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Actualités - Opinion

Crispation marquée à l’intérieur Des signaux positifs avant-coureurs reçus de l’extérieur

Des sources concordantes confirment que les médiateurs arabes ou autres font des progrès dans leurs démarches, et gardent bon espoir de dénouer la crise libanaise avant le sommet arabe prévu le 28 à Ryad. Mais à l’intérieur, c’est la crispation. Les protagonistes font monter les enchères. Peut-être, justement, parce qu’ils sentent la solution se rapprocher et qu’ils souhaitent marquer des points, pour être en mesure de mieux négocier quand sonnera l’heure H. C’est ainsi que l’opposition continue à brandir la menace d’un ordre de désobéissance civile. Simple intimidation sans doute, puisqu’il est maintenant connu que ni le CPL ni le Hezbollah ne sont favorables à une telle (dé)mesure. Le général Aoun a d’ailleurs adressé un message au patriarche Sfeir l’informant qu’il ne souhaite pas de nouvelle escalade. Mais ces deux formations majeures ne précisent pas leur position ouvertement, publiquement, car la menace s’inscrit dans la guerre psychologique qu’ils livrent à la majorité. On se demande s’il en va de même, pour l’autre menace, utilisée celle-là par le Hezb : torpiller la session parlementaire du printemps, sous prétexte qu’il n’y a pas de gouvernement. Ce qui intensifierait, selon ce parti, la pression exercée en vue de la formation d’un cabinet d’union nationale avec tiers de blocage pour la minorité. Une pression que le leader des Marada, M. Sleimane Frangié, se charge d’attiser du côté chrétien par ses déclarations incendiaires visant les Forces libanaises et évoquant la réouverture de dossiers antérieurs. Cependant, un arrangement est en bonne voie de réalisation au-dehors, indiquent des sources politiques diverses, fiables et concordantes. Les Saoudiens continuent à mettre le paquet diplomatique, tant au Liban à travers la mission de navette constante, téléphonique ou personnelle, de leur ambassadeur M. Abdel Aziz Khoja. Qu’à l’extérieur, par les relances qu’effectue notamment l’émir Bandar ben Sultan avec les capitales concernées, dont Téhéran. L’Égypte aussi participe à ce double effort. Moussa Le marketing de la solution, une fois finalisée, doit être confié à M. Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe. Un scénario prévoit qu’il ferait signer les protagonistes locaux au bas d’un document d’entente, que la Chambre approuverait ensuite, pour l’officialiser. Les sources citées ne cernent pas encore les détails d’un accord qui, de toute façon, n’est pas encore complètement au point. Mais elles soulignent que pour les médiateurs arabes, il est entendu que la création du tribunal international constitue l’incontournable entrée en matière de tout règlement. Ils militent pour que les institutions libanaises avalisent la convention avec l’ONU, afin d’éviter tout à la fois un tribunal sans juges libanais et l’application du redoutable (pour la Syrie surtout) chapitre sept qui permet des sanctions. Le président iranien, M. Ahmadinejad, doit du reste s’entretenir avec les dirigeants saoudiens du tribunal, lors de sa visite à Ryad. Tandis que M. Moussa se trouve de nouveau attendu, dans le même cadre, à Damas. Le sujet est censé être également discuté lors d’une prochaine rencontre entre le président égyptien, M. Hosni Moubarak, avec son homologue syrien, M. Bachar el-Assad. Les deux pourraient se rendre ensuite ensemble auprès du roi Abdallah d’Arabie saoudite. Faut-il rappeler que Washington, de son côté, n’entend pas traiter avec la Syrie tant que la création du tribunal n’est pas entérinée. Car les États-Unis utilisent ce dossier comme une carte de pression sur le régime de Damas. À part ce volet, et tout naturellement, la solution arabe ne manquera pas de proposer des formules pour la question ministérielle libanaise, la loi électorale en vue de législatives et la présidentielle anticipée. Bien entendu, il s’agirait d’un compromis global, d’une synthèse en quelque sorte des demandes comme des veto des deux camps en présence au Liban, sur base de la règle de ni vainqueur ni vaincu. Il serait de la sorte question d’un cabinet de transition, comprenant une moitié de neutres et d’ailleurs dirigé par un indépendant, ayant pour mission le tribunal et l’élaboration d’une nouvelle loi électorale, la présidence du Conseil devant être confiée, après la présidentielle consensuelle, à M. Saad Hariri. Dès qu’il en aura terminé de l’élaboration du texte et de ses contacts au-dehors, M. Moussa se pointera au Liban. Où entre-temps, les voyageurs que sont MM. Nabih Berry, Walid Joumblatt, Marwan Hamadé, Ghattas Khoury et Saad Hariri (qui, après Bruxelles, doit succéder au leader du PSP à Washington) seraient revenus. Philippe ABI-AKL

Des sources concordantes confirment que les médiateurs arabes ou autres font des progrès dans leurs démarches, et gardent bon espoir de dénouer la crise libanaise avant le sommet arabe prévu le 28 à Ryad.
Mais à l’intérieur, c’est la crispation. Les protagonistes font monter les enchères. Peut-être, justement, parce qu’ils sentent la solution se rapprocher et qu’ils souhaitent marquer des points, pour être en mesure de mieux négocier quand sonnera l’heure H.
C’est ainsi que l’opposition continue à brandir la menace d’un ordre de désobéissance civile. Simple intimidation sans doute, puisqu’il est maintenant connu que ni le CPL ni le Hezbollah ne sont favorables à une telle (dé)mesure. Le général Aoun a d’ailleurs adressé un message au patriarche Sfeir l’informant qu’il ne souhaite pas de...