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Jihad al-Bina, organisme de reconstruction du Hezbollah, défie les États-Unis

Les bâtisseurs de Jihad al-Bina sont à pied d’œuvre à Srifa, village du Liban-Sud presque entièrement détruit l’été dernier par les bombardements israéliens, indifférents au gel américain des avoirs de cet organisme du Hezbollah, raconte Jihad Siqlawi dans un reportage pour l’AFP. « Les ouvriers de Jihad al-Bina terminent la reconstruction de ma maison rasée par l’aviation israélienne », affirme hajj Hussein Lahham, qui se tient devant le chantier. Habitant de la bourgade de Srifa, à douze kilomètres à l’est de la ville portuaire de Tyr, sa maison de deux étages a été éventrée par un obus israélien. Quelque 250 habitations du village ont été lourdement endommagées par les bombardements. Hajj Lahham affirme que Jihad al-Bina ( Combat de la construction ) lui a fait don de dix mille dollars à son retour en septembre à Srifa afin qu’il puisse se reloger et l’a dédommagé des dégâts causés à son atelier de couture, établi au rez-de-chaussée. « Les membres de Jihad al-Bina travaillent nuit et jour au Liban-Sud pour aider les gens à se relever », dit cet habitant de Srifa, où 37 civils ont péri lors de frappes aériennes massives, le 19 juillet. Abbas, ingénieur de Jihad al-Bina, qui refuse de décliner son patronyme, explique que son organisme a prévu cinq millions de dollars, y compris l’aide en numéraire aux sans-abri, pour rendre au village son aspect d’avant-guerre. Fondé dans la foulée de l’invasion israélienne de 1982, Jihad al-Bina est en train de rebâtir les zones du Liban-Sud durement touchées pendant l’été, avec des fonds en provenance de l’Iran, mais aussi des allocations de l’État libanais et des dons de pays arabes, dont principalement le Qatar. « Ce n’est pas la première fois que Jihad al-Bina s’implique. Ses membres se sont mobilisés pour reconstruire dès la fin de chaque agression israélienne », dit Abou Mahmoud, directeur du département d’exécution de l’organisme. Il s’élève contre la décision du Trésor américain, qui a qualifié de « réseau terroriste » cette instance du Hezbollah. « Est-ce du terrorisme que d’aider les gens à reconstruire leurs maisons détruites par les bombes israéliennes de fabrication américaine au cours d’une guerre commanditée par les États-Unis ? » s’interroge Abou Mahmoud. Le responsable de Jihad al-Bina se dit « encore aujourd’hui plus déterminé qu’hier à superviser les travaux après la décision du Trésor américain ». Le département américain au Trésor a annoncé mardi avoir gelé les avoirs de cette entreprise et interdit à ses ressortissants d’avoir la moindre activité avec elle. « Nous allons prendre des mesures contre chacune des facettes de ce groupe terroriste meurtrier », a indiqué un communiqué officiel. Le Hezbollah avait qualifié, dans un communiqué, cette décision de « nouvelle agression contre le Liban ». Jihad-al Bina poursuit son travail, qui mobilise 2 200 vacataires, pour la plupart des ingénieurs et des contremaîtres. « Nous sommes un organisme humanitaire et nous sommes prêts à mettre notre savoir-faire au service des citoyens américains en cas de catastrophes naturelles », ironise Abou Mahmoud.
Les bâtisseurs de Jihad al-Bina sont à pied d’œuvre à Srifa, village du Liban-Sud presque entièrement détruit l’été dernier par les bombardements israéliens, indifférents au gel américain des avoirs de cet organisme du Hezbollah, raconte Jihad Siqlawi dans un reportage pour l’AFP. « Les ouvriers de Jihad al-Bina terminent la reconstruction de ma maison rasée par l’aviation israélienne », affirme hajj Hussein Lahham, qui se tient devant le chantier.
Habitant de la bourgade de Srifa, à douze kilomètres à l’est de la ville portuaire de Tyr, sa maison de deux étages a été éventrée par un obus israélien. Quelque 250 habitations du village ont été lourdement endommagées par les bombardements.
Hajj Lahham affirme que Jihad al-Bina ( Combat de la construction ) lui a fait don de dix mille dollars à son...