Du côté de la majorité parlementaire, l’heure était au recueillement et aux appels au calme, dans un évident souci d’éviter toute velléité de vengeance.
Le député et chef du Renouveau démocratique, Nassib Lahoud, a pris part aux funérailles de Ziad Kabalan et Ziad Ghandour, à la mosquée Khachokgi. Nassib Lahoud, qui s’y est rendu à la tête d’une délégation du parti du Renouveau démocratique, a présenté ses condoléances au leader druze Walid Joumblatt ainsi qu’aux familles des deux victimes, tuées après avoir été enlevées par des inconnus dans la journée de lundi. M. Lahoud a confié avoir été « choqué » par le double assassinat. Il a ajouté : « Ce qui rend ce double meurtre encore plus dangereux, c’est bien le fait qu’il ait été commis à l’heure où le Liban passe par une crise délicate. » Mais a fait remarquer M. Lahoud, malgré la profonde tristesse, il est important de reconnaître « les efforts fournis par le chef de la Rencontre démocratique Walid Joumblatt afin de contenir » la situation.
De son côté, le Parti national libéral (PNL) a condamné « l’affreux crime » et affirmé dans un communiqué que cet acte « concerne tous les Libanais qui sont interpellés par le droit de l’être humain à vivre dans la dignité et à l’ombre de l’État de droit ».
Le ministre d’État pour les Affaires parlementaires, Michel Pharaon, a indiqué que cet acte était « un crime à l’encontre du peuple libanais dans son ensemble ». Le ministre a en outre salué « la foi en Dieu et dans l’État qui a permis aux instances juridiques et sécuritaires de remplir leur mission ». M. Pharaon a aussi souligné qu’il fallait aujourd’hui « s’éloigner des intérêts particuliers et s’attacher à l’intérêt suprême du Liban en respectant la Constitution et les lois et en portant application des décisions prises ». « Sortir du jeu démocratique signifie verser dans le chaos et l’instabilité », a-t-il aussi mis en garde.
Le député de Batroun, Boutros Harb, a déclaré dans un entretien accordé à la Voix du Liban que « le crime perpétré est une tentative de semer la discorde parmi les Libanais ». Cet acte a mis l’ensemble de la classe politique devant ses responsabilités, a-t-il estimé.
Le bloc tripolitain a quant à lui publié un communiqué dans lequel il a souligné que ce crime « montrait que le Liban est aux prises avec un danger auquel il ne sera possible de faire face que par le biais de la solidarité et du retour à la raison ».
Le député Riad Rahal a dénoncé ce qu’il a qualifié d’« acte barbare » et a demandé aux responsables sécuritaires « de punir les coupables de la manière la plus sévère ». Les députés membres du Bloc du futur, Mahmoud Mrad, Hadi Hbeich et Azzam Dandachi se sont tous les trois élevés contre ce qu’ils ont qualifié d’« affreux crime » et ont estimé que cet acte devait désormais faire primer « la raison et le dialogue ». Le député Moustapha Hachem a quant à lui souligné que « des forces obscures tentent de mener ce pays vers la discorde » et a espéré que cet acte constitue « une entrée menant à la reprise du dialogue ».
Pour le député Henri Hélou, ce crime est un acte dirigé « contre la patrie », mais, a-t-il aussi indiqué, « ceux qui cherchent à alimenter la discorde ne récolteront rien d’autre que la déception ». Mais pour le député Élie Aoun, le danger ne provient pas du risque de dissensions internes, mais bien de la menace représentée par « le risque de crimes itinérants », qui toucheraient ainsi toutes les régions.
Pour le chef de la Ligue de défense de la démocratie et des libertés publiques, Sinane Barrage, « ce crime prouve qu’il existe à l’intérieur de notre pays des personnes capables de tuer un enfant de douze ans ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats