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Actualités - Opinion

La détente suscite des questions sur une éventuelle érosion de l’influence syrienne

Relance de l’optimisme à la suite, et à la lumière, de l’entrevue de trois heures entre Berry et Hariri. Et cela à la suite, et à l’ombre, des déclarations en flèche du ministre syrien des AE, Walid Moallem, dont les propos, les exigences renforcées laissaient plutôt augurer d’un regain de crispation sur la scène locale. Le contre-effet est d’autant plus notable que le porte-parole du régime Assad s’exprimait après la réunion préparatoire tenue au Caire en vue du sommet arabe de Ryad, le 28. En d’autres termes, on se demande s’il n’y a pas échec d’une tentative syrienne d’aggravation, de durcissement, de la crise libanaise. Et si l’influence de Damas ne se trouve pas érodée, ou à tout le moins sérieusement concurrencée, par le fait d’un concordat irano-saoudien. Auquel s’ajoute une forte contribution modératrice égyptienne. Orientation que le secrétariat général de la Ligue suit largement de son côté. Cela fait de longues semaines, en effet, que les échanges irano-saoudiens, effectués dans un esprit d’apaisement visant à prévenir des clashes entre chiites et sunnites, se développent. Ils ont été couronnés par un récent sommet bilatéral, tout à fait réussi, assurent les deux parties, tenu à Ryad. Capitale où l’émissaire égyptien Omar Sleimane, porteur d’un message du président Moubarak au roi Abdallah, a ensuite débarqué. L’importance du pivot saoudien a été également marquée par la visite de Serge Brammertz, l’enquêteur onusien, aux autorités wahhabites. Tous les indices se recoupent donc pour confirmer que l’Arabie saoudite joue un rôle primordial dans le traitement de la crise libanaise, dont le nucléus est le tribunal international. Question cruciale sur laquelle le royaume se situe aux antipodes de la position réfractaire syrienne. C’est avec le retour de l’ambassadeur saoudien au Liban, Abdel-Aziz Khoja, doté d’instructions précises, que la rencontre Berry-Hariri s’est produite. Et on ne saurait y voir une simple coïncidence, car cela fait assez longtemps que le diplomate conseille, et tente même d’organiser, un rétablissement effectif de la liaison entre les protagonistes libanais. Méfiance La détente est donc en marche, on le confirme tant du côté des opposants que des loyalistes. Mais certains cadres du 14 Mars restent prudents. Ils soulignent qu’on ne sait encore rien du projet saoudo-iranien de solution, si tant est qu’il existe déjà. De plus, ajoutent-ils, il convient de se méfier des intentions du camp d’en face dont l’optimisme même, alors que la Syrie donne un coup de barre dans le sens contraire, prête à doute. Les opposants, se demandent ces loyalistes, ne font-ils pas semblant d’être pour le règlement, afin de pouvoir rejeter ensuite sur le gouvernement la responsabilité de son échec ? Et puis, peut-on gager que le radical Ahmadinejad ait choisi de lâcher Damas au profit de Ryad, sur le dossier libanais ? Tout en sachant combien ce volet est essentiel pour l’indéfectible allié syrien de vingt ans ? Ils rappellent enfin que, dernièrement encore, leurs adversaires avaient déployé des trésors de tactique et d’intox, en prétendant que Joumblatt et Geagea avaient torpillé un arrangement saoudo-iranien fondé sur le 19/11, initialement accepté par Hariri. Dont l’approbation aurait été pour le moins étonnante : selon le 8 Mars, en effet, il aurait été entendu qu’on ne parlerait du tribunal qu’après la fin de l’enquête, et donc, bien après la mise en place d’un cabinet d’union avec tiers de blocage. Le projet n’a jamais existé en fait, relèvent les loyalistes, dont la réfutation a été corroborée par le président Hoss, retour de Ryad. Il reste une interrogation capitale en suspens : l’opposition, qui n’en fait toujours pas mine, va-t-elle accepter de faire des concessions ? Le camp loyaliste souligne que, pour sa part, il en a déjà fait beaucoup. Sur la présidentielle anticipée, sur l’intangibilité du statut du tribunal ; sur l’application complète de la 1701, qu’il a accepté de retarder ; sur l’exécution des résolutions prises à l’unanimité dans le cadre du dialogue national, dont le désarmement des Palestiniens ou Chebaa etc. Quoi qu’il en soit, le climat, répétons-le, passe quand même maintenant à la détente. Dans ce cadre, un député membre du Bloc du changement et de la réforme assure que le général Michel Aoun adopte une attitude avancée pouvant déboucher sur une initiative déterminée. Des membres du bloc estiment qu’il convient de prendre une position positive par rapport au tribunal, comme entrée en matière pour une sortie de crise. De son côté, le président Siniora exhorte les protagonistes à s’entendre sur un programme politique de fond basé sur les sept points ainsi que sur les résolutions du comité de dialogue. Philippe ABI-AKL
Relance de l’optimisme à la suite, et à la lumière, de l’entrevue de trois heures entre Berry et Hariri. Et cela à la suite, et à l’ombre, des déclarations en flèche du ministre syrien des AE, Walid Moallem, dont les propos, les exigences renforcées laissaient plutôt augurer d’un regain de crispation sur la scène locale. Le contre-effet est d’autant plus notable que le porte-parole du régime Assad s’exprimait après la réunion préparatoire tenue au Caire en vue du sommet arabe de Ryad, le 28.
En d’autres termes, on se demande s’il n’y a pas échec d’une tentative syrienne d’aggravation, de durcissement, de la crise libanaise. Et si l’influence de Damas ne se trouve pas érodée, ou à tout le moins sérieusement concurrencée, par le fait d’un concordat irano-saoudien. Auquel s’ajoute une forte...