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La libération du reporter italien suscite la controverse en Afghanistan

Les conditions de la libération du journaliste italien Daniele Mastrogiacomo, que les talibans affirment avoir échangé lundi contre cinq des leurs détenus prisonniers (une information confirmée par Kaboul), suscitaient hier critiques et interrogations en Afghanistan. À Lashkar Gah, capitale de la province d’Helmand (Sud), 200 Afghans en colère ont accusé le président Hamid Karzai et le gouvernement d’avoir assuré la libération du reporter de La Repubblica, mais de s’être désintéressés du sort de leurs propres citoyens retenus en otages. Cette manifestation s’est déroulée devant l’hôpital géré par l’ONG italienne Emergency où Daniele Mastrogiacomo a passé la nuit après sa libération lundi, mais sans ses deux guides afghans, enlevés avec lui. Le journaliste a raconté que son chauffeur, Sayed Agha, avait été décapité devant lui par les talibans. Quant à son interprète, Adjmal Naqshbandi, sa famille a indiqué qu’il était toujours otage. « Pourquoi le gouvernement accepte-t-il de relâcher cinq criminels pour un infidèle étranger ? Le gouvernement est prêt à se sacrifier pour des étrangers, mais pas pour de pauvres Afghans », a lancé, en colère, un oncle du chauffeur, Khan Jan, en réclamant le corps de son neveu. Les conditions de la libération du journaliste, même si elles restaient hier obscures, suscitaient des inquiétudes au sein de l’Association afghane des journalistes indépendants. « Nous sommes bien sûr très heureux de la libération du journaliste, mais la façon dont elle a été obtenue est inacceptable », a estimé Rahimullah Samander, président de cette association. « Nous craignons qu’avec ce genre d’échanges, les journalistes étrangers deviennent de plus en plus une proie pour les talibans et les militants d’el-Qaëda », a-t-il ajouté, s’interrogeant sur les raisons qui « ont conduit le gouvernement à passer un tel accord avec les talibans ». L’analyste Waheed Mudja estime que le gouvernement afghan a voulu éviter « qu’il y ait encore plus de mécontents en Italie ou ailleurs sur la présence » de leur contingent en Afghanistan, où 50 000 soldats étrangers sont déployés, dont 2 000 Italiens. Au risque cependant d’accroître le mécontentement des Afghans à l’égard d’un gouvernement déjà impopulaire.

Les conditions de la libération du journaliste italien Daniele Mastrogiacomo, que les talibans affirment avoir échangé lundi contre cinq des leurs détenus prisonniers (une information confirmée par Kaboul), suscitaient hier critiques et interrogations en Afghanistan.
À Lashkar Gah, capitale de la province d’Helmand (Sud), 200 Afghans en colère ont accusé le président Hamid Karzai et le gouvernement d’avoir assuré la libération du reporter de La Repubblica, mais de s’être désintéressés du sort de leurs propres citoyens retenus en otages. Cette manifestation s’est déroulée devant l’hôpital géré par l’ONG italienne Emergency où Daniele Mastrogiacomo a passé la nuit après sa libération lundi, mais sans ses deux guides afghans, enlevés avec lui.
Le journaliste a raconté que son chauffeur, Sayed Agha,...