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Actualités - Opinion

Pas d’initiative de fond, mais une priorité d’apaisement Philippe ABI AKL

Les proches de Walid Joumblatt précisent qu’il n’envisage pour le moment aucune initiative de fond, ni même de proposer une trêve politique. Ses positions actuelles ne relevant que de la nécessité de calmer le jeu, d’empêcher le pire, à savoir l’éclatement d’une discorde de terrain généralisée, après le choc du rapt et de l’assassinat de Ziad Kabalan et Ziad Ghandour. Il se soucie de prévenir des réactions violentes, l’enchaînement des actes de vendetta risquant, dans le climat ambiant, de provoquer l’explosion. Il répète qu’il faut avant tout respecter l’État de droit, ses services qualifiés, judiciaires, militaires ou sécuritaires. Selon son entourage, il redoute l’existence d’un plan visant à porter les Libanais à s’entre-tuer, en attisant le sectarisme. Les observateurs qui suivent l’enquête indiquent pour leur part qu’elle se focalise actuellement autour du mobile réel du double crime. Pour tenter de déterminer si, oui ou non, il a été commandité par des parties extérieures ou par des services de renseignements. Ce que donne à penser le professionnalisme manifeste qui a marqué le rapt et son horrible conclusion. Siniora Pour ce qui est du président du Conseil, il s’en tient encore, malgré le rejet essuyé de la part de la minorité, aux positions affichées devant l’ambassadeur saoudien, Abdel Aziz Khoja. À savoir qu’on peut sortir de la crise en s’entendant d’abord sur le programme d’un éventuel gouvernement d’union. Qui n’aurait pas de valeur, ne résoudrait rien, s’il ne se voyait assigner une mission claire, bien détaillée. Que faire pour ceci, que faire pour cela. De manière que sa cohésion soit solidement assurée, et qu’il ne risque pas d’imploser à tout moment, ce qui aggraverait encore plus la crise et la rendrait probablement tout à fait insoluble. Une fois un plan d’action défini, le problème des chiffres ne se poserait plus, fait valoir M. Siniora. Il n’y aurait même plus d’objection, assure-t-il, à ce que 13 sièges sur 30 soient concédés à la minorité, au sein du Conseil des ministres. Cependant, il précise que le programme gouvernemental dont il parle doit nécessairement se fonder sur la mise en application des résolutions, prises à l’unanimité, du comité de dialogue national. Ainsi que sur la concrétisation complète de la résolution numéro 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies. Conditions rejetées par les prosyriens. Ainsi, le président Nabih Berry, auquel le diplomate saoudien avait transmis les propositions Siniora, avait-il répondu qu’elles lui semblaient manquer de clarté (!) et qu’il attendait un surcroît d’explications de la part de leur auteur. Tandis que les autres pôles de la contestation se contentaient de répondre à M. Siniora en l’invitant à démissionner puis à admettre la formule des 19/11. Tout en confirmant le maintien du sit-in des tentes dans le centre-ville ainsi que la paralysie de la Chambre. Sous prétexte qu’elle ne saurait se réunir en présence d’un gouvernement jugé illégal, du fait du retrait des ministres chiites. Pas plus que le régime Lahoud, autre blocage, n’est disposé à avaliser les arrêtés d’un tel gouvernement. La majorité En revanche, les loyalistes soutiennent que c’est la déclaration ministérielle établie lors de la formation initialement cahotique du présent cabinet qui reste un modèle, inadmissible à leurs yeux, de confusion et d’ambiguïté. Ils veulent donc, à l’instar de M. Siniora, que la déclaration ministérielle d’un éventuel cabinet d’union englobe les sept points, les résolutions du comité de dialogue et la 1701. En d’autres termes, ils pensent qu’il est grand temps de régler, en faveur de la souveraineté étatique, le problème de l’armement du Hezbollah, et, à plus forte raison, celui de l’arsenal des Palestiniens. Les majoritaires reprochent aux opposants de ne pas saisir la perche tendue par M. Siniora, et de ne pas bien répondre aux efforts d’apaisement de M. Joumblatt. Ils ajoutent cependant qu’ils comprennent parfaitement que les prosyriens, téléguidés, télécommandés, ne sont pas en mesure de faire un pas en direction de l’entente, mais se voient enjoindre, au contraire, de se braquer encore plus, maintenant que la majorité a réussi à neutraliser la carte de pression que constituait, pour Damas, le tribunal international. Qui devient plus que jamais, à les en croire, la bête noire, l’obsession du régime syrien, maintenant que le Conseil de sécurité est appelé à décréter la création de l’instance sous chapitre VII. Bien entendu, les majoritaires imputent la responsabilité de cette évolution à l’obstructionnisme des prosyriens, notamment au blocage de la procédure de ratification parlementaire de la convention avec l’ONU par M. Nabih Berry. Démarche Il convient cependant de rappeler qu’après les appels au calme de M. Walid Joumblatt, le Hezbollah est entré en contact avec la Rencontre démocratique qu’il dirige, pour indiquer que le parti de Dieu souhaitait envoyer une délégation présenter les condoléances aux familles des deux malheureux Ziad. De fait, la Rencontre a informé ses alliés de cette démarche pour qu’ils se regroupent à cette occasion et démontrent au camp d’en face l’unité de la majorité. Effectivement, de nombreux cadres relevant des diverses formations loyalistes ont mis à profit cette triste circonstance, pour aller ensemble à la rencontre de la délégation hezbollahie dirigée par le député Amine Cherri, et escortée par le ministre joumblattiste Ghazi Aridi. Des propos d’apaisement et de détente ont été alors tenus de part et d’autre. Mais dans le seul objectif de prévenir, d’empêcher l’explosion sur le terrain, de consolider la paix civile. Car, pour le fond, la crise locale reste tributaire de la lutte extérieure des axes.
Les proches de Walid Joumblatt précisent qu’il n’envisage pour le moment aucune initiative de fond, ni même de proposer une trêve politique. Ses positions actuelles ne relevant que de la nécessité de calmer le jeu, d’empêcher le pire, à savoir l’éclatement d’une discorde de terrain généralisée, après le choc du rapt et de l’assassinat de Ziad Kabalan et Ziad Ghandour. Il se soucie de prévenir des réactions violentes, l’enchaînement des actes de vendetta risquant, dans le climat ambiant, de provoquer l’explosion. Il répète qu’il faut avant tout respecter l’État de droit, ses services qualifiés, judiciaires, militaires ou sécuritaires. Selon son entourage, il redoute l’existence d’un plan visant à porter les Libanais à s’entre-tuer, en attisant le sectarisme.
Les observateurs qui suivent...