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Actualités - Opinion

Après le tribunal, la présidentielle en vedette Philippe ABI-AKL

Sayyed Hassan Nasrallah en convient : le tribunal, on n’en parle plus. Est-ce à dire que le projet est gommé, comme la Syrie le souhaite ? Non, mais qu’il se retrouve retiré du bazar local, la majorité l’ayant expédié, comme une balle de base-ball, à l’ONU. De ce fait, c’est maintenant la présidentielle qui tient le haut du pavé. Ce qui n’est d’ailleurs pas pour alléger la crise politique interne. Comme elle prend sa source dans la lutte des axes extérieurs, qu’elle influe donc peu ou prou sur le dossier régional, il n’est pas étonnant de voir les visiteurs se succéder à Beyrouth. À dire vrai, ces émissaires carignent une explosion, une implosion toujours possibles dans un Liban qui a subi tant de violentes secousses depuis la prorogation. L’assassinat du président Rafic Hariri, de Bassel Fleyhane et de leurs compagnons, les multiples attentats à la bombe visant les marchés des régions est, puis les civils des vans de Aïn Alak, les assassinats de Samir Kassir, Georges Haoui, Gebran Tuéni, Pierre Gemayel… La reprise du cycle, dans le climat tendu actuel, marqué par les menaces variées que profèrent les prosyriens, pourrait tout faire sauter, à tout moment. Cependant, les pompiers venus du dehors ne proposent pas leur médiation ou leurs bons offices, du moment que c’est inutile tant que les Libanais ne sont pas disposés à s’entendre entre eux, mais prodiguent des conseils d’apaisement. En avançant quelques suggestions d’ordre pratique en vue d’une approche de solution. Pourra-t-on se dégager de l’impasse à travers la présidentielle ? Il faut l’espérer, dans la mesure où la minorité convient maintenant, à l’instar de la majorité, que c’est là une priorité qui s’impose d’elle-même sur le plan chronologique. Et dans la mesure, également, où les loyalistes se disent d’accord pour un choix de consensus. En précisant que cela devrait se faire sous l’égide de Bkerké, concerné au premier chef par une élection relative à une fonction réservée à la communauté maronite. Il convient d’ailleurs de rappeler qu’à l’issue d’une visite rendue, il y a près d’un an au siège patriarcal, M. Saad Hariri avait confirmé que son camp adopterait tout candidat approuvé par le cardinal Sfeir. Retour aux amis, ou aux frères, du dehors. Des sources fiables rapportent que les Saoudiens ne cessent de répéter à leurs interlocuteurs libanais : entendez-vous sur un président de consensus, qui n’appartienne ni au 8 ni au 14 Mars. Situation embrouillée Cependant, le diable est dans les détails, comme on dit familièrement. Ainsi, les prosyriens se retrouvent devant un étrange problème. Ils doivent, en principe, soutenir le général Michel Aoun, candidat déclaré. Mais, disent-ils, ils ne peuvent le faire ouvertement. D’une part parce que tout en étant opposant, il n’appartient pas au 8 Mars. Ce qui sous-entend que Damas pourrait ne pas lui être favorable. Cela signifie-t-il que ce camp ne veut pas du principe du consensus ? Non, répondent ses cadres, mais dans un premier temps, chacun voudra défendre ses propres couleurs, à des fins de négociation et d’enchères. Ensuite, en songeant au second tour, quand on en viendra au consensus, comme diraient Sarkozy ou Ségolène Royal, le dilemme présenterait, pour l’opposition, sa face contraire. Dans ce sens qu’elle ne pourrait pas soutenir le général Aoun qui, lui-même, ne se présente pas comme un non-engagé. Ce que ces sources ne disent pas, c’est qu’on ignore si les composantes du 8 Mars souhaiteraient un président fort, comme le serait le général. En tout cas, l’opposition s’efforce de s’épargner le mal, ou la prise, de tête, en déclarant qu’elle ne souhaite nommer personne. Qu’elle laisse ce soin à la majorité, pour prendre ensuite position par rapport aux noms proposés. Le péril Sur un plan global, la persistance de l’impasse porte des personnalités de dimension nationale à craindre que l’action de certaines fractions ne vise à saboter tout le système libanais. En liquidant le régime parlementaire démocratique. Par le simple et redoutable moyen du torpillage de l’élection du président de la République, sous le couvert du quorum des deux tiers. Selon ces observateurs, en commençant par le haut de la pyramide, la présidence de la République, il serait facile à ces parties de démolir les étages au-dessous, comme la Chambre et le gouvernement. Pour montrer que les Libanais ne sont vraiment pas capables de s’autogouverner et ont toujours besoin d’un tuteur. Et d’ajouter qu’en réalité, on servirait de la sorte les intérêts d’un État sioniste dont la conception même se trouve réfutée par la formule libanaise de coexistence. Du côté de la composante chrétienne, des voix s’élèvent pour affirmer qu’il vaudrait encore mieux en passer par des législatives anticipées que de voir le pouvoir législatif, porteur de l’édifice institutionnel démocratique, paralysé. Ces cadres ajoutent que le blocage de l’institution de la présidence de la République donne à penser que l’on veut frapper la présence des chrétiens libanais, pour les pousser à désespérer du pays et à partir en masse. On sait à ce propos que dans leur communiqué mensuel, les évêques maronites ont appelé à la présidentielle. En imputant la responsabilité d’un vide éventuel de pouvoir à la partie qui menace de torpiller le quorum.
Sayyed Hassan Nasrallah en convient : le tribunal, on n’en parle plus. Est-ce à dire que le projet est gommé, comme la Syrie le souhaite ? Non, mais qu’il se retrouve retiré du bazar local, la majorité l’ayant expédié, comme une balle de base-ball, à l’ONU. De ce fait, c’est maintenant la présidentielle qui tient le haut du pavé. Ce qui n’est d’ailleurs pas pour alléger la crise politique interne.
Comme elle prend sa source dans la lutte des axes extérieurs, qu’elle influe donc peu ou prou sur le dossier régional, il n’est pas étonnant de voir les visiteurs se succéder à Beyrouth. À dire vrai, ces émissaires carignent une explosion, une implosion toujours possibles dans un Liban qui a subi tant de violentes secousses depuis la prorogation. L’assassinat du président Rafic Hariri, de Bassel Fleyhane...