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Actualités - Chronologie

FINANCE Au Vietnam, la fièvre des marchés ne quitte pas les petits investisseurs

Jeunes, moins jeunes, hommes, femmes... entassés dans une salle mal climatisée, ils sont bien deux cents à fixer des écrans géants de Bourse : la fièvre des marchés ne quitte pas le Vietnam, malgré les mises en garde contre les risques de surchauffe. Il est 9h30, jour de semaine, dans les locaux de la société de courtage Saigon Security Inc. Pour tous ces boursicoteurs, l’activité est là, bien plus que derrière un bureau ou un banc d’université. Cette « fièvre touche toutes les couches sociales, des paysans aux étudiants et ouvriers, en passant par les hauts fonctionnaires et les hommes d’affaires », explique un quadragénaire responsable d’une compagnie de construction. Depuis sa création en 2000, la Bourse de Ho Chi Minh-Ville, la principale du pays, a vu sa valeur passer de 300 millions à plus de 15 milliards de dollars. Son indice, VNIndex, a grimpé de 144,5 % l’an dernier et encore de 47,6 % depuis début janvier. Face à cette explosion, les sociétés de courtage poussent comme des champignons. 55 sont aujourd’hui autorisées, mais elles devraient être 70 à 80 d’ici à fin 2007, estime Le Nhi Nang, directeur adjoint de la Bourse de Ho Chi Minh-Ville. À Hanoi, la frénésie est la même. « J’ai commencé à investir il y a environ deux ans », explique Tran Thanh, 45 ans. « J’ai quitté mon travail pour passer mes journées entières à jouer en Bourse. » Adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), croissance de plus de 8 % l’an dernier, le pays communiste cumule les succès économiques et « il se trouve que les marchés sont le meilleur moyen pour tous d’en profiter », commente Andy An Ho, directeur du fonds Prudential Investment. L’appétit des Vietnamiens est tel qu’un marché parallèle s’est développé, sur lequel s’échangent les actions de quelque 700 sociétés non cotées, contre à peine 200 sur les Bourses de Ho-Chi Minh-Ville et Hanoi réunies, explique Le Nhi Nang. L’intérêt pour les marchés n’en finit pas de croître. Mais certains parient encore au petit bonheur la chance, comme Nguyen Thi Huong, femme au foyer de 56 ans, qui reconnaît « ne pas connaître grand-chose» des entreprises sur lesquelles elle mise. Le gouvernement et les experts étrangers, dont le Fonds monétaire international (FMI), ont récemment multiplié les avertissements contre le danger de formation d’une bulle spéculative. La Banque centrale du Vietnam avait proposé un contrôle des capitaux mais Hanoi y a renoncé, demandant surtout plus de transparence et une surveillance renforcée sur les marchés. Car rumeurs et fausses informations fleurissent parmi les petits investisseurs, accros aux forums de discussion sur l’Internet. « Ces forums en ligne sont très utiles, mais on doit faire attention parce que la plupart de l’information n’est pas réelle », explique Tran Thanh. Et quand l’information est réelle, elle n’arrive pas toujours aux oreilles de tous. « Parfois j’ai des informations privilégiées, par exemple qu’une entreprise va obtenir un contrat avec un partenaire étranger », explique un fonctionnaire de 29 ans, qui préfère garder l’anonymat.
Jeunes, moins jeunes, hommes, femmes... entassés dans une salle mal climatisée, ils sont bien deux cents à fixer des écrans géants de Bourse : la fièvre des marchés ne quitte pas le Vietnam, malgré les mises en garde contre les risques de surchauffe.
Il est 9h30, jour de semaine, dans les locaux de la société de courtage Saigon Security Inc. Pour tous ces boursicoteurs, l’activité est là, bien plus que derrière un bureau ou un banc d’université.
Cette « fièvre touche toutes les couches sociales, des paysans aux étudiants et ouvriers, en passant par les hauts fonctionnaires et les hommes d’affaires », explique un quadragénaire responsable d’une compagnie de construction.
Depuis sa création en 2000, la Bourse de Ho Chi Minh-Ville, la principale du pays, a vu sa valeur passer de 300 millions à plus de 15...