C’est désormais en direction de la présidentielle que regarde la majorité parlementaire, après les prises de position en flèche du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et le mémorandum parlementaire confiant à la communauté internationale le soin de donner suite au projet de création d’un tribunal à caractère international, compte tenu de l’obstructionnisme persistant dont fait preuve le président de la Chambre.
Oui mais, en admettant que la présidentielle de novembre 2007 soit le nouvel horizon national qui s’offre aux regards, quel président va-t-on élire ? Et en base de quel quorum la Chambre va-t-elle se réunir pour l’élire ? Et où donc tiendra-t-elle séance, puisque M. Nabih Berry tient la clé de l’hémicycle bien serrée dans sa poche ?
Sans tenir la majorité quitte de son devoir de soumettre à son examen les statuts du tribunal international, et en se promettant d’y revenir en temps dû, l’opposition soulève la question du quorum nécessaire, pour affirmer que la Chambre des députés ne pourra élire qu’un président consensuel.
Le fait est qu’il y a débat sur la nature du quorum nécessaire à une séance d’élection présidentielle. Tandis que l’opposition, se basant sur l’article 49 de la Constitution, affirme que ce quorum s’élève aux deux tiers des députés, et que la majorité parlementaire ne pourra jamais l’assurer à elle seule, cette même majorité parlementaire soutient que le quorum sera assuré par la majorité absolue, soit la moitié des députés, plus un.
De l’avis de certains milieux politiques qui tentent de créer une « troisième force », il est préférable d’épargner un surcroît de secousses au Liban et d’accepter l’élection d’un président consensuel. Contrairement à l’opinion en vogue affirmant qu’un président « consensuel » sera une personnalité « incolore, inodore et sans saveur », qui ne pourra gouverner qu’avec l’assentiment de tous, qui sera donc l’otage de la crise, et que seul un président jouissant de l’appui d’une bonne partie du Parlement pourra être qualifié de « fort ».
L’alternative à un président consensuel, ajoutent les centristes, c’est un processus de scission progressif avec, à terme, l’apparition de deux présidents de la République, l’un élu par la majorité, l’autre resté en place, et de deux gouvernements, l’un présidé par M. Fouad Siniora et l’autre formé par le président Lahoud, sans la confiance de la majorité. Au terme de cette réaction en série, ce sont donc deux Liban officiels qui émergeront.
Laissera-t-on les choses en arriver là ? Et quelles fées se pencheront donc sur le berceau de ce monstre ?
Philippe ABI-AKL
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats C’est désormais en direction de la présidentielle que regarde la majorité parlementaire, après les prises de position en flèche du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et le mémorandum parlementaire confiant à la communauté internationale le soin de donner suite au projet de création d’un tribunal à caractère international, compte tenu de l’obstructionnisme persistant dont fait preuve le président de la Chambre.
Oui mais, en admettant que la présidentielle de novembre 2007 soit le nouvel horizon national qui s’offre aux regards, quel président va-t-on élire ? Et en base de quel quorum la Chambre va-t-elle se réunir pour l’élire ? Et où donc tiendra-t-elle séance, puisque M. Nabih Berry tient la clé de l’hémicycle bien serrée dans sa poche ?
Sans tenir la majorité quitte de son devoir...