons » pour que des fonds soient actifs dans ce secteur de la « dette en détresse », évoquant notamment le fait qu’ils permettent aux capitaux de circuler dans des pays où sinon ils ne s’aventureraient pas.
« Ces fonds vautours s’entourent généralement du secret et beaucoup sont installés dans des paradis fiscaux. Certains sont contrôlés par de grosses institutions financières et des fonds spéculatifs, souvent basés aux États-Unis », indique Jubilee.
L’ONG cite le cas de la Zambie. Ce pays africain avait acheté des tracteurs à la Roumanie. Incapable de rembourser, il avait passé un accord avec Bucarest en 1999 pour liquider cet emprunt. Mais avant que l’accord ne soit finalisé, un « fond vautour », Donegal International Limited, basé dans les îles Vierges britanniques, a racheté cette dette et traduit la Zambie en justice.
Un tribunal britannique a condamné Lusaka en avril à payer 15 millions de dollars, soit quatre fois plus que la dette initiale. Ce montant correspond, selon Jubilee, à plus d’un tiers de ce que la Zambie peut compter épargner au titre des initiatives d’annulation de sa dette.
Parmi les autres pays victimes des « fonds vautours », l’ONG cite l’Ouganda, la Sierra Leone, le Nicaragua et le Niger, et souligne que plus des deux tiers des litiges où ces fonds sont impliqués sont portés devant des tribunaux américains et britanniques.
Le ministre britannique des Finances et très probable futur Premier ministre, Gordon Brown, a dénoncé le 10 mai l’activité des « fonds vautours » en réponse à une question parlementaire.
« Je déplore l’activité de ces fonds vautours qui tentent de tirer profit de la dette des pays les plus pauvres du monde », a-t-il affirmé. Il a proposé d’accélérer les procédures d’annulation de la dette pour couper l’herbe sous les pieds des « fonds vautours ».
Il a également appelé le G8 a travailler sur une « charte des prêts responsables » pour protéger les pays en développement.
Selon Clay Lowery, la question pourrait être abordée vendredi à Potsdam, même si elle n’est pas inscrite à l’agenda. « Mais il y a une chose que nous devons éviter de faire, c’est de jeter un filet et d’attraper tout le monde », et ainsi de « perturber le fonctionnement des marchés ».
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« Les agissements de ces fonds vautours se font au détriment des habitants des pays les plus endettés, parmi les plus pauvres du monde, mais aussi des contribuables dans des pays comme les États-Unis qui financent le coût de l’annulation de la dette » de ces pays pauvres, s’indigne l’organisation non gouvernementale (ONG) Jubilee.
Elle souhaite que le sujet soit abordé lors de la réunion des ministres des Finances du G8 aujourd’hui à Potsdam (Allemagne), mais des pays comme les États-Unis abordent le sujet avec prudence.
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