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Consul en Thaïlande puis conseillère à l’Administration centrale Mira Daher Violidès, une diplomate-née

Elle s’est engagée dans le corps diplomatique depuis près de quatorze ans, avec pour première tâche une mission en Thaïlande. Le défi brillamment relevé, elle a été mutée à Londres avant de rentrer au Liban, en décembre 2003, où elle occupe depuis le poste de conseiller et de chef-adjoint du protocole au ministère des Affaires étrangères. Mira Daher Violidès appartient à cette race de femmes qui ont su s’imposer dans un domaine initialement réservé aux hommes. Rien ne la fait reculer et elle n’hésite pas à foncer, si elle est sûre de ses facultés. Sa force? Elle la puise dans le soutien inconditionnel de son mari et dans l’amour de ses deux garçons. «La diplomatie n’est pas le fort de tous, affirme Mme Violidès. C’est un métier sélect et difficile, qui nécessite un déplacement continu. Pour pouvoir tenir le coup, le diplomate, qu’il soit un homme ou une femme, doit avoir le support moral du conjoint, puisqu’une vie de famille déséquilibrée ne va pas de pair avec ce secteur. Et l’une de mes grandes satisfactions, c’est d’avoir réussi à former une famille, malgré les difficultés du métier.» Défendant la cause de la femme, sans pour autant être féministe, Mira Daher Violidès est convaincue que la femme est un pilier essentiel de la société. «La femme est polyvalente de nature et c’est la clé de son succès, souligne-t-elle. Elle est dévouée pour son travail. Et perfectionniste. Elle a le don d’adoucir les agressivités et de résorber les problèmes d’une manière positive. C’est une diplomate-née, qui sait recevoir et mettre les gens à l’aise. Ce qui est important dans notre métier. En fait, les Libanais sentent que l’ambassade est leur deuxième chez-soi. En tant que consul, il faut savoir être patient et les écouter, tout en étant ferme. Il faut aussi savoir allier la psychologie au droit et aux sciences sociales. Et ce n’est pas une tâche toujours facile.» Dans la diplomatie, comme dans n’importe quel autre secteur, la femme doit encore faire ses preuves et s’imposer en tant que concurrente. «Je ne peux pas demander à un homme de me respecter, si je ne suis pas compétente et si je ne maîtrise pas les dossiers aussi bien que lui, d’où l’importance d’un travail continu sur soi, remarque Mme Violidès. Aujourd’hui, la femme est mieux acceptée dans le corps diplomatique, d’autant qu’elle a su s’affirmer. Actuellement, le Liban compte six femmes ambassadeurs qui excellent dans le secteur. Certaines ont été mutées dans des pays d’Afrique et ont relevé les défis avec brio. En ce qui me concerne, c’est en Thaïlande que j’ai dû m’affirmer. C’est un pays fabuleux, mais il faut lui consacrer du temps. Ce n’est pas évident d’y travailler, d’autant plus qu’on ignore la langue. À l’époque, j’étais la seule femme dans le corps diplomatique arabe. Il m’arrivait de me retrouver entourée de quelque deux cents hommes. Mais ils n’ont pas réussi à m’intimider. J’ai su m’imposer et me faire respecter. En effet, j’ai été capable de tenir le consulat trois ans durant, jusqu’à sa fermeture en 1999. Cette réussite, je la dois surtout à mon mari.» Pour Mira Daher Violidès, il suffit d’amender la loi sur le statut personnel, «qui, tel que formulée, est discriminatoire envers la femme», pour restituer à la femme la place qu’elle mérite. Mais pour cela, il faudrait que les ONG et les associations s’occupant des affaires de la femme déploient plus d’efforts en ce sens. «Il faudrait également commencer par changer la mentalité de la femme, insiste-t-elle. Il ne faudrait donc pas qu’elle se désiste parce qu’elle est une femme. Au contraire, elle ne doit pas hésiter à saisir sa chance et à prendre des risques. Et si, elle ne réussit pas dans un domaine donné, elle pourra toujours trouver sa voie ailleurs.» Mira Daher Violidès aimerait voir la femme libanaise impliquée davantage dans la vie politique. «Mais j’aimerais qu’elle y arrive par son propre mérite, note-t-elle. Je suis ainsi contre le principe des quotas pour les femmes, puisque j’estime que celles-ci doivent arriver à l’hémicycle, parce qu’elles sont compétentes, et non pour n’importe quelles autres considérations. Si la femme doit réussir, c’est qu’elle a nécessairement du mérite, sinon qu’elle cherche fortune ailleurs.»

Elle s’est engagée dans le corps diplomatique depuis près de quatorze ans, avec pour première tâche une mission en Thaïlande. Le défi brillamment relevé, elle a été mutée à Londres avant de rentrer au Liban, en décembre 2003, où elle occupe depuis le poste de conseiller et de chef-adjoint du protocole au ministère des Affaires étrangères. Mira Daher Violidès appartient à cette race de femmes qui ont su s’imposer dans un domaine initialement réservé aux hommes. Rien ne la fait reculer et elle n’hésite pas à foncer, si elle est sûre de ses facultés. Sa force? Elle la puise dans le soutien inconditionnel de son mari et dans l’amour de ses deux garçons.
«La diplomatie n’est pas le fort de tous, affirme Mme Violidès. C’est un métier sélect et difficile, qui nécessite un déplacement continu. Pour...