Les migrations humaines, phénomène en constante augmentation essentiellement motivé par la recherche d’emploi, enrichissent les économies, selon le Bureau international du travail (BIT) qui demande que les droits des travailleurs immigrés soient garantis. Les États doivent développer « une approche équitable pour les travailleurs migrants », juge le BIT, qui a tenu cette semaine à Addis-Abeba sa 11e réunion régionale Afrique. Cette approche est d’autant plus importante que l’immigration est bonne pour l’économie des pays hôte, mais aussi pour l’économie mondiale, rappelle l’agence onusienne.
« Souvent les migrants occupent des emplois que les nationaux boudent, les immigrés consomment et donc augmentent la demande de biens et services, donc la création d’emplois plus qualifiés pour les nationaux. Ils font également bénéficier leur pays d’origine de leur argent », selon Ibrahim Awad, directeur au BIT du programme des migrations internationales.
« Dans certains pays africains, ils sont même la première source de fonds », dit-il, assurant que « cet argent est le plus souvent utilisé pour l’éducation et la santé, et donc participe globalement au développement humain ».
Devant ce constat, le BIT appelle à lutter contre les discriminations visant les travailleurs immigrés.
Garantir l’égalité de traitement entre immigrés et nationaux du pays hôte est le seul moyen de garantir les droits du travail de ces derniers, pour l’organisation qui dénonce les conditions d’exploitation des immigrés dans certains pays.
Certaines pratiques, notamment le travail clandestin, nuisent au marché de l’emploi, souligne le BIT, qui note toutefois des progrès juridiques, notamment en Afrique.
Le BIT insiste d’autant plus sur cet aspect que les migrations du travail sont en constante augmentation et qu’elles apparaissent comme un phénomène irréversible.
« En 2005, on a dénombré un total de 191 millions de migrants, des gens qui quittent leur pays pour un autre pour au moins un an, dans le monde », explique M. Awad, précisant que « 50 % de ces migrants sont des travailleurs, 7 à 8 % sont des réfugiés ou des gens qui cherchent asile, 2 % des étudiants ou des artistes, les 40 % restants sont les familles des travailleurs migrants ».
Selon lui « 62 millions de personnes ont migré des pays en développement vers les pays industrialisés, 61 millions d’un pays en développement vers un autre et 14 millions d’un pays industrialisé vers un pays en développement, ces derniers sont essentiellement des employés expatriés de grandes sociétés et des gens qui rentrent chez eux », a-t-il souligné.
Le BIT estime entre « 8 et 9 millions le nombre d’Africains qui vivent et travaillent en dehors de leur pays de naissance, principalement en Afrique, mais beaucoup en Europe et dans les États du Golfe ».
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« Souvent les migrants occupent des emplois que les nationaux boudent, les immigrés consomment et donc augmentent la demande de biens et services, donc la création d’emplois plus qualifiés pour les nationaux. Ils...